Paris : Frédéric Biessy, figure de la gauche parisienne et directeur de La Scala s’excuse après des propos politiques sur Trump et Netanyahou devant des lycéens, suivis d’invectives antisémites entre élèves

By  |  0 Comments

Jeudi, des lycéens de l’Alliance israélite universelle des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont participé, aux côtés notamment d’élèves du lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à une journée de représentations à La Scala, dans le cadre du programme Scala-Région Île-de-France, relate dans un communiqué transmis à l’AFP le Fonds social juif unifié (FSJU), qui chapeaute le réseau des écoles juives de France.
« Cette manifestation (…) a été marquée par des propos et comportements ayant profondément choqué plusieurs élèves et suscité l’intervention immédiate des responsables éducatifs et des autorités compétentes », affirme-t-il, pointant « l’attitude de la direction » du théâtre. « Le FSJU exprime sa profonde stupéfaction et sa vive émotion à la suite de cet incident, au cours duquel des élèves, notamment ceux de l’Alliance israélite universelle, ont été confrontés à des propos et comportements inacceptables », poursuit-il.
Frédéric Biessy dit avoir appris qu’après son départ, « des invectives à caractère antisémite avaient été échangées entre des élèves », auxquelles il n’a « pas assisté », sinon il serait « intervenu immédiatement ». « Je porte ma part de responsabilité, avec les encadrants, de ne pas avoir su apaiser la situation et empêcher les insultes qui ont manifestement été échangées », déclare-t-il.
« Je mesure aujourd’hui que mes mots, même prononcés dans une intention de défense de la liberté d’expression, n’étaient pas adaptés à ce contexte. J’en assume la responsabilité », conclut-il. Ni le rectorat ni le ministère de l’Éducation n’étaient en mesure dans l’immédiat d’apporter des précisions.
Un piano dans la salle de théâtre de la Scala à Paris (Crédit : CC BY-SA 4.0)
Triste représentation le 4 juin au Théâtre de La Scala à Paris lors d’une rencontre artistique scolaire. La polémique a débuté suite au discours politique du directeur, Frédéric Biessy, dont les propos sur le conflit au Proche-Orient ont créé un climat délétère pour les élèves juifs de l’École de l’Alliance de Pavillon-sous-bois (établissement juif) et du Lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine présents dans la salle.
Les témoignages décrivent une escalade des tensions marquée par des insultes antisémites, des menaces graves et des comportements d’exclusion de la part d’autres participants.
Face à l’hostilité ambiante et à l’absence d’intervention des encadrants, les lycéens visés ont dû quitter précipitamment les lieux sans achever leur représentation qu’ils préparaient depuis un an. Des sources soulignent également l’indignation des institutions comme le Fonds Social Juif Unifié (FSJU) et les critiques sur les réseaux sociaux dénonçant une rupture de la neutralité scolaire.
L’événement a laissé les élèves dans un état de choc émotionnel profond.
Le 4 juin 2026, ce qui devait être l’aboutissement joyeux d’un projet artistique annuel pour plus de 350 lycéens franciliens a tourné au chaos au Théâtre de La Scala à Paris.
Alors que des élèves de l’Alliance de Pavillon-sous-bois et du Lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine s’étaient préparés avec enthousiasme, la journée a basculé après des prises de position politiques et des comportements pour le moins hostiles.
L’incident a été déclenché en début d’après-midi par une allocution du directeur du théâtre, Frédéric Biessy (qui a repris avec sa femme cette salle située au 13 boulevard de Strasbourg en 2016).
Devant environ 350 participants, ce dernier a tenu selon différentes sources présentes sur place un discours sur la liberté d’expression qui a rapidement dérivé vers des critiques géopolitiques virulentes. Selon les témoignages, il s’en est pris nommément au président américain Donald Trump, l’homme d’affaires Vincent Bolloré et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (qualifié de « pire d’entre tous »), tout en utilisant des mots d’ordre pour appeler à la « libération de la Palestine ».
Ces propos, soutenus par la sous-directrice du théâtre et applaudis par une partie de l’assistance, ont profondément choqué et heurté les élèves juifs présents, qui ont perçu cette intervention comme totalement déplacée dans un cadre scolaire qui se doit de respecter la neutralité.
