Iran : le message clair du patron du Mossad.
Par Stéphane Gozlan
Hier, lors de la commémoration de Yom HaShoah, les mots du chef du Mossad, David Barnea, n’avaient rien d’anodin. Ils sonnaient comme un avertissement: l’Histoire ne se contente pas d’être racontée, elle peut se répéter. Certains discours commémorent, d’autres réveillent. Celui-ci appartient à la seconde catégorie.
« Les innocents se trompent », a-t-il lancé en évoquant ceux qui croient que la Shoah appartient définitivement au passé, que les appels à l’extermination ont disparu avec le XXe siècle ou que la haine visant l’existence d’un peuple ne peut plus redevenir une politique d’État. Considérer la Shoah comme un événement clos, c’est refuser de voir les menaces qui renaissent sous d’autres formes.
Car pendant que le monde s’accrochait à cette illusion, une menace grandissait: celle du régime iranien. Visible et pourtant trop souvent ignorée. Programme nucléaire, missiles balistiques, stratégie d’encerclement allant vers une même logique d’usure et de confrontation.
Depuis des années, Israël alerte. Sur le nucléaire, sur les capacités militaires, sur une idéologie qui ne dissimule plus ses intentions.
En face, l’incrédulité a longtemps servi d’alibi à l’inaction. Jusqu’au moment où attendre n’est plus une option.
Alors Israël a agi.
L’opération « Lion rugissant », menée par Tsahal avec l’appui du Mossad, marque une rupture:
celle d’un État qui refuse de déléguer sa survie. Renseignements de précision, frappes ciblées, interceptions: une guerre moderne, souvent invisible, mais stratégique. Israël ne peut attendre qu’une menace devienne irréversible donc ce n’est pas une guerre de réaction, c’est une guerre de prévention, complètement assumée.
Mais au-delà des succès militaires, ce message voulait aussi répondre aux critiques et à ceux qui remettent en cause la stratégie israélienne.
Cette guerre n’est pas terminée. Elle ne s’arrête pas aux champs de bataille.
Les guerres modernes ne se terminent pas avec un cessez-le-feu. Elles se prolongent dans l’ombre, dans la durée, dans la profondeur.
C’est toute une stratégie qui se dessine: Opérations prolongées sur le sol iranien, pression économique accrue…
Avec une conviction : les véritables secousses de cette guerre restent à venir.
La mission ne sera accomplie que lorsque le régime iranien aura disparu. Quand il sera neutralisé à la racine ».
Ce discours dérange car il heurte les tenants d’un apaisement devenu réflexe et inquiète ceux qui préfèrent croire que les menaces les plus radicales finissent toujours par s’éteindre d’elles-mêmes.
Pourtant, l’Histoire enseigne exactement l’inverse.
« Plus jamais ça » n’est pas une formule morale. C’est une doctrine d’action. Une responsabilité. Une ligne rouge qui n’existe que si elle est défendue.
Pour Israël, le temps des avertissements est révolu car pour un peuple qui a connu l’anéantissement industriel, le doute ne peut être une option stratégique.
L’Histoire, elle, ne prévient pas toujours avant de se répéter.
© Stéphane Gozlan סטפן זאב גולדין
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