France- Musée d’Orsay -Un tableau de Van Gogh volé à une famille juive au cœur d’une demande de restitution

By  |  0 Comments

Les descendants d’un collectionneur juif allemand demandent au musée d’Orsay la restitution d’une œuvre qui aurait été vendue sous la contrainte après l’arrivée des nazis au pouvoir. Une commission spécialisée doit encore déterminer si le tableau a fait l’objet d’une spoliation
La descendance de Félix Kallmann, un collectionneur juif allemand, demande au musée d’Orsay de Paris la restitution du tableau Hôpital Saint-Paul à Saint-Rémy-de-Provence de Vincent van Gogh, selon un article de france info. Elle affirme que l’œuvre appartenait à son aïeul avant d’être vendue sous la contrainte après l’arrivée au pouvoir des nazis.
Klaus Kallmann, petit-fils de Felix Kallmann, aujourd’hui âgé de 98 ans, a déposé une requête en restitution en 2017. Le dossier est actuellement examiné par la Commission pour la restitution des biens et l’indemnisation des victimes de spoliations antisémites.
Selon la famille Kallmann, le tableau a été cédé sous la contrainte dans le contexte des persécutions antisémites qui ont suivi l’arrivée des nazis au pouvoir. Les recherches menées par la commission visent toutefois à établir les circonstances exactes de cette vente.
Inès Rotermund-Reynard, chargée de recherches en provenance au musée d’Orsay, indique ainsi que plusieurs documents montrent que Felix Kallmann envisageait déjà de se séparer de l’œuvre avant l’arrivée des nazis au pouvoir. « Ce qu’il faut vérifier, c’est à quel moment la famille se sépare de l’œuvre », explique-t-elle. « Est-ce que c’est vraiment sous contrainte ? » La chercheuse souligne qu’il reste à déterminer s’il s’agissait d’« une vente classique » ou si Felix Kallmann s’est défait du tableau « parce qu’il avait peur des nazis ».
Un autre élément complique encore l’établissement des faits. Les recherches du musée d’Orsay ont montré que le tableau est ensuite passé entre les mains de Paul Rosenberg, collectionneur et marchand d’art juif et grand-père d’Anne Sinclair, lui aussi victime de spoliations durant la Seconde Guerre mondiale. « On a trouvé trace de cette œuvre dans les fonds d’archives du collectionneur et marchand Paul Rosenberg, qui lui-même était juif et a ensuite été spolié pendant la guerre. Donc c’est extrêmement compliqué », souligne Inès Rotermund-Reynard.
Si l’affaire revient aujourd’hui sur le devant de la scène, c’est notamment parce que le musée d’Orsay a inauguré une salle consacrée aux œuvres spoliées sous le nazisme, période durant laquelle les cas de spoliation, c’est-à-dire le pillage, la confiscation ou encore la vente forcée de biens appartenant à des Juifs, se sont multipliés.
En France, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, plus de 100 000 biens culturels spoliés ont été recensés, selon le musée d’Orsay.
« Les trois quarts ont été restitués, mais 15 000 restent sans propriétaire identifié. La plupart de ces œuvres sont vendues par l’État, sauf environ 2 200 d’entre elles, sélectionnées pour être confiées à des musées. Ces derniers ont pour mission de faire la lumière sur leur provenance afin de restituer celles qui peuvent l’être. »
Cette actualité a conduit l’avocat de la famille Kallmann à relancer le dossier auprès des autorités.
La décision finale ne reviendra toutefois pas au musée d’Orsay. Une fois ses recherches achevées, la Commission pour la restitution des biens et l’indemnisation des victimes de spoliations antisémites formulera une recommandation au Premier ministre. Celui-ci devra alors décider si l’œuvre doit, ou non, être restituée à la famille Kallmann.
Source
https://fr.timesofisrael.com/un-van-gogh-au-coeur-dune-demande-de-restitution-pour-spoliation-nazie/

happywheels

Publier un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *