Bienvenue au “Garonnistan” : récit de l’islamisation ordinaire dans la métropole bordelaise

By  |  4 Comments

Par Quentin Hoster

Verrouillée depuis des décennies par les mairies socialistes, la rive droite de la métropole girondine subit un phénomène d’islamisation continu, qui n’est pas « étranger » à une insécurité grandissante. Entre clientélisme des élus et prosélytisme des associations, récit de la genèse du « Garonnistan ».
Tout a commencé il y a plusieurs mois, lorsqu’un observateur assidu de la vie locale nous confiait, désabusé : « Promenez-vous près des terrasses de café à Lormont, et si vous y voyez une fille, envoyez-moi une photo ».
Puisqu’à l’heure de MeToo, il ne serait pas correct de s’adonner à de telles pratiques, nous ne pouvons qu’acquiescer, pour l’avoir constaté, au phénomène de « remplacement de population » décrit par notre informateur.
A l’aune des élections municipales, une liste conduite par le Rassemblement National, dans cette commune socialiste de la périphérie bordelaise, interpelle : « Lormont, ville française ». Julie Rechagneux, 24 ans – soit presque autant d’années que de pouvoir de l’édile-candidat Jean Touzeau – met les pieds dans le plat : « Nous avons appelé notre liste ainsi car la plupart des gens que nous rencontrons en ont marre de se sentir exclus, par les commerces tout-halal, par l’insécurité qui s’installent. Nous l’avons fait aussi en réaction à la menace de l’école coranique », projet depuis avorté, révélé par Valeurs Actuelles à l’été 2019. Le Milli Gorus, association islamiste turque proche de l’AKP, du président Erdogan, prévoyait la construction d’un établissement scolaire sur un terrain imprudemment cédé par la mairie. Son mantra, selon une note interne dévoilée par le renseignement allemand, à qui la mouvance donne du fil à retordre : “La Communauté est un moyen au service du but – le but étant d’islamiser la société.”. Nous voilà prévenus.

Les autres communes de la métropole bordelaise ne sont pourtant pas en reste. Pas moins de 92 mosquées, salles de prières, écoles et centres islamiques y sont recensés, dont 41 pour la seule ville de Bordeaux. L’organisation des « Musulmans de France » (anciennement UOIF), affiliée aux Frères Musulmans, à la main sur l’essentiel d’entre eux. Connu sur la scène médiatique comme « l’imam de Bordeaux », Tareq Oubrou en est un des acteurs controversés : « J’ai été à deux doigts de partir faire le djihad en Afghanistan » avait-il déclaré sur France 2, reconnaissant avoir été « salafiste ».
Victime collatérale de cet encombrant représentant de l’Islam local : l’ancien maire de Bordeaux, surnommé par certains « Ali Juppé ». Apparu à l’aube des années 2000, à la faveur d’un projet de centre islamique qui n’a pourtant jamais vu le jour, le sobriquet avait le don de mettre le chantre de « l’identité heureuse » dans une colère noire. Pourtant, pas question pour lui d’accepter les financements étrangers, qu’il voulait interdire.
Retour à Lormont, la ville aux 24 000 habitants et 54 nationalités, où les taux de pauvreté et de chômage sont parmi les plus élevés en Gironde… et en France. Avec 51% de logements sociaux, recensés en 2015, Lormont se veut le réceptacle d’une immigration massive – essentiellement maghrébine – depuis les années 70-80, comme ses voisines de la rive droite.
Pour la candidate RN aux élections municipales, Julie Rechagneux, pas question pour la mairie donc de s’antagoniser un tel vivier électoral : « Le maire met en avant cette soi-disant mixité culturelle, entretient de très bonnes relations avec la communauté turque, très présente ici ». Une douzaine d’associations communautaires – slaves, comoriennes, turques… – perçoivent en effet des aides financières de la mairie, qui leur met également, gratuitement, des locaux à disposition.
Mathieu Bordenave, son adversaire de la liste « Naturellement Lormont », qui a failli à s’approprier le soutien de LREM, a également bien compris sur quel terrain il jouait, en posant aux côtés d’une femme voilée, sur son affiche de campagne.
Dans leur livre-enquête « Inch’allah, l’islamisation à visage découvert en Seine-Saint-Denis », les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme se faisaient l’écho d’un slogan qui a court dans ce département : « une mosquée, trois mandats »…

