Paris : la statue de la République taguée avec des croix gammées et des slogans antisémites
INFO LE PARISIEN. Ce lundi matin, la place de la République et sa statue ont été recouvertes de croix gammées et de slogans appelant au meurtre. Ces dégradations interviennent au lendemain d’un rassemblement d’hommage à Quentin, militant nationaliste décédé à Lyon.
Au réveil de ce lundi 16 février, la statue de la République, à Paris, portait les stigmates d’une nuit de haine. Des croix gammées, des appels au meurtre et des slogans violents souillaient le monument érigé en 1883, devenu malgré lui l’exutoire de toutes les colères parisiennes.
À ses pieds, plusieurs croix gammées ont été dessinées. D’autres inscriptions glaçantes se lisent sur le socle : « PDM (peine de mort) pour Jack Lang », « Tuez les Rothschild », « Mentalité allemande pour les pedo, tuez-les » ou encore « tue tue tue ». Ce déferlement de violence graphique intervient dans un contexte particulier. Les références à Jack Lang, ancien ministre de la Culture et récent démissionnaire de l’Institut du monde arabe, et à la famille Rothschild visent clairement la communauté juive.
Ce déferlement de violence intervient dans un contexte particulier. La veille, dimanche 15 février, un rassemblement se tenait devant l’université de la Sorbonne (Ve) en hommage à Quentin, ce militant nationaliste de 23 ans décédé après un « lynchage » à Lyon le 12 février. Les manifestants réclamaient « justice » pour ce jeune homme présenté par ses proches comme « non violent », malgré ses convictions politiques assumées.
Un contexte de haine antisémite
Si la statue de la République est régulièrement prise pour cible lors de manifestations, elle est devenue, depuis les législatives de l’été 2024, un point de ralliement contre l’extrême droite. Cette fois, les tags à caractère antisémite et les croix gammées marquent une escalade dans la violence symbolique.
Ce changement de nature s’inscrit dans un climat tendu. Selon un sondage Ipsos de novembre 2025, les actes antijuifs ont explosé de 1 000 % dans les trois mois suivant le 7 octobre 2023, avec 646 faits recensés au premier semestre 2025, soit + 112 % par rapport à 2023.
Le coût de ces dégradations répétées pèse également lourd sur les finances publiques. La mairie de Paris Centre expliquait au Parisien consacrer 8 millions d’euros par an pour nettoyer l’ensemble de ses monuments et mobiliers urbains. Un nettoyage qui, paradoxalement, abîme la pierre du monument vieux de plus de 140 ans, les solutions chimiques utilisées accélérant sa dégradation.
Le maire de Paris Centre travaille en collaboration avec la préfecture de police pour identifier les auteurs grâce aux caméras de vidéosurveillance. Il porte plainte « à chaque fois » pour « conforter la police » dans ses recherches.
Dimanche soir, non loin de là au niveau du boulevard de Ménilmontant (entre le XI e et le XXe arrondissement), une cinquantaine d’individus cagoulés ont été aperçus et filmés alors qu’ils faisaient des saluts nazis. D’après nos informations, ils criaient sur la voie publique « On est chez nous, justice pour Quentin ». Selon une source policière, ce rassemblement n’aurait pas causé de blessé ni mené à des interpellations, l’ensemble des participants ayant « pris la fuite » à l’arrivée des policiers.
SOURCE LE PARISEIN
