Corbyn, Mélenchon : de cette gauche, il ne faut plus rien espérer

By  |  11 Comments

Par Caroline Fourest
« Avec un acharnement déconcertant, qui doit sans doute plus à la psychologie qu’à la stratégie, Jean-Luc Mélenchon s’obstine à reproduire toutes les erreurs qui ont coulé le NPA au profit du Parti de gauche ».
Cette élection aurait pu/dû réussir à la gauche anglaise. Le Brexit est un cirque ; et Boris Johnson, le plus grotesque des clowns. Pourtant, le Parti travailliste réalise son plus mauvais score depuis 1935. C’est l’échec personnel de Jérémy Corbyn.
Son indécision sur le Brexit, ajoutée à sa radicalité communautariste, ses amitiés douteuses, sa fascination pour l’Iran et le Hamas, sa tolérance envers un discours antisémite, ont torpillé les chances de son parti. Exactement comme je le redoutais dès 2015, au moment de son élection à la tête du Labour.
Il faut relire la presse de l’époque. Le parterre d’éloges sur l’espoir que l’homme représentait. Sans un mot, pas un, sur ses positions douteuses en matière d’islamisme. Alors que nous vivions déjà au rythme des attentats. Timidement, j’ai sonné l’alerte. Comme à chaque fois, ce fut un déluge de ricanements et d’attaques, tout à la fois mesquines et paternalistes. Toute la volaille était de sortie. Les autruches comme les perroquets.
Qu’avais-je dit de si grave ? Que Corbyn fréquentait de nombreux intégristes et antisémites, qu’il tenait une permanence dans une mosquée radicale de Londres, qu’il soutenait le Hamas et le régime iranien et qu’il ferait perdre la gauche anglaise pour dix ans. Pas de l’art divinatoire. Juste un peu d’enquête et de lucidité.
Sans doute vexé de n’avoir rien vu de ces faits pendant la campagne qu’il couvrait, en focalisant sur les questions économiques, le correspondant du Monde consacra de longues colonnes à m’accuser de projeter mes « propres hantises sur la réalité britannique ». Ne parlons pas des chiens de garde habituels, Mediapart et Arrêt sur images, qui ont sorti l’artillerie du procès en « raccourcis » et même en « mensonges ».
Les écrans de fumée sont maintenant dissipés. L’alerte est confirmée. Et les casseroles de Jérémy Corbyn ont permis d’envoyer Boris Johnson au 10 Downing Street. Au moment le plus critique de l’histoire européenne.
Quelques jours avant le scrutin, on apprenait que l’une des pages Facebook du candidat travailliste était administrée depuis Gaza. Loin de rééquilibrer, le Labour tweeta le plaidoyer anti-Johnson d’une femme en niqab, qui se vantait d’enseigner dans cette tenue. Autant dire que toute personne de gauche un tantinet sensible au danger fondamentaliste et antisémite s’est abstenue. Quant aux classes populaires, elles ont largement boudé les travaillistes. Une leçon que ne veut pas entendre Jean-Luc Mélenchon.
Au lieu de prendre ses distances avec la campagne catastrophique de Corbyn, le leader des insoumis se porte à son chevet. Il reproche au grand rabbin anglais et aux « réseaux d’influence du Likoud » de l’avoir fait perdre. Pour finir par se présenter lui-même comme l’homme qui refuse les « génuflexions devant les ukases arrogants des communautaristes du Crif ». Quel est le rapport ?
Avec un acharnement déconcertant, qui doit sans doute plus à la psychologie qu’à la stratégie, Jean-Luc Mélenchon s’obstine à reproduire toutes les erreurs qui ont coulé le NPA au profit du Parti de gauche. A l’époque, il incarnait l’espoir d’une gauche à la fois sociale et laïque. Qu’en reste-t-il ? Deux échecs à la présidentielle et beaucoup d’amertume.
Croit-il vraiment trouver les 600 000 voix qui lui ont « manqué » en rampant à une manifestation contre l’« islamophobie » ou en aboyant sur le Crif ? Cette stratégie le mènera exactement aux mêmes scores qu’Hamon et Corbyn. De cette gauche, il ne faut rien espérer.
L’urgence est de reconstruire une alternative à la fois véritablement sociale et véritablement républicaine et laïque. Le Parti socialiste, ce « grand cadavre à la renverse », tente timidement de revenir parmi les vivants. En ayant refusé d’aller à la manifestation contre l’« islamophobie » et en adoptant une posture enfin offensive sur la laïcité, il envoie de bons signaux. Reste à convaincre les gentils camarades de Place publique de sortir de l’angélisme façon Coexister. En y mettant une dose de Printemps républicain, toujours vigilant, et qui se lance en politique.
C’est la seule voie possible pour s’opposer de façon crédible à la politique libérale d’Emmanuel Macron. Résister à la retraite à points, idéologique et libérale, tout en incarnant une République laïque et sociale plus ferme que ce gouvernement. Alors, oui, ce jour-là, le grand cadavre à la renverse commencera à se relever.