Malgré de grands renforts clientélistes, l’intégration n’est pour certains pas évidente : « L’insécurité est devenue insupportable. Ça deale devant la porte et il y a eu des agressions » témoigne un buraliste du quartier Génicart, cambriolé dans son commerce et son domicile. « On urine devant la porte, on se fait insulter, je dois tout vérifier en permanence. L’autre jour, on m’avait coincé le rideau pour que je ne puisse plus le fermer. C’est usant. ».
Julie Rechagneux le confirme : « Il est difficile d’avoir des chiffres, mais les faits sont là. Il y a des voitures brûlées, des cambriolages. Lors du tournage de mon clip de campagne à Génicart, nous avons eu des problèmes avec les racailles, qui nous ont demandé jusqu’à notre carte d’identité. On dérangeait leur trafic ». La jeune femme, qui ne semble pourtant pas découragée, a même lancé un sondage auprès des habitants il y a quelques semaines, pour recueillir leurs doléances : « Parmi les réponses que j’ai reçues, beaucoup de ‘bon courage, nous on s’en va’, de gens qui ont baissé les bras, qui déménagent ». Avec 8 policiers municipaux pour 24 000 âmes, le renforcement de la sécurité a encore des marges de progrès…
Sur l’autre rive de la Garonne, la réputée « bourgeoise » Bordeaux n’échappe pas au phénomène. Saint-Michel, les Capucins, les Aubiers, la Bastide… autant de quartiers « chauds », eux aussi gangrénés par l’insécurité. L’été dernier, une rixe entre albanais et algériens y avait d’ailleurs fait les gros titres de la presse locale.
Le jeu (dangereux) des communautés
Arrivé avec les populations immigrées, l’islam politique pose, sans surprise, également problème. A Cenon, baston socialiste voisin de Lormont, la mosquée, pleine à craquer, devrait bientôt doubler de capacité. Son imam, Mahmoud Doua, pour qui la persécution des chrétiens d’Orient relève de la « désinformation », admet pourtant, dans le journal Sud Ouest : « Un islam communautariste se développe dans certaines cités, je le concède ».
Ce ne sont pas les tracts faisant la publicité d’instituts islamiques, distribués dans les nombreux kebabs du quartier de La Morlette, ni les nombreux voiles quasi intégraux, que nous avons pu y croiser les jours de marché, qui diront le contraire…
L’édile (PS) de la commune, Jean-François Egron, a lui aussi été épinglé pour sa (trop) bonne entente avec une certaine communauté musulmane, démographie électorale oblige. « Je suis très attentif à ce que toutes les religions puissent se pratiquer dans de bonnes conditions. Vous pouvez compter sur moi pour que ça soit toujours ainsi ». Ces quelques mots, prononcés sous les applaudissements de fidèles, lors du Ramadan, en ont fait tiquer plus d’un, à voir l’étiquette des hôtes de l’événement : la Fédération Musulmane de Gironde, organisation frériste…
Le clientélisme pousse parfois jusqu’à la censure, preuve encore faite à Lormont. Fin 2017, la représentation tirée d’un texte de feu Charb « Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes », y fut annulée sous pression… de l’adjoint à la culture du maire socialiste.
Le jeu des communautés encouragé par les autorités locales ne se fait pourtant pas qu’au détriment des « natifs ». Certaines se montent les unes contre les autres, à l’image des communautés turque – ici bien installée et choyée par la mairie – et kurde, moins visible mais à l’esprit de résistance affiché. Leur conflit historique s’exporte au cœur du territoire girondin. Lorsque ce ne sont pas des manifestations de soutien pacifique au « Kurdistan » place Pey-Berland, près de l’Hôtel de Ville de Bordeaux, c’est la discrète mosquée turque de Latresne, sur l’autre rive, qui est visée par les militants du PKK…
Reste à savoir si les électeurs sanctionneront le « clientélisme socialiste », dénoncé par Julie Rechagneux.
Source :
https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/bienvenue-au-garonnistan-recit-de-lislamisation-ordinaire-dans-la-metropole-bordelaise-117062

happywheels

4 Commentaires

  1. capucine

    14 mars 2020 at 20 h 44 min

    C’est honteux !!! Se sont les amis de Juppé. …

  2. vrcngtrx

    14 mars 2020 at 22 h 03 min

    • Bertrand Escaffre

      15 mars 2020 at 23 h 17 min

      Courageux de témoigner à visage découvert !!!
      Merci pour le partage.

      On voit comment l’islam, sans être « le mal », prête le flanc au mal. Cette faille sera réparée un jour, même si à première vue ça n’en a pas l’air à cause d’une certaine inertie conceptuelle ambiante.

Publier un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *