Céline: bagatelles pour un mensonge

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Par Alexis Lacroix,
Un essai sur Céline vient de paraître aux éditions Pierre-Guillaume de Roux pour le réhabiliter. Dans quel but véritable ?
Ici même, nous avons sonné l’alarme contre d’étranges réhabilitations. D’abord contre la décontamination melliflue d’un maître de l’erreur criminelle comme Charles Maurras, théoricien de l’antisémitisme d’État ; puis, en cet automne contre la réévaluation du rôle du maréchal Pétain sous la Révolution nationale (1), présenté à nouveau par certains comme ce « bouclier » qui se serait efforcé, envers et contre tous, d’adoucir le sort des Juifs. Las ! il nous faut, aujourd’hui, nous intéresser au troisième étage de cette fusée révisionniste : celle qui concerne notre « grantécrivain » Louis-Ferdinand Céline, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas traversé les années de l’Occupation du côté de la Résistance…
Un éditeur, parfois mieux inspiré, met en circulation un furieux et fallacieux libelle « fake », et publié sous le titre trompeur « Avez-vous lu Céline? » (2).

Propédeutique à une « manip » ?
Bagatelles pour un mensonge ?
Assurément, mais on aurait tort de traiter cette mauvaise action par le mépris. Ou par le silence.
Pour MM. Alliot et Mazet, une chose importe : à côté de l’insistance sur le fait que Céline, selon eux, n’a aucunement été un agent d’influence allemand, et pas davantage informé de l’existence de la Solution finale, il s’agit surtout de décomplexer le regain de ferveur cynique ou militante pour la partie la plus ignoble de l’oeuvre, celle des pamphlets antisémites (3). De dédramatiser, et quoi qu’il en coûte, l’infamie du bouffeur de « youtres » et de « négroïdes juifs ». Un homme qui a écrit, parmi tant d’autres, les phrases suivantes :  » La France est une colonie juive, sans insurrection possible, sans discussion ni murmure » (Bagatelles pour un massacre). Ou bien cet appel au meurtre : « Luxez le juif au poteau ! Y’a plus une seconde a perdre ! » (L’École des cadavres). Ou encore, dans la plus pure admiration pour le racisme biologique hitlérien : « Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupes tiraillés qui doivent disparaître (…) dans l’élevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangreneux, ravageurs, pourrisseurs. » (L’École des cadavres)

Tout à leur besogne, Alliot et Mazet n’hésitent pas à salir et à disqualifier la dernière en date des études consacrées à la haine des juifs constamment nourrie par Céline : le livre, exhaustif et rigoureux, de Pierre-André Taguieff et d’Annick Duraffour (4). Dans ces pages, Jérôme Dupuis a consacré un entretien a leur implacable enquête. Entretien confondant, et assez définitif, sur le « racisme nazi » de l’auteur des Beaux draps – hitlérien enthousiaste, faut-il le redire ?, dès la fin de l’année 37. Dossier qui saluait, aussi, les apports de Taguieff et de Duraffour au déchiffrement de l’un des pires aveuglements du siècle.
Jusqu’où tombera-t-on, après ce travail, pour déculpabiliser, quand même, l’infamie ? Très bas, si on lit bien Avez-vous lu Céline ?. Non content de traiter Taguieff et Duraffour de « charlatans », de « zazous » et de « bachi-bouzouks » – bonjour la réfutation argumentée ! -, de se tromper page 24 sur l’année de la rafle du Vel d’hiv, les deux auteurs remettent en selle une vision de Céline que toutes les recherches sérieuses ont balayées ces dernières décennies : celle d’un petit Chose, d’une victime, d’un gamin perdu au siècle des orages d’acier – nazi à son insu, presque par accident, et ballotté ingénument par le fracas de l’Histoire. Pire : ils enjoignent à un Taguieff, selon eux, trop « obsédé par la politique », de discerner par-delà les « échos hitlériens » le « dessein poétique » de Bagatelles…

Révision totale, affabulatrice. Et biffées, les dénonciations de Céline pendant l’Occupation; raturée, son amitié inentamée avec de hauts dignitaires nazis (Karl Epting, Hermann Bickler, etc.) ou un Fernand de Brinon; frappé d’oubli, son séjour à Sigmaringen, logé dans le même hôtel confortable que Bömelburg, le chef de la Gestapo qu’il avait « apprivoisé », et où même un Lucien Rebatet s’étonna de l’insondable mesquinerie d’un pensionnaire qui cachait dans sa piaule des kilos de jambons et de saucisses.
Et puis, reste l’essentiel. Dans des pages admirables de son essai sur l’auteur du Voyage au bout de la nuit, Philippe Muray a montré qu’à partir du milieu des années trente, la haine des juifs s’intensifie crescendo jusqu’au délire dans le cerveau convulsé de Céline; et il a prouvé, aussi, que son adhésion forcenée à la main tendue avec l’Allemagne nazie avait reposé sur la conviction que le moment était enfin venu de guérir le monde de la « tumeur » juive. De cette thèse, très forte, nos deux zélotes ne tirent aucune leçon. Elle validerait entièrement la démonstration de Taguieff et Duraffour. Le totalitarisme hitlérien ne fut-il pas, d’abord, animé par un médicalisme halluciné ? Et par la volonté d’extirper du monde le « poison juif » ?
(1) voir interview de Laurent Joly, « Vichy n’a jamais été un moindre mal », L’Express, propos recueillis par Yoann Duval, septembre 2018. (2) Avez-vous lu Céline? de David Alliot et Eric Mazet, éditions Pierre Guillaume de Roux, 128 p., 15 euros. (3) L’Ecole des cadavres, Bagatelles pour un massacre, Les Beaux draps (4) Céline, la race, le juif, de Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff, Fayard, 1182 p., 35 euros.
Source :
https://www.lexpress.fr/culture/celine-bagatelles-pour-un-mensonge_2051845.html

