Mohamed Bakkali, cerveau logistique des attentats du 13 novembre 2015, bientôt libérable en Belgique ?

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Le djihadiste de 39 ans, inculpé à la prison d’Ittre en Wallonie, a bénéficié de plusieurs décisions favorables de la part du tribunal d’application des peines de Bruxelles depuis son transfert en janvier 2023.
Et si les vieux fantômes des attentats de Paris ressurgissaient plus de 10 ans plus tard ? L’affaire fait grand bruit en Belgique depuis qu’elle a été dévoilée par le groupe Sud Presse : Mohamed Bakkali, cerveau logistique des attaques du 13 novembre 2015 et précédemment du Thalys le 21 août 2015, s’est vu accorder six congés pénitentiaires de 36 heures chacun le 11 mai dernier par le tribunal d’application des peines de Bruxelles, alors même qu’il n’a purgé qu’un tiers de sa peine. Ou plutôt de ses peines puisque l’homme de 39 ans demeure le seul djihadiste à être condamné deux fois par la justice française.

Si ses deux peines ont été ramenées au maximum légal de 30 ans via une décision du parquet national antiterroriste français en septembre 2022, Mohamed Bakkali a ensuite été transféré en Belgique où la peine de sûreté prononcée par la juridiction française n’est plus applicable. Là-bas, il bénéficie également d’un régime d’exécution des peines bien plus souple. Ainsi, toujours selon le groupe Sud Presse, celui qui dort actuellement à la prison d’Ittre en Wallonie a déjà obtenu à cinq reprises des permissions de sortie depuis juillet 2025.

À terme, un placement sous bracelet électronique en vue d’une libération conditionnelle pourrait même être envisagé. Mohamed Bakkali remplirait d’ores et déjà les conditions pour être libérable, ajoute par ailleurs une source proche du dossier dans les colonnes du Monde. Interrogée sur le dossier lors d’une séance au Parlement belge, la ministre de la Justice Annelies Verlinden a refusé de commenter l’affaire. Une situation qui exaspère Denis Ducarme, député du Mouvement Réformateur Belge, d’autant que le parquet de Bruxelles avait rendu un avis négatif à la décision du juge du tribunal d’application des peines.

«Malgré cet avis négatif, le juge n’a pas fait droit, et a confirmé le congé pénitentiaire, bien qu’il y eût déjà eu une permission de sortie dont les conditions n’avaient pas été respectées en 2025», s’indigne l’élu. Ce dernier milite pour une modification législative permettant d’augmenter le seuil d’éligibilité pour la libération conditionnelle, les congés pénitentiaires et les permissions de sortie à un minimum de 50% de la peine pour ce qui concerne les crimes terroristes. Il souhaiterait également donner la possibilité au parquet de faire appel d’une décision d’un juge de tribunal d’application des peines, ce qui n’est pas possible aujourd’hui.
«J’ai rappelé tout à l’heure (jeudi) dans l’hémicycle, en interpellant la ministre de la Justice, que c’était une honte pour la Belgique. J’ai dit que c’était tourner le dos aux centaines de victimes, morts et blessés. Et que c’était tourner le dos à la douleur des familles», abonde Denis Ducarme. Une audience, prévue en septembre, devrait permettre d’en savoir plus sur l’avenir judiciaire du djihadiste, qui avait notamment fourni des planques et des véhicules aux auteurs des attentats.
Selon le tribunal d’application des peines, Bakkali a déjà fourni «de nombreux efforts pour rétablir le lien avec les victimes», qu’il a déjà rencontrées. Il n’y aurait donc aucune raison de craindre qu’il importune les victimes, poursuit cette même source, cité par La Capitale. «Il y a un mal belge qui réside dans une forme de banalisation des crimes terroristes. Pourtant, on vient de célébrer la dixième année des attentats du 22 mars 2016. On a été impacté très directement en Belgique…», s’émeut le député. À l’époque, deux terroristes s’étaient fait exploser à l’aéroport de Bruxelles, et un troisième dans une rame de métro de la ville belge. 32 personnes avaient perdu la vie, 340 avaient été blessées. Mohamed Bakkali n’avait pas été condamné dans cette affaire, la justice ayant estimé qu’il était déjà détenu au moment de la phase finale de préparation des faits.
Source Le Figaro

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