Lola, le peuple t’abandonne

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Par Jean Messiha et Frédéric Amoudru

Il était triste ce jeudi soir place Denfert-Rochereau.
Nous étions là, le cœur lourd et la gorge nouée pour rendre hommage à Lola et à toutes les victimes de la violence migratoire de ces dernières années. Et Dieu sait que la liste est longue.
Nous étions quelques centaines. Un millier au plus. Une misère.
Sans aller chercher de l’autre côté de l’Atlantique, où des millions d’Américains de toutes les couleurs sont descendus dans la rue pour George Floyd, parfois avec violence, les manifestations, en France, pour Adama Traoré, sont encore dans toutes les têtes. Le comité éponyme était capable de mobiliser, à chacune de ses sorties, des foules impressionnantes. Le 2 juin 2020, soit quatre longues années après le décès dans des circonstances floues de ce jeune délinquant multirécidiviste, ils étaient encore plus de 20.000 à se rassembler pendant des heures pour scander « Justice pour Adama » et caillasser les flics.
Pour Lola il n’y avait désespérément personne. Ou presque.
Les Français s’indignent sur les réseaux sociaux, grondent dans les sondages, s’énervent dans les conversations. « Oui, il y en a plus que marre ! ».
Mais voter pour que ça change ? « Bah, ça ne sert à rien ». Donc on s’abstient beaucoup. Mais les autres, eux, y croient. Donc ils votent, ils gagnent et ils gouvernent. Depuis des décennies. Quant à descendre en force dans la rue pour hurler sa colère froide ou chaude pour Lola en toute sécurité – car la police ne va ni gazer ni éborgner – ça non.
« 18h30, pensez-vous ! Il y a les courses, le bain des enfants, le cours d’aérobic au club de gym, l’émission N’oubliez pas les Paroles, l’envie de se détendre après une journée de boulot ; alors Lola, je compatis bien sûr, mais en plus je peux pas… »
Les oukases pour arriver à cette énième léthargie nationale ont, comme à l’accoutumée, fusé de partout. Nombreux et persuasifs. « Ne faites pas de la récupération politique ! Respectez le deuil de la famille qui appelle au calme et au respect ! » et autres commandements pour que cette histoire soit étouffée. Et surtout, qu’elle n’interroge aucun des choix politiques en matière migratoire.
Ce qui est fascinant, c’est que les gaucho-« progressistes » et les « racisés » ne se laissent jamais intimider par ce type d’injonctions. Et les exemples abondent.
Le 5 juin 2013, le jeune ultragauchiste Clément Méric mourait dans une rixe avec des jeunes d’ultra-droite, une confrontation qu’il avait cherchée. Cela ne justifie ni ne légitime bien évidemment pas cette fin tragique. Mais l’exploitation médiatique anti extrême-droite fut immédiate : à peine trois jours plus tard, le 8 juin et alors qu’il n’était pas encore enterré, plus de 4.000 personnes étiquetées à la gauche de la gauche, manifestaient contre le « péril fasciste » dans Paris pendant que d’autres manifestations s’organisaient en province. In petto, avant tout procès, Valls faisait dissoudre un groupuscule de l’ultra droite, pour l’exemple.
Même schéma pour Rémi Fraisse, un militant écologiste radical, qui meurt un an plus tard dans une confrontation violente avec la gendarmerie. Son corps avait à peine eu le temps de refroidir que médias, politiques et mouvements de gauche exploitaient ce décès tragique pour pointer la « violence des forces de l’ordre ».
Et n’évoquons pas le sort tragique et l’image bouleversante du petit garçon syrien Aylan, retrouvé, avec sa mère et sa fratrie, mort sur une plage de Méditerranée. Libération, le Monde, Paris Match, France Télévisions et consorts, ont-ils demandé l’autorisation du père survivant (lui seul avait un gilet de sauvetage d’ailleurs et s’est promptement remarié) pour afficher, dès le lendemain en couverture, la photo de son fils martyr afin d’exiger que les portes de l’Europe s’ouvrent en grand, y compris à des délinquants et à des terroristes ? Pour ces médias et les immigrationnistes, ce n’était pas de la récupération, de l’instrumentalisation, de l’indécence et autres mots d’ordre débiles lancés à la cantonade quand coupables et victimes ne sont pas dans les bons godets de la palette « progressiste » et qu’ils n’en respectent pas les codes couleurs.
Même quand des quartiers entiers s’embrasent après la mort d’un délinquant poursuivi par la police, nos élites médiatico-politiques n’expriment ni colère ni dégoût. Au contraire, transpire toujours dans leurs prises de parole une forme de compréhension « dans l’attente que toutes les circonstances de ce drame soient élucidées », selon la formule consacrée. Rien sur les voitures brûlées, les abribus détruits, les éventuels policiers blessés. Tout ça est devenu presque normal depuis le temps. L’important c’est la victime. Et encore mieux la victime « racisée » et délinquante ; c’est excellent pour la « cause » de l’invasion. Victime d’un fonctionnaire de police ou d’un gendarme, c’est le saint Graal. Mais descendre silencieusement et dignement dans la rue pour rendre hommage à Lola, victime de l’ultra violence qui découle de la colonisation de peuplement du Sud et de l’Est de la Méditerranée, là, c’est honteux et « indécent ». Le logiciel est calé, bloqué, inviolable : l’immigration c’est que du bon !
La France baigne dans une atmosphère crépusculaire. Il y a quelque chose de la période 1940-1944 dans le climat actuel, mélange d’impuissance défaitiste du pouvoir, de collaboration d’une grande partie des élites, de résignation populaire, de souci du ravitaillement… euh désolé… du pouvoir d’achat.
Ce pouvoir d’achat qui lui, en revanche, peut mettre les Français sur les ronds-points ou dans la rue pendant des mois.
Pour défendre notre portefeuille, là pas de problèmes, pas de demi-mesures, pas de mièvrerie : on y va franco. Mais pour défendre la France, là, y a toujours mieux à faire.
C’est terrible à dire mais où en serait donc aujourd’hui l’Ukraine, dont la défense de la souveraineté et de l’identité fait l’admiration d’Emmanuel Macron, de BFMTV, de LCI et de tant d’autres, si le fatalisme français y prévalait ? Zelensky et son gouvernement auraient sans doute foutu le camp à Varsovie ou à Londres et le drapeau russe flotterait partout.
« Vous débloquez, ça n’a rien à voir », nous répondront les thuriféraires de la bien-pensance. À peine. Car aujourd’hui il ne fait guère de doute que si nous finissons par perdre notre pays, il ne faudra nous en prendre qu’à nous et à nous seuls. Pire. Si une telle funeste issue devait se matérialiser, il ne faudra pas compter cette fois-ci sur les « Brits » ou les « Ricains » pour nous libérer.
Et soyons d’une clarté absolue sur cette mobilisation. La mort atroce de la petite Lola n’est pas plus atroce que s’il s’était agi d’une petite Yasmina tuée par une Dahbia ou une Géraldine. Ce n’est évidemment pas la race de la victime et de l’auteure qui est en jeu. Ce qui provoque ce débordement d’indignation sourde c’est l’accumulation de délits et crimes commis par certaines immigrations et dont le peuple français est très majoritairement la victime.
Nous avons sans doute l’un des plus beaux et l’un des plus riches pays du monde. Très logiquement, il crée l’envie de l’envahir et des modeler à son leur image par cette « misère du monde » dont nous n’avons pas pris QUE « notre juste part » mais une part disproportionnée et croissante.
Mais en même temps, si nous ne le défendons pas, si nous ne le défendons plus, ils auraient tort de se gêner. C’est l’histoire du monde depuis les origines. Une terre se défend. La défendre ne garantit jamais de la garder. Mais ne rien faire pour la défendre garantit de la perdre. Aux Français de choisir.
Jean Messiha
Président de l’Institut Apollon
Frédéric Amoudru
Directeur des Études et de la Stratégie de l’Institut Apollon

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[Tribune] Lola, le peuple t’abandonne

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2 Commentaires

  1. Justice pour lola dit :

    Malheureusement tellement vrai…,

    Bravo à Jean Messiha et Frédéric Amoudru👍🏻

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