happywheels

5 Commentaires

  1. jacko Lévy

    6 décembre 2018 at 11 h 52 min

    impossible de patauger plus de trois ligne dans cette merde de clebards baveux

  2. In Memoriam

    6 décembre 2018 at 13 h 56 min

    La Réaction surfe sur le retour des vieux démons qu’ on croyait à tort définitivement enterres depuis la fin de la guerre !
    Le révisionnisme concernant la Shoah est de même nature que l’attitude de Pétain ou celle de Céline envers les Juifs!
    Il est le moyen de disculper auprès des naïfs tous ceux des criminels qui participèrent au Génocide, mais aussi aux autres atrocités commises .
    Il peut aussi en permettre le retour !

  3. benjamin

    7 décembre 2018 at 11 h 52 min

    il n y a pas eu d epuration en France ! le rasoir national aurait du fonctionner nuit et jour !cet infect personnage aurait du etre guillotinè ainsi que plusieurs centaines de milliers de saloperies !

  4. jacko Lévy

    7 décembre 2018 at 17 h 01 min

    sa veuve est toujours vivante!!! 106 ans !

    Lucette Destouches, née El Mansor , origine arabe espagnole, convertis au christianisme pendant l’ inquisition….est toujours dans le maudit « petit pavillon » que je suis allé admirer a Sèvres sur la colline il y a plus de 40 ans…

    «  » » » » » »Criblée de dettes, Lucette Destouches, la veuve de Céline, met sa maison de Meudon en viager
    Par Baptiste Savignac Mis à jour le 02/08/2018 à 17:03 Publié le 01/08/2018 à 12:20
    Criblée de dettes, Lucette Destouches, la veuve de Céline, met sa maison de Meudon en viager
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    La centenaire, mariée à l’auteur de Voyage au bout de la nuit, a choisi de céder la maison de l’écrivain qu’elle habite depuis près de 70 ans. Elle souhaite y finir ses jours.

    À l’âge de 106 ans, Lucette Destouches est assurée de finir ses jours dans la maison qu’elle a habitée depuis 1951 avec Louis Ferdinand Céline, puis seule après le décès de l’écrivain dix ans plus tard. Selon nos confrères de l’hebdomadaire Le Point, la centenaire a vendu en viager sa demeure de Meudon-la-Forêt (Hauts-de-Seine). C’est un voisin, déjà propriétaire d’un pavillon voisin qui l’a achetée. La municipalité et aucune autre institution n’ont décidé d’acquérir le bien immobilier. Lucette Destouches, née Lucie Almansor a soufflé ses 106 bougies le 20 juillet dernier. Criblée de dettes, la veuve de Céline a dû vendre sa maison. Elle désirait «préserver sa tranquillité», rapporte François Gibault, l’exécuteur testamentaire de l’écrivain.

    Un lieu de pèlerinage mais pas un musée

    Le pavillon construit au Second Empire ne devrait pas devenir un musée Céline. Toutes les preuves du passage de l’auteur de Voyage au bout de la nuit, récompensé du prix Renaudot en 1932, ont disparu dans deux incendies. C’est aussi une manière d’éviter que la bâtisse ne devienne un lieu de pèlerinage, pour des fétichistes du pamphlétaire antisémite et ses ouvrages Bagatelles pour un massacre ou Les Beaux Draps, dont le projet de réédition avait suscité de vives polémiques. Bien avant la publication de ses écrits antisémites, Céline avait secoué et avait divisé profondément les critiques littéraires pour son langage . » »

    la vioque est accrochée a la vie comme un bacille infectant….

  5. jacko Lévy

    7 décembre 2018 at 17 h 04 min

    zut! j’ ai oublié de vous raconter BEBERT, le chat du crachat sur deux pattes, le Céline!

    seul personnage sympathique de ce duo infernal!

    cette vomissure sur le tard s’ est totalement laissé aller, il serrait son pantalon a l’ aide d’ une ficelle !!!!!

    dire qu il aurait du finir au fossés a fusillés du Mont Valérien….

    je ne sais plus qui l’ a gracié….de Gaulle peut etre…..

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