Abdelkader Lahmar maire LFI de Vaulx-en-Velin refuse de retirer son drapeau palestinien malgré une décision de justice
Le tribunal administratif de Lyon a donné raison au préfet du Rhône en ordonnant le retrait du drapeau palestinien installé sur la façade de la mairie LFI de Vaulx-en-Velin. Le maire, Abdelkader Lahmar, refuse pour l’instant d’obtempérer.
Le retirer « sans délai ». Le tribunal administratif de Lyon a donné sa réponse le mercredi 8 juillet et sans surprise le juge des référés a suspendu la décision du maire LFI de Vaulx-en-Velin (Rhône) d’apposer un drapeau palestinien sur le fronton de l’hôtel de ville. Abdelkader Lahmar s’est vu imposer une astreinte de 100 euros par jour de retard. Le drapeau avait été installé dans le cadre du festival Résonance Palestine, organisé le 4 juillet.
Dans son ordonnance, le tribunal rappelle que le principe de neutralité des services publics interdit d’apposer sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques. Le conflit israélo-palestinien et la reconnaissance de l’État de Palestine constituent une source de clivage importante, en particulier depuis les événements du 7 octobre 2023.

« Pas question de décrocher le drapeau dans l’immédiat »
Le juge cite des déclarations publiques d’Abdelkader Lahmar évoquant Gaza « livrée aux tourments déchaînés d’une puissance occupante », en référence à Israël, et présentant le drapeau palestinien comme « l’étendard de la liberté pour tous les peuples jadis colonisés ». Il reproche alors au maire de revêtir, en plus d’un soutien symbolique, une portée politique. Même s’il n’y a eu aucun incident, aucune manifestation ou aucun trouble à l’ordre public, cela ne change rien au fait que le juge considère que le principe de neutralité du service public n’a pas été respecté.
Abdelkader Lahmar a indiqué à l’AFP qu’il n’était « pas question de décrocher le drapeau dans l’immédiat ». Le sujet doit être discuté en conseil municipal dans l’attente du jugement sur le fond. La mairie envisage un recours devant le Conseil d’État, rappelant que la France a reconnu l’État de Palestine le 22 septembre 2025 à la tribune de l’ONU.
Près d’une centaine de mairies dirigées par la gauche avaient hissé à cette date symbolique le drapeau au triangle rouge. Le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet faisait partie de la bande affirmant qu’il s’agissait d’« un geste de paix et de justice » inscrit dans la tradition lyonnaise. En l’absence de consigne gouvernementale autorisant un tel affichage sur les bâtiments publics, la justice avait ordonné son retrait. Et il s’était finalement exécuté.
Source Valeurs Actuelles
