Un an après sa fermeture, la mosquée As Sounna de Marseille n’a pas rouvert ses portes

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REPORTAGE – Le cas de cette mosquée salafiste, fermée en décembre 2017, témoigne de la volonté de l’État de combattre l’islam radical mais aussi de ses difficultés.

Un dossier exemplaire, des recours en cascade, des autorités allant jusqu’au bout d’une procédure complexe… La fermeture de la mosquée salafiste marseillaise As Sounna, le 11 décembre 2017, est un cas d’école en matière de lutte contre l’islam radical.
Un an après cette décision de la préfecture de police des Bouches-du-Rhône, rien ne semble avoir changé boulevard National, dans le IIIe arrondissement de Marseille, quartier présenté comme l’un des plus pauvres de France voire d’Europe. À hauteur de la mosquée, on croise toujours des hommes en tenue salafiste, des femmes totalement voilées, des commerces de bouche ou de vêtements visiblement dans la mouvance. Et une librairie où l’islamiste et sa famille peuvent trouver leur bonheur. Rien n’a changé à une exception près: la mosquée As Sounna et sa plaque élégante, riche de ses 400 mètres carrés et de ses 400 fidèles chaque vendredi, semble avoir disparu. Et pour cause: fermée à titre provisoire pour une durée de six mois, elle aurait dû rouvrir ses portes mi-juin mais l’événement semble êre repoussé aux calendes grecques.
L’association dissoute, l’imam expulsé
Son imam El Hadi Doudi a été expulsé vers l’Algérie le 20 avril dernier en raison de ses propos sulfureux. L’État a par ailleurs gelé les avoirs de «l’association des musulmans du boulevard National», gérant les lieux. Et le 1er septembre dernier, ladite association a été dissoute par un décret en Conseil des ministres. Sans imam, sans argent, sans structure juridique, les animateurs salafistes de la mosquée ont également perdu une partie de leurs locaux. La propriété du lieu était en effet divisée entre les proches de la mosquée d’un côté et un propriétaire privé. Ce dernier, sans qu’on sache s’il a été motivé par la décision préfectorale, a voulu vendre sa part. Et la mairie de Marseille a exercé son droit de préