Liban : dans les écoles du Hezbollah, première étape de la fabrique de la haine

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Le parti religieux propose une scolarité quasi-militaire à des enfants libanais. Dans ses établissements, ils apprennent l’adoration de l’Iran et la détestation d’Israël.
Un enfant tient une image de Mustafa Badreddine, un soldat du Hezbollah tué en Syrie, à Beyrouth, le 11 mai 2017.
Par Caroline Hayek et Lyana Alameddine (Beyrouth)
« Un jour, je suis rentré de l’école en pleurant, en disant à mes parents que je voulais mourir en chahid, en ‘martyr pour l’islam’. » Amir* était en maternelle. C’était un 11 novembre, jour de la commémoration des martyrs du Hezbollah. Pendant douze ans, le jeune étudiant en informatique, 18 ans aujourd’hui, a été scolarisé dans l’une des écoles al-Mustafa au Sud Liban.
Dans ce réseau d’établissements créé en 1984 par le n°2 du « parti de Dieu », Naïm Qassem, des enfants issus de milieux aisés et pour l’écrasante majorité, chiites, suivent le programme officiel libanais. « Là-bas, le plus important, c’est tout ce qu’on t’apprend autour, explique Amir. Surtout la résistance contre Israël. Comme si on était dans une école militaire. »

Ces derniers mois, au Liban, de courtes vidéos montrant des jeunes élèves scolarisés dans des établissements privés dirigés par le Hezbollah tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Des enfants sont mis en scène agitant des petits drapeaux iraniens ou affichant le portrait du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Des jeunes filles scoutes du réseau al-Mahdi (affiliées aux écoles du même nom et dirigées par le Hezbollah) ont même poussé la chansonnette à la gloire d’un drone baptisé Hassane, « volant au-dessus de la Palestine » et donnant du fil à retordre « au sioniste qui cherche à stopper cette partie de cache-cache », quelques jours après une mission de reconnaissance du Hezbollah en territoire israélien, le 18 février.

« Une fois, à l’école, ils ont mis un drapeau israélien dans la cour pour qu’on marche dessus. Une autre, ils l’ont brûlé sous nos yeux, c’était banal », raconte Amir, qui, jusqu’à ses 16 ans, n’a rien dit, mais sentait au fond de lui que quelque chose ne tournait pas rond dans son éducation. « Dans ce genre d’écoles, les élèves acceptent le concept du ‘martyre’ dès leur plus jeune âge, ce qui est très malsain, déplore l’essayiste Mona Fayad. Même les jeux qu’on leur apprend sont des jeux militaires. »
Sur les panneaux d’affichage en liège de l’école d’Amir, les photos du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et de combattants jouxtent celles de comptines ou de dessins d’enfants. L’un de ses professeurs est même mort au combat en Syrie (le Hezbollah est intervenu dès 2012 aux côtés des forces de Bachar el-Assad) et a été érigé en héros. Mais le jeune garçon se révèle moins perméable que ses camarades. « J’étais d’accord sur le fait qu’Israël est notre ennemi, mais je ne comprenais pas pourquoi on devait aider le régime syrien », dit-il.
Ses parents, communistes, non pratiquants, avaient curieusement souhaité que son frère et lui baignent dans un univers religieux et n’ont pas entendu les réticences d’Amir à poursuivre sa scolarité dans cette école. « Comme ma mère ne se voilait pas, on lui donnait un tchador à l’iranienne pour entrer dans l’enceinte de l’établissement », raconte l’étudiant. A force de se disputer avec ses professeurs, Amir a fini par convaincre ses parents de l’inscrire ailleurs.

Les écoles du Mahdi, dont le premier établissement a été inauguré en 1993, sont gérées par l’Institution islamique pour l’éducation et l’enseignement, qui regroupe 15 établissements et sont essentiellement réservées aux partisans et sympathisants du parti, issus de la classe populaire « très pratiquante et radicale », indique Ali el-Amine, analyste et rédacteur en chef du site d’information Janoubia. « Les écoles sont l’une des institutions principales du Hezbollah, qui lui permettent d’homogénéiser la communauté chiite en opérant un lavage de cerveau dès l’enfance », explique Mona Fayad.
A la sortie des classes de l’une d’entre elles à Hadath, dans la banlieue de Beyrouth, des jeunes adolescentes couvertes de la tête aux pieds attendent leurs parents. Un groupe de jeunes discute politique. « Avant d’être ici, j’étais dans une école chrétienne, et il y avait bien la photo du ‘baba’ [NDLR : le pape François] affichée en grand. Je ne comprends pas pourquoi le fait qu’on affiche celle de Khamenei ou de Nasrallah puisse choquer », répond instinctivement Ahmad*, 14 ans. « Ils éduquent ces enfants à la loyauté aveugle, au fait de ne jamais questionner les ordres et de s’y plier, dénonce Ali el-Amine. Cette vision ne peut survivre qu’au sein des dictatures. »
Impossible de visiter l’une des écoles. Les établissements précités ainsi que les services de communication du Hezbollah ont refusé toutes nos demandes de reportages. Evoquer ce sujet place de nombreux interlocuteurs sur la défensive. « Mais pourquoi voulez-vous parler de ça ? Vous n’allez pas dire la vérité, en bons Occidentaux [NDLR : considérant que toute personne critique vis-à-vis du parti est manipulée par l’Occident] que vous êtes », s’emporte Mohammad*, un client dans un magasin de téléphonie mobile à Dahieh, dont le beau-frère a inscrit ses enfants dans l’une des Mahdi.
Hicham*, un professeur d’une trentaine d’années, raconte avoir récemment accepté, faute de mieux, un poste dans une école religieuse du Sud qui se présente comme apolitique. Ce jeune homme, qui a participé à la révolution du 17 octobre 2019 et se montre ouvertement hostile à la formation chiite, ne pensait pas retrouver dans cet établissement le même endoctrinement que dans les institutions libellées Hezbollah. « Mes étudiants adorent l’Iran. Ils aiment parler de la guerre au Yémen ou de la supériorité iranienne face à l’ennemi américain, ça les galvanise », raconte Hicham. A cause de la grave crise économique libanaise, le professeur ne peut se permettre de quitter son emploi. « Cela reviendrait aussi à abandonner cette génération endoctrinée, à qui j’espère apporter une autre perspective », lâche Hicham, confiant, malgré tout.
Source
https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/liban-dans-les-ecoles-du-hezbollah-premiere-etape-de-la-fabrique-de-la-haine_2171180.html

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3 Commentaires

  1. Paul06 dit :

    L’unesco, amnesty international, la FIDH… gardent le silence.

  2. Franccomtois dit :

    Vivre avec une telle haine,impossible,des morts vivant,des zombies!Pauvres gosses,formatés pour hair,nous arriverions presque á comprendre la passion qu´avaient les nazis pour la doctrine mahométane!Nous allons avoir de plus en plus de mal á croire que l´islam est « amour et paix »🤪!
    Témoignage déjá mis,mais parfois comme pour cet article il est bon de les remettre,lavage de cerveau dés le plus jeune âge et violence comme doctrine:
    -DÉFENSE | Entretien avec un Gazaoui converti au judaïsme:
    https://youtu.be/CWNmiRfs1NY

    -Témoignage Siham. culte
    https://youtu.be/56eQYWTSMLU

    La musique adoucit les moeurs,que les faiseurs de haine en prennent de la graine:
    -The Trashmen – Surfing Bird
    https://youtu.be/sPIW-MJ-_JU

  3. benjamin dit :

    ce qui n empeche pas la france de qualifier seulement la branche militaire du hezbollah comme terroriste et non pas la branche politique !celle la meme qui gère ce genre d ecoles rappelant les ecoles d endoctrinement nazie des jeunesses hitlèriennes !ces enfants feront surement de tres bons martyrs de la cause iranienne !exactement comme durant la guerre iran irak ou des milliers d enfants iraniens etaient envoyès dans les champs de mines irakiens pour ouvrir le chemin des soldats iraniens !!!

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