Lyon (69) : jugé pour avoir défenestré son voisin juif de 89 ans, Rachid Kheniche nie toute motivation antisémite
En mai 2022, à Lyon, René Hadjadj, 89 ans, est mort après avoir été défenestré du balcon de son voisin, Rachid Kheniche. Trois ans plus tard, l’affaire sera jugée du 2 au 6 février. En raison des propos tenus par l’accusé sur les réseaux sociaux et de certains éléments de l’enquête, le parquet a requis la circonstance aggravante liée à la religion de la victime.
Les deux hommes, solitaires, entretenaient depuis plusieurs années une relation d’entraide. Rachid hébergeait parfois René, l’aidait pour ses courses et ses démarches. Le 17 mai 2022 au soir, après une altercation, Rachid a reconnu avoir étranglé puis jeté le vieil homme par-dessus son balcon du 17e étage. Il expliquera avoir agi sous l’influence d’« une voix douce ».
Les enquêteurs ont relevé de nombreux éléments attestant d’un état psychique dégradé : propos incohérents, insultes antisémites proférées par le passé, publications confuses sur les réseaux sociaux, enregistrements audio délirants et accumulation d’objets religieux hétéroclites. Une expertise psychiatrique conclut à une altération du discernement et à un « délire chronique de persécution », dans lequel la victime aurait progressivement occupé une place centrale.
Rachid Kheniche conteste toute motivation antisémite. Il affirme avoir agi contre un individu et non contre sa religion. Le dossier, qui rappelle par certains aspects l’affaire Sarah Halimi, soulève la question de l’articulation entre pathologie mentale et circonstance aggravante liée à l’antisémitisme.
Source Marianne
