La chasse aux vieux nazis se poursuit jusqu’en Pennsylvanie

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Johann Breyer, 89 ans, est citoyen américain. Il est accusé d’avoir été garde à Auschwitz au sein du bataillon « Totenkopf ». Berlin réclame son extradition.

Soixante-neuf ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, d’anciens nazis échappent toujours à la justice. C’est ce qu’ont révélé plusieurs quotidiens américains en exposant le cas de Johann Breyer, un habitant d’un quartier ouvrier de Philadelphie. Né en Tchécoslovaquie, il est soupçonné d’avoir participé aux atrocités perpétrées par les nazis dans les camps de concentration. Aujourd’hui âgé de 89 ans, l’homme s’était engagé à 17 ans chez les SS, et fut garde à Auschwitz en 1944 au sein du bataillon Totenkopf (« tête de mort »). Durant les six mois qu’il a passés dans le camp, 216 000 Juifs ont été assassinés.
Mercredi 18 juin, Johann Breyer a comparu devant la cour fédérale de Philadelphie afin que soient évalués les motifs pouvant justifier son extradition, réclamée par l’Allemagne. Il a reconnu qu’il avait été à Auschwitz, mais a nié toute implication dans des activités criminelles. Berlin a émis contre lui 158 chefs d’inculpation pour « complicité de meurtre ». Un pour chaque train ayant déporté des milliers d’hommes et de femmes d’Europe de l’Est et d’Allemagne à Auschwitz.

Selon son avocat, Johann Breyer « n’était pas un de ces gardes » qui mettaient à mort les Juifs et brûlaient les corps. Il était « garde de périmètre », dans une section faisant simplement office de prison. Ces propos sont contestés par les accusations d’enquêteurs allemands et américains qui ont fourni des documents montrant que l’accusé s’était volontairement engagé dans les SS à 17 ans et qu’il était directement impliqué dans les activités de mise à mort. Ces preuves et la mission de son bataillon – conduire les prisonniers à la chambre à gaz et empêcher les évasions – sont accablantes et pourraient bien mener à son extradition.

Cent trente nazis ont déjà été jugés aux États-Unis, mais aucun à un âge aussi avancé que celui de Johann Breyer. Et cette fois, ce n’est pas le département de la Justice américain qui a décidé de poursuivre le presque nonagénaire, mais l’Allemagne. Et cela change tout. En effet, l’ancien SS avait déjà été inquiété par la justice en 1992. À l’époque, les tribunaux américains avaient spontanément cherché à l’extrader vers Allemagne afin qu’il réponde de ses possibles crimes. Pour cela, il fallait le « dénaturaliser », c’est-à-dire lui ôter sa nationalité américaine obtenue trente-cinq ans plus tôt, en 1957. Mais, coup de théâtre : la procédure avait permis de découvrir que Johann Breyer était américain par sa mère, qui, avant d’aller vivre en Allemagne à un très jeune âge, était née en Pennsylvanie. Le droit du sang lui conférait donc une base inaliénable pour sa citoyenneté.
http://www.independent.co.uk/incoming/article9247052.ece/alternates/w620/v3-auschwitz-getty-DONTUSEAGAINc2.jpg

Aujourd’hui, l’initiative n’est plus américaine, et sans que sa nationalité soit remise en cause, cet ancien outilleur-ajusteur pourrait finir derrière des barreaux allemands. Ce cas ne serait pas sans précédent, Berlin n’ayant désormais plus besoin de prouver la « responsabilité individuelle de complicité d’assassinat » des anciens nazis pour les arrêter. La réponse définitive de la justice américaine concernant l’extradition de Johann Breyer devrait être apportée le 21 août. En attendant, il reste derrière les barreaux en Pennsylvanie, la gravité potentielle de ses crimes ne lui permettant pas d’être libéré sous caution.
lire l’article du POINT en cliquant sur le lien ci-après

http://www.lepoint.fr/monde/la-chasse-aux-vieux-nazis-se-poursuit-jusqu-en-pennsylvanie-23-06-2014-1838927_24.php

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2 Commentaires

  1. Richard C.

    24 juin 2014 at 22 h 10 min

    L’Allemagne soutien les nazis via Angela Merkel en Ukraine mais veut se donner bonne conscience en jugeant cette vielle couenne.

  2. Gilles-Michel DEHARBE

    24 juillet 2014 at 22 h 50 min

    Breyer est mort après son transfert d’une prison vers un hôpital.

    La nouvelle de son décès est intervenue au moment où la justice autorisait son extradition vers l’Allemagne, qui comptait le juger.

    http://heavy.com/news/2014/07/johann-breyer-dead-philadelphia-nazi-wife-extradition/

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