L’antisémitisme, une histoire vieille comme la gauche

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• Par Bernard Carayon
• FIGAROVOX/ANALYSE – Bernard Carayon, auteur de Comment la gauche a kidnappé Jaurès, rappelle à quel point l’antisémitisme a pu trouver sa place dans la pensée de certains hommes de gauche.
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• Bernard Carayon est avocat, maire (LR) de Lavaur et ancien député du Tarn. Il est l’auteur de Comment la gauche a kidnappé Jaurès (Privat, 2014).
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• L’antisémitisme de la gauche est un sujet tabou. Depuis longtemps, elle s’est dressée en pourfendeuse du racisme, forcément de droite, oubliant, par exemple, que la chambre du Front Populaire avait voté les pleins pouvoirs à Pétain, vite rejoint à Vichy par Laval, Déat, Marquet, Doriot, Luchaire, Belin et Bousquet. S’il y eut un antijudaïsme catholique, des antisémitismes agnostique (Voltaire) et protestant (Luther), l’un des plus virulents avec celui de l’extrême droite fut révolutionnaire et socialiste. Dans La question juive, Marx dénonce «l’essence du judaïsme et la racine de l’âme juive, l’opportunité et l’intérêt personnel qui se manifeste dans la soif de l’argent». Dans une lettre à Engels, il décrit le socialiste allemand Ferdinand Lassalle comme «un vrai juif de la frontière slave, (…) sa manie de masquer le juif crasseux de Breslau sous toutes sortes de pommades et de fard».
• Proudhon, qui va inspirer Jaurès, dénonce «l’ennemi du genre humain», une «race» qu’ «il faut renvoyer en Asie ou exterminer» . Staline, idole, sa vie entière, du PCF, lance en 1948 une campagne «anti-cosmopolite», prélude aux exécutions des «blouses blanches» et des intellectuels juifs «incapables de comprendre le caractère national russe».
• Parmi les figures emblématiques de l’antisémitisme de gauche, Jaurès tient une place de choix.
• Dans l’entre-deux-guerres, les «néo-socialistes», tous pacifistes, sont aussi à l’œuvre chez nous: Déat souligne le «byzantinisme» de Léon Blum et sa «passivité tout orientale» ; c’est l’époque où la SFIO est accusée de subir une «dictature juive», et que le maire de Bordeaux, Marquet, lui reproche de «pousser à la guerre pour l’URSS et la juiverie».
• Mais parmi les figures emblématiques de l’antisémitisme de gauche, Jaurès tient une place de choix. Le sujet est tabou par excellence, tant l’idole du socialisme français est encaustiquée! Son journal, La Petite République, désigne le député Reinach comme un «juif ignoble» . Lors de son voyage en Algérie, en avril 1895, Jaurès décrit les juifs qui, «par l’usure, l’infatigable activité commerciale et l’abus de l’influence politique, accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois publics (…). Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus» . Son historien «officiel», Gilles Candar, excusera la diatribe par la «fatigue» de son auteur! L’explication, si facile, par le «contexte» ne tient pas: Clemenceau ne tiendra jamais de tels propos.
• Dans son discours au Tivoli en 1898, Jaurès est plus caricatural encore: «nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, (…) manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion» . Longtemps convaincu de la culpabilité de Dreyfus, qui aurait échappé à la peine capitale grâce «au prodigieux déploiement de la puissance juive», Jaurès dénonce à la tribune de la Chambre la «bande cosmopolite»! Il sera d’ailleurs sanctionné pour ses propos! Après avoir, une dernière fois, souligné que «l’odeur du ghetto est souvent nauséabonde» , Jaurès opère un revirement tardif lors du procès de Zola, assigné en Justice par le Président Félix Faure en représailles du «J’accuse» paru dans L’Aurore. Devenu dreyfusard, Jaurès, le repenti, obtiendra le soutien financier magnanime du banquier Louis Dreyfus pour son journal l’Humanité…
• Anne Hidalgo envisageait de débaptiser la rue Alain pour les accents antisémites du journal intime du philosophe. Le fera-t-elle aussi pour Jaurès?
• On se souviendra seulement que les enfants de Marx ont pris, comme Edwy Plenel la défense des terroristes de Septembre Noir.
• L’antisionisme est-il aujourd’hui pour les islamo-gauchistes le cache-sexe de l’antisémitisme? La cause palestinienne est en tout cas mal servie! On se souviendra seulement que les enfants de Marx ont pris, comme Edwy Plenel, dans son journal «Rouge», la défense «inconditionnelle» des terroristes de Septembre Noir. Ceux qui, en 1973, aux JO de Munich, ont assassiné onze athlètes israéliens. Un acte «justifié», disait Sartre, parce que c’étaient des soldats.
Source :
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2019/02/19/31003-20190219ARTFIG00219-l-antisemitisme-une-histoire-vieille-comme-la-gauche.php

Bernard François Marie Carayon, né le 1er octobre 1957 à Paris, est un homme politique français.
Il est avocat et maître de conférences à Institut d’études politiques de Paris. Député UMP du Tarn de 1993 à 1997 et de 2002 à 2012, il est maire de Lavaur (Tarn) depuis 1995 et conseiller régional depuis décembre 2015.
Auteur de plusieurs rapports sur les questions de mondialisation1, il est connu à l’Assemblée nationale pour ses interventions concernant le patriotisme économique, la politique industrielle, la politique publique d’intelligence économique, le renseignement et les technologies de l’information et de la communication.
Bernard Carayon est membre du collectif parlementaire de la Droite populaire.

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