On ne parle pas de la haine des Juifs aux petits lycéens niçois

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Mais on peut leur décrire les massacres à la machette au Rwanda
par
Renée Fregosi

Invitée à parler de la mémoire des génocides devant des lycéens niçois, j’ai tenté d’évoquer la haine dont sont l’objet les Juifs aujourd’hui. Élèves et professeurs se sont insurgés.
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Il y a quelques semaines, je participai dans un lycée niçois à événement intitulé « La Semaine de la mémoire et de la recherche ». Pendant quatre jours, des lycéens écoutaient des témoignages de victimes de génocides et des universitaires censés les éclairer sur les processus génocidaires et, au-delà, les processus complotistes et négationnistes, l’antisémitisme et le totalitarisme.
Parmi ces lycéens, une classe de 1ère avec cinq de ses enseignantes à l’origine de cette initiative pédagogique, avait travaillé durant l’année scolaire plus spécifiquement sur le génocide rwandais et s’était même rendu sur place lors d’un voyage passionnant et très émouvant.
La victime devient coupable
Contactée par les organisatrices de cette rencontre pour y faire une intervention, j’avais proposé d’aborder la question de la stratégie de victimisation mise en œuvre par les autorités pour persécuter leurs ennemis voire aller jusqu’à leur massacre de masse. Mon exposé étant le dernier de ces journées, je lui donnai une forme un peu conclusive en insistant sur les mécanismes de retournement des termes et l’inversion des charges de la preuve très souvent utilisés par les persécuteurs pour présenter leurs victimes comme des agresseurs.
Évoquant des sujets traités par des orateurs précédents et étudiés par les lycéens, je rappelai donc brièvement que les Turcs massacrant les Arméniens pendant la guerre de 14-18, les présentaient comme des agents de l’ennemi après les avoir exclus de la communauté ottomane et soumis à une ségrégation rigoureuse. Les nazis massacrant les Juifs d’Europe, dénonçaient leur visée dominatrice et les présentaient comme les fauteurs de guerre et les corrupteurs de la race aryenne, justifiant leur exclusion de la nation allemande puis leur relégation dans les ghettos et enfin la « solution finale ». Les massacreurs hutus présentaient les Tutsis comme des privilégiés et des expropriateurs et les déshumanisaient en les qualifiant de cafards à exterminer systématiquement. Les Khmers rouges présentaient leurs victimes comme des exploiteurs occidentalisés à éradiquer jusqu’au dernier, en les traitant de punaises qu’il fallait tuer jusqu’aux œufs (les enfants).
La vérité des lycéens
Puis je me hasardai à aborder la stratégie palestinienne de victimisation et le dit « antisionisme ». Ayant remarqué que l’intervenant qui m’avait précédé avait montré dans son document PowerPoint des photos de victimes françaises récentes d’actes antisémites (Ilan Halimi, les enfants de l’école Ohr Torah, Mireille Knoll, Sébastien Selam, Sarah Halimi) sans indiquer explicitement le lien avec le caractère islamiste de l’antisémitisme de leurs auteurs, je rappelai les différents types de haine des Juifs à travers les âges (antijudaïsmes romain puis chrétien, antisémitismes politiques modernes, antijudaïsme musulman et antisionisme déniant en fait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël).
Les réactions de nombreux jeunes dans l’auditoire ne se sont alors pas faites attendre : négation de l’existence de propos anti-Juifs dans le Coran, renvoi dos-à-dos des Israéliens et des Palestiniens revendiquant « la même terre », accusation de manque d’objectivité de mon intervention. Cela, je m’y attendais un peu étant donné la sociologie de ce lycée « périphérique ». Raison de plus à mes yeux pour ne pas édulcorer mon propos.
« Trop jeunes pour entendre de telles choses »
En revanche, ce qui m’a interloquée c’est la réprobation explicite de mon intervention de la part des enseignantes, au motif que ces élèves « étaient trop jeunes pour entendre de telles choses et qu’il ne fallait pas les choquer ». Les récits des horreurs des camps d’extermination nazis, des massacres khmers rouges ou du génocide à la machette au Rwanda ne les auraient pas traumatisés, mais instiller un doute quant au bien-fondé des roquettes et des tirs de mortier sur Israël ou quant au mythe d’al Andalus en leur parlant de la dhimmitude, ou encore révéler l’existence de passages anti-Juifs dans le Coran et les hadiths, cela ne pouvait se faire car il ne fallait pas perturber ces jeunes esprits fragiles.

Autrement dit, la contradiction des idées reçues constituait non pas un élément fondamental de la pédagogie de l’esprit critique censé être dispensée dans le cadre de l’Education nationale, mais quelque chose d’intolérable, de nocif et d’indécent. Je pris alors conscience que toutes ces recherches en bibliothèque, ces voyages scolaires sur les « lieux de mémoire », tous ces travaux d’élèves et ces débats autour des victimes n’avaient en somme qu’agité du pathos, de la compassion voire de l’identification avec les victimes mais n’avaient nullement contribué à la compréhension de la complexité des phénomènes politiques autoritaires pouvant conduire jusqu’au génocide.
Commémorer pour ne pas comprendre, un nouveau négationnisme
Journées de la mémoire certes, mais la recherche n’était-elle pas restée vaine si la contradiction, le paradoxe et l’ambivalence étaient d’emblée refusés à la formation de ces jeunes esprits ? Les dérives de l’esprit victimaire que je m’étais proposé d’analyser étaient ici-même à l’œuvre : l’individualisation des victimes, avec l’audition de témoignages poignants notamment, conduisaient à ignorer la dimension politique des souffrances subies. Les stratégies, les modes de justification des massacres passés étant ainsi méconnus, on s’interdisait toute analyse comparative, toute réflexion en somme sur d’autres stratégies et discours de légitimation d’actions meurtrières actuelles. Le passé sert ainsi à enfouir le présent sous ses cendres, et les larmes noient l’intelligence des événements d’aujourd’hui.
C’est finalement à un nouveau négationnisme auquel on assiste : l’agression génocidaire en acte ou en projet est masquée par les horreurs du passé qui saturent l’espace mental et médiatique. Ressassant les génocides historiques dans la repentance et la bonne conscience, sans en comprendre les ressorts universels, on dénie au présent son véritable potentiel génocidaire. A dénoncer en boucle les totalitarismes d’hier, on s’aveugle sur ceux en germe aujourd’hui qui n’ont aucune filiation historique avec ceux-là. Paradoxes de notre temps : l’antifascisme occulte le totalitarisme islamiste en action ici et maintenant comme l’antiracisme dénie aux « blancs » leur statut possible de victimes, et le travail mémoriel plein de bonnes intentions entrave celui de l’histoire tentant d’éclairer crûment le présent.
SOURCE :
https://www.causeur.fr/lyceens-juifs-memoire-genocide-fregosi-161897

happywheels

8 Commentaires

  1. Lys

    5 juin 2019 at 9 h 28 min

    Excellent ! Bravo tout est dit !!!

  2. Jacko Levy

    5 juin 2019 at 9 h 30 min

    nazionistes pour nazionistes, la réponse: faire de Gaza un Dresde bis, et encore ce furent les Américains
    car il n’ y a pas d’ autre moyen de mener et gagner une guerre!! on a vu ou a mené le coté humaniste depuis Juin 1967

    sans exclusion et eradication de tes ennemis, tu perds ton temps

    quansd aux « Palestiniens » autant ceux de Judée Samarie, que ceux qui osent a présent se dire « palestiniens de l’ interieur » la catastrophique erreur fut de ne pas bousculer tout ce monde vers la Jordanie, comme en 1948….comme de ne pas avoir explosé, dans le feu de la bataille, toutes ces poubelles qui salissent le mont du Temple

    tu parles! une capitale a Abou dis, autant dire une capitale algérienne bis a Aulnay sous bois (ça viendra…)et une palestine en judeé samarie ou seront regroupés les gazaouis….

    propositions boiteuses depuis 72 ans!

    en réalités absolue, ça fait chier 57 pays musulmans de voir qu un seul pays JUIF fait tache dans le coin et fait mentir le Coran

    et, disons le discrètement, pas que des pays musulmans…y en a bien d’ autres.. dont on n’ extirpera jamais « l’ enseignement du mépris »

  3. Yaacov

    5 juin 2019 at 9 h 52 min

    Rien d étonnant les profs ces gauchistes pro palos , portes parole de la macro nie et du quai d Orsay sur le sujet, censurent systématiquement toutes discussions sur les droits des juifs et d ‘Israël .

    Ces gens me dégoûte au plus haut point

    • André

      12 juin 2019 at 9 h 12 min

      Je trouvais très juste et très intéressant cet article. Je trouve très consternant certains commentaires haineux fondés sur les mêmes mécanisme que ceux qu’ils entendent dénoncer. Quelle pitié de lire des bêtises comme celle-ci « Rien d étonnant les profs ces gauchistes pro palos, portes parole de la macronie et du quai d Orsay sur le sujet etc. » Et quelle haine des enseignants et de l’école de la République.

  4. josué bencanaan

    5 juin 2019 at 10 h 04 min

    La France s’islamise de plus en plus, pourquoi parler de haine des juifs a des musulmans a qui on enseigne cette haine par tradition familiale.
    Valable aussi pour les elections municipale ou le crédot favoris des élus est de cracher sur israel et les juifs pour avoir leurs Votes.

    Le pire des négationnisme et d’ignorer que tout les juifs qui ont été tués, agressés, l’ont été fais par des musulmans.

  5. Franccomtois

    5 juin 2019 at 13 h 30 min

    Je me suis souvenu de cet article et il me semble que je l´ai eu mis dans les commentaires il y a de cela bien longtemps.Pour vous dire la perversité des élus collabos de la région PACA et des profs sûrement bien á gouche et totalement laique tout aussi collabos.Il ne faut surtout pas faire rentrer la Religion dans nos écoles de la RAIEpublique qu´ils disent.La France devient puante.Par contre la oú nous vivons il va y avoir plein de festivités en lien avec Israel,des Colleges auront l´Hébreux enseigné et á la fin du mois j´irai si je ne travaille pas voir un concert avec des groupes Israélien.Je vais peut-être vous surprendre mais pas mal d´Organisation de gauche et d´extreme gauche soutiennent Israel notamment avec le groupe Antideusch oú parait-il,il ne fait pas bon de critiquer Israel ou même de porter un keffieh en leur présence.Ces groupes sont des anti BDS actif.Je ne partage pas le reste de leur idéologie mais je les respecte en tant qu´individus.

    Voici l´article qui file la nausée:

    Un théâtre de la connaissance

    27 décembre 2017

    « Ne laisse personne te voler les mots » est un spectacle sur les origines du Coran.
    Cette création du théâtre de la Cité de Marseille de Michel André et Selman Reda en collaboration avec l’islamologue Rachid Benzine a lancé son coup d’envoi à Nice le 5 et 6 décembre suscitant la curiosité des élèves de seconde, première et terminale du lycée professionnel des Eucalyptus.

    Soutenue par les Fonds du 11 janvier et la Région Paca, la pièce traite du Coran à travers une approche historique, anthropologique et linguistique mêlant histoire individuelle et histoire collective.

    La proposition d’accueillir le spectacle et les échanges par une enseignante de lettres histoire, Nadine Géhin, a conduit à une préparation reposant sur différentes étapes propres à nourrir et approfondir la rencontre.

    En effet, ce coup d’envoi arrive un mois après une semaine en résidence où acteur et metteur en scène sont allés à la rencontre de douze classes vues chacune séparément. Ces rencontres, accompagnées d’enseignants de lettres histoire et professeure de la classe allophone, ont amené un échange vif et animé d’une heure à deux heures où les élèves ont été sensibilisés au propos. Sensibilisation également à la posture théâtrale pour Amin, Sabri, Youzamiou et Raphaël les mercredis après-midi qui ont été complices du spectacle activant le débat qui en a suivi. Merci pour leur implication pleine de spontanéité.
    Les 250 lycéens, captivés ont voyagé dans l’enfance de l’acteur, la manière dont il a vécu le durcissement des règles religieuses imposées par son père jusqu’à atteindre à seize ans, un point de rupture. Passant de l’enchantement au déchirement, de la déconstruction à la reconstruction, les couleurs de l’intime se dévoilent laissant subrepticement place à un autre tableau : celui des peuples nomades soumis aux règles de survie dans le désert arabique du 7ème siècle.

    « Chacun interprétant les textes de là où il se situe avec ses propres codes, il est intéressant pour nous » écrit Michel André « d’en comprendre les moteurs en les replaçant dans un contexte vieux de 15 siècles ». « Ne laisse personne te voler les mots » ouvre cette voie à une meilleure compréhension du Coran : de sa naissance dans l’univers de la péninsule arabique du 7ème siècle jusqu’au cheminement de la pensée contemporaine. Lors des débats, les élèves ont posé de nombreuses questions à la hauteur de leur intérêt actuel. Ces moments ont été des instants d’effervescence, d’échanges, de recherches et d’émotions.

    A la fois récit de vie et récit d’histoire, conte, poésie et danse cosmique, la pièce invite à un voyage. A travers les mots dans le temps et le sens qui évolue, elle explore les différentes formes de la culture apportant un éclairage important sur les enjeux actuels de l’école et ses valeurs laïques dans la lutte contre la radicalisation pour un vivre ensemble nécessairement relié à la connaissance car comme le soulignait dernièrement le Ministre de l’Education, Jean- Michel Blanquer :
    « Le fait religieux fait partie de l’histoire du monde, on ne doit pas considérer que l’école laïque signifie école athée » Selon lui, les jeunes doivent l’« apprendre » pour comprendre les religions des autres et les respecter à travers la connaissance ». Le ministre a donc annoncé qu’il comptait avancer « avec beaucoup de sérénité » sur le sujet… »

    interview sur LCI le 10/12/17

    Remerciements au Théâtre la Cité de Marseille, Monsieur le Proviseur Philippe Albert, Madame la Proviseure adjointe Cécile Roux, l’équipe des professeurs de lettres histoire et professeure de la classe allophone, les professeures documentalistes, les élèves et tous ceux qui ont participé à cette belle aventure théâtrale.

    -Bon aprés tant de bonne volonté pour le vivre ensemble avec l´islam,j´attend la même chose pour le Christianisme,le Judaisme,le Bouddhisme…..mais bon faut pas rêver,se sont des crevards de collabos et veulent tout simplement continuer á gagner leur croûte en enseignant dans ces quartiers islamisé sans se faire tordre le cou.Mais qu´ils regardent du côté des pays muzz et qu´ils voient comment vivent les Chretiens et autres minorités.Je ne parle même de leurs collegues laique ou gauchiste ils doivent surement servir d´entrainement pour les petits mizilman le jour de l´aid.

  6. Jacko Levy

    5 juin 2019 at 16 h 25 min

    quand tu rencontres ça

    https://www.jforum.fr/bagdad-1941-il-y-a-78-ans-les-massacres-du-farhoud.html

    tu te dis et pourquoi les israéliens, en guerre depuis presque 100 ans, contre ces musulmans n’ en feraient pas autant ??

    c’est abominable mais pourquoi « eux » pouraient et pas les Juifs ?

    aujourd’ hui qui en veut aux Iraquiens a ce propos ?? personne!
    tout est oublié !
    et la même chose appliquée aux arabes actuels qui empoisonnent Israel, ça aurait le même resultat de les faire fuir, comme ils ont fait fuir les Juifs d’ Itaq, en 1941 et en 1948

    souvenons nous que tous les juifs qui vivaient dans ces pays du bord de la Méditérranée et bien avant l’ arrivée de l’ islam imposteur et brutal, ont fui tous les pays arabo musulmans dés 1956 et parfois avant, jusqu en 1970

    aujourd’ hui ces cloaques sont Judenrein

    au nom de quoi Israel dans ses vraies frontières ne serait pas Islamrein ??

    la voilà la question charpente ! sur laquelle repose tout ce faux edifice bati depuis des decennies

    je redeviens propriétaire de ma maison entière; tu fous le camps et dégage chez les tiens, ou tu veux, tiens! les Algériens seront heureux de t’ accueillir, eux que la France accueille par millions….

    et qui sont les plus violents des sunnites envers Israel (le courage légendaire des Zarabes a 4500 kms du champ de bataille)

    parce que depuis, il y a les chiyeutiques chiites, qui, impunement, 5 fois par mois promettent a Israel son eradication

    sans qu aucune nation européenne, france en tête, ne « condamne » ces propos

    c’est le moment ou jamais d’ écraser tous ces serpents arabes et l’ occasion ou jamais de virer 95% des Arabes dits israéliens, comme nous Juifs, fumes virés du monde musulman en moins de 20 ans

    reciprocité!!!!

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