France 3 diffuse Jeudi 13 septembre, à 23 h 55, «Jacques Doriot, le petit führer français».

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Du communisme au fascisme, retour sur la funeste histoire de Jacques Doriot
Numéro 2 du PCF à la fin des années 1920, Jacques Doriot a pris la tête d’un authentique parti fasciste en 1936, le PPF. Un documentaire passionnant de Joseph Beauregard diffusé sur France 3 retrace l’itinéraire de ce transfuge radical.
Son nom ne vous dira sans doute rien. Il y a bien longtemps que le souvenir de Jacques Doriot a été refoulé dans les archives confidentielles de l’histoire de France, sous une épaisse couche de poussière que l’on ne soulèverait pour rien au monde. Et pour cause : ex-dirigeant du Parti communiste français (PCF), aspirant même à prendre la place du secrétaire général Maurice Thorez au tournant des années 1920-1930, Doriot est le nom d’une transgression moralement insupportable. En 1936, fâché avec le “grand parti de la classe ouvrière”, il fonde le Parti populaire français (PPF), qualifié d’un commun accord par les historiens d’“authentiquement fasciste”. A sa tête, sous l’Occupation, il devient “celui qui ira le plus loin dans la collaboration active avec l’Allemand”, selon les termes de l’historien Jean-Yves Camus.

C’est l’itinéraire invraisemblable de ce transfuge radical que le réalisateur Joseph Beauregard analyse dans le documentaire Jacques Doriot, le petit führer français, diffusé sur France 3 le 13 septembre, à 23 h 55. Comment cet enfant du prolétariat, bolchevik convaincu, adulé par les Jeunesses communistes (dont il fut le chef), élu plus jeune député de France en 1924, est-il passé du poing tendu à la main levée ? Nourri d’images d’archives rares, qui témoignent du charisme et des talents d’orateur du personnage, ainsi que de nombreux témoignages des historiens les plus compétents sur le sujet, le film permet de mettre des mots sur cette énigme, et d’en comprendre la rationalité.
A l’époque où Doriot est encore l’étoile montante du PCF, il désapprouve la stratégie dite “classe contre classe” dictée par Staline, consistant à désigner les dirigeants de la SFIO comme des ennemis de classe. En affichant publiquement sa position hétérodoxe au congrès de 1929, il espère fédérer autour de lui tous les dissidents à la direction. Mais il déchante très vite face au caractère “totalisant” et à l’hermétisme du PCF, qui ne tolère pas les réfractaires. “Il est obligé de se rétracter publiquement. Ça produit un effet dévastateur. L’homme est dévasté”, relate Laurent Kestel, auteur d’un livre magistral sur le sujet, La Conversion politique – Doriot, le PPF et la question du fascisme française (Raisons d’agir, 2012).

Élu maire de Saint-Denis en 1931, il prend un peu plus ses distances avec le PCF, jusqu’au moment de la rupture. Lors des journées de février 1934, quand les ligues fascistes tentent un coup d’État, Doriot martèle que la stratégie “classe contre classe” est un suicide, et plaide pour un front unique avec les socialistes. Il est exclu du PCF : L’Humanité le traite même de “capitulard” et de “vendu à la social-démocratie”. Sa posture était pourtant prophétique : Staline ordonne quelques temps plus tard de s’allier avec les socialistes, et le Front populaire voit le jour en 1936. A partir de cette date, Doriot “abjure, au sens religieux du terme” son parti d’origine, selon Laurent Kestel.
Dans le flou identitaire provoqué par son bannissement des gauches, le renégat Doriot se rapproche des intellectuels “non conformistes” comme Drieu La Rochelle, et fonde le PPF en 1936, soutenu financièrement par Mussolini. Son hymne n’est plus L’Internationale, mais France, libère-toi !. D’un cynisme glacial quand il s’agit de conserver le pouvoir, Doriot se rêve en dictateur français, et se livre à une surenchère collaborationniste – il finira par endosser l’uniforme allemand dans la Légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF). Mais dans ce champ politique désormais très concurrentiel, le petit führer français est encore une fois recalé (Hitler lui préfère Laval). Il est tué par des avions alliés en février 1945.
En passant au crible d’une analyse rigoureuse cette conversion politique, Joseph Beauregard montre bien qu’elle est moins le résultat d’une psychologie individuelle, que d’une marginalisation structurelle. Manière de contredire la fameuse théorie du « fer à cheval » selon laquelle les deux extrêmes se rejoignent. Et de prévenir, pour que ce faux pas historique ne se reproduise pas.
Jacques Doriot, le petit führer français, de Joseph Beauregard, sur France 3 le 13 septembre, à 23 h 55
Source :
https://www.lesinrocks.com/2018/09/09/medias/du-communisme-au-fascisme-retour-sur-la-funeste-histoire-de-jacques-doriot-111122431/

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4 Commentaires

  1. anti muzz

    13 septembre 2018 at 3 h 07 min

    chez les cocos socialauds collabos gauchos c est génétique la preuve on retrouve les mêmes au pouvoir.

  2. Jacko lévi

    13 septembre 2018 at 8 h 25 min

    Jacques Doriot, le petit führer français

    Ouais….tout petit, il n’ est pas né dans un village de l’ oise , nommé Brêle, pour rien…

  3. Vrcngtrx

    13 septembre 2018 at 8 h 56 min

    Je visionne la vidéo ; il en existe d’autres ainsi que de nombreux articles sur ce thème mais, je doute en leur efficacité sur la mentalité des gens ‘Degôôôche’ ceux-ci préférant se voiler la face ou se mettre des œillères sur les yeux, convaincus qu’ils ont le monopole du cœur et de la raison …
    https://nsm09.casimages.com/img/2018/08/17//18081703360914910615851422.jpg

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