À la suite de ce discours, le climat au sein du théâtre est devenu délétère lors des pauses. Des élèves de l’Alliance et du Lycée Pasteur ont été pris à partie et stigmatisés en raison de leur identité juive par d’autres élèves présents. Des sources rapportent des faits d’une gravité particulière : insultes et moqueries (les élèves ont été qualifiés de « pleurnichards » ou de « pleureuses »), slogans politiques (des cris de « Free Gaza » et « Free Palestine » ont été scandés) et menaces graves (propos tels que « On va tous vous génocider » auraient été proférés).
Malgré la gravité de la situation, les témoignages indiquent qu’aucun enseignant des autres établissements n’est intervenu pour faire cesser ces agissements, certains auraient même encouragé leurs élèves.
Face à cette situation devenue « intenable », les responsables de l’Alliance et de Pasteur ont décidé de faire quitter les lieux à leurs élèves, sous les huées et des injonctions hostiles telles que « Cassez-vous, on ne veut pas de vous ici ».
Sur les réseaux sociaux
Sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, l’affaire a suscité de vives réactions, en particulier lundi 8 juin quand l’information a été relatée par le compte « Sword of Solomon ».
Parmi toutes les réactions : une écrivaine d’origine juive a notamment dénoncé le rôle de Frédéric Biessy, le décrivant comme une figure de la « gauche culturelle parisienne », et a relayé les détails de l’altercation, soulignant la montée de la tension dès les premières acclamations du public suite au discours de la direction.
Isabelle Nizard, élue du 16ème arrondissement de Paris et adjointe au Maire chargée des affaires scolaires, de l’Education et de la protection de l’enfance, a également relayé l’information en appelant Catherine Pégard, la ministre de la Culture, Aurore Bergé, Valérie Pécresse et le ministre de l’Éducation nationale à réagir sans attendre.
La réaction du FSJU
Le FSJU a publié un communiqué ce 9 juin pour exprimer sa « vive préoccupation » et sa « profonde stupéfaction » face à ces événements. L’institution a souligné le caractère inacceptable de tels comportements dans un espace qui aurait dû rester « neutre » et scolaire.
Le FSJU a précisé que deux rapports de « faits établissement » ont été rédigés par l’Alliance et le proviseur du Lycée Pasteur, tandis que les autorités académiques et le ministère de l’Éducation nationale avaient été immédiatement mobilisés pour clarifier la situation.
Le FSJU a précisé qu’une collaboration étroite est en cours avec les rectorats et l’Alliance Israélite Universelle (AIU) pour assurer le suivi du dossier et protéger les élèves.
Excuses du directeur
En début d’après-midi mardi, le directeur du théâtre a publié une lettre d’excuse en story sur son compte Instagram. Une story n’est par définition visible que 24 heures. Il l’a aussi postée sur son compte X moins suivi.
« J’ai prononcé un discours autour du thème de la liberté d’expression, chère à mon cœur (…) À tort j’ai inscrit cette réflexion dans un registre géopolitique critiquant nommément certains responsables de la scène internationale, comme Donald Trump ou Benyamin Netanyahou », a écrit Frédéric Biessy dans une lettre adressée aux élèves, parents et professeurs, datée de lundi.
« Les propos politiques n’ont pas leur place devant des classes de première et je regrette les avoir tenus. Je comprends que mes propos ont pu choquer, blesser ou créer un malaise. Pour cela, je vous présente toutes mes excuses », poursuit-il, assurant que son intention « n’a jamais été de viser une religion ou une communauté ».
Frédéric Biessy dit avoir appris qu’après son départ, « des invectives à caractère antisémite avaient été échangées entre des élèves », auxquelles il n’a « pas assisté », sinon il serait, selon lui, « intervenu immédiatement ». « Je porte ma part de responsabilité, avec les encadrants, de ne pas avoir su apaiser la situation et empêcher les insultes qui ont manifestement été échangées », ajoute-t-il.
« Je mesure aujourd’hui que mes mots, même prononcés dans une intention de défense de la liberté d’expression, n’étaient pas adaptés à ce contexte. J’en assume la responsabilité », conclut-il.

happywheels

Publier un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *