Au Havre : Ils étaient Justes… des héros

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Cérémonie. Madeleine et Henri Bitard ont caché deux jeunes juives en 1943. Ils étaient reconnus, hier au Havre, Justes parmi les Nations.
«Les Allemands nous cherchent mais grâce à nos amis, nous sommes cachées. 24 novembre 43 ». Anne-Marie Mainemer a 20 ans cette année-là à Avranches. Sa petite sœur Rose-Marie n’en a que 13. Leurs parents ont été arrêtés et déportés car dénoncés comme juifs. Durant 40 jours, les deux jeunes filles vivront cachées chez Henri et Madeleine Bitard.
Hier soir, ces derniers recevaient, à titre posthume, la médaille et le diplôme de Justes parmi les Nations. Et c’est Gisèle Fima-Bitard, une Havraise, qui représentait ses parents à la cérémonie qui s’est tenue à l’hôtel de ville du Havre.
Des actes de bravoure ignorés
Ce titre de « Juste parmi les Nations » est la plus haute distinction civile de l’État d’Israël. Il traduit une expression qui qualifie les « non-juifs vertueux, œuvrant avec compassion et justice ». Ils sont 2017 en Normandie. « Je suis fier de rendre hommage à ces héros ignorés, a souligné Pierre Osowiechi, vice-président du comité français pour Yad Vashem. Leurs noms seront gravés sur le mur des Justes à Jérusalem et à Paris.
« Ma mère avait toujours refusé de recevoir ce titre. Pour elle, ce n’était pas la peine. Elle n’avait rien fait d’extraordinaire. Elle aurait d’ailleurs été très gênée d’être au centre d’une cérémonie », sourit Gisèle Fima-Bitard en souriant.
« Il y a eu ceux qui ne s’imaginaient pas, et qui ne se sont jamais revendiqués, des héros. Ils l’ont pourtant été. Ceux qui ont un jour fait fi de toute prudence, pour faire ce qu’ils estimaient juste, au risque de leur vie », a indiqué, dans son discours, le maire du Havre Édouard Philippe.
Henri et Madeleine Bitard ont « seulement » caché deux jeunes filles durant quelques jours. Mais c’était mettre leur propre vie en danger. Henri Bitard a ensuite trouvé un endroit sûr : le couvent des petites sœurs de la charité de Caen. Encore fallait-il aller jusque-là sans se faire arrêter. « Quitter Avranches, situé sur une colline, était très dangereux. Les Allemands surveillaient toutes les routes », explique Gisèle Bitard. Elle avait 3 ans à l’époque.
Se souvenir
« Face à une grande majorité silencieuse et passive, les Justes parmi les Nations ont, par leur révolte et leur bravoure, ouvert une brèche d’humanité et de liberté, dans un pays accablé par la guerre, l’occupation et la barbarie nazie », a quant à lui, souligné Zvi Tal, ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Israël en France, présent hier soir.
En voyant les élèves du collège Raoul-Dufy, du lycée François 1er du Havre et du lycée Littré d’Avranches qui assistaient à cette cérémonie, tous les officiels ont rappelé la Shoah et le devoir de mémoire.
Il ne suffit pas de dire « Plus jamais ça », a martelé Pierre Osowiechi. Et d’évoquer les attentats et les manifestations antijuives françaises récentes.
Le ministre israélien a préféré expliquer que « le Talmud nous rappelle que « celui qui sauve un être humain sauve l’humanité »». Henri et Madeleine Bitard, sans y réfléchir et sans en avoir conscience, ont donc, en cette fin 1943, sauvé Anne-Marie et Rose-Marie Mainemer… Et ainsi l’humanité.
MARIE-ANGE MARAINE
lire l’article de PARIS NORMANDIE en cliquant sur le lien ci-après

http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/1927185/ils-etaient-justes-des-heros#.VG7xTtKG81I

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  1. Debby

    24 novembre 2014 at 2 h 50 min

    Respect à ces personnes qui aussi humbles soit-ils n’en demeurent pas moins des héros 🙂

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