Source :
https://www.marianne.net/politique/corbyn-melenchon-de-cette-gauche-il-ne-faut-plus-rien-esperer

happywheels

11 Commentaires

  1. Daniel

    17 décembre 2019 at 21 h 58 min

    De gauche ou de droite, il ne faut compter que sur nous même

    • Franccomtois

      18 décembre 2019 at 7 h 33 min

      Daniel,vous ne pouviez pas mieux dire et je dirai même plus qu´il en va de même pour les non juif.La photo de mélanchon et bachar est un montage?Si cela ne l´est pas,melanchon et ciotti pourrons faire une liste commune pour les prochaines élections.

  2. Rosa SAHSAN

    18 décembre 2019 at 9 h 05 min

    Franccomtois, pourquoi Ciotti? Mélenchon, bon d’accord plus rien ne m’étonne de la part de ce clown.
    Mais Ciotti a toujours défendu les chrétiens et le juifs il me semble à moins que je me trompe, pouvez vous m’éclairer merci.
    ROSA

    • Franccomtois

      18 décembre 2019 at 11 h 21 min

      Mea Culpa Rosa,ce n´est pas M.Ciotti mais Mariani, tout ces noms en I que veux-tu.

      Thierry Mariani emmène une délégation du RN en Syrie
      Par LEXPRESS.fr avec AFP ,

      publié le 25/08/2019 à 18:42
      L’euro-député pro-russe et pro-Damas du Rassemblement national n’a pas précisé s’ils allaient rencontrer le président Bachar al-Assad, comme il l’a fait par le passé.

      Thierry Mariani sera de retour en Syrie. L’eurodéputé du Rassemblement national a annoncé dimanche qu’il allait effectuer à partir de mardi un nouveau déplacement dans le pays en guerre à la tête d’une délégation du RN.

      En tout cas merci de m´avoir fais réalisé mon erreur.

      • Rosa SAHSAN

        19 décembre 2019 at 8 h 40 min

        OK je te pardonne Franccomtois.
        Bonnes fêtes de fin d’année pour toi et ta famille et que 2020 nous apporte la joie le bonheur et la sérénité.
        ROSA

        • Franccomtois

          19 décembre 2019 at 9 h 19 min

          Merci á toi Rosa,et dans nos voeux pour l´année 2020 la famille Franccomtois n´oubliera pas la communauté juive avec qui nous serons toujours solidaire.

  3. benjamin

    18 décembre 2019 at 15 h 13 min

    la photo ci dessus c est le concombre et le cornichon !!

    • capucine

      18 décembre 2019 at 16 h 31 min

      donc deux cucurbitacées ! manque plus que macron pour faire le troisième

  4. benjamin

    18 décembre 2019 at 16 h 22 min

    melenchon n a pas parlè au hasard:ses propos etaient parfaitement calibrès . en effet il cite le judaisme anglais le judaisme français en sa representation officielle et enfin le parti sioniste au pouvoir dans l etat juif !c est l internationalisme judeo sioniste qu il met en examen ! c est le pire du pire de l antisemitisme !les gens qui le suivent sont des salauds et des connards !des pourris !!

  5. STOP OU ENCORE

    18 décembre 2019 at 17 h 07 min

    les gauchistes ou de droite sont comme les girouettes….tout dépend d ‘ou vient le vent.

  6. hérode

    18 décembre 2019 at 22 h 20 min

    bachar n’est pas le pire ennemi d’israël ….

Publier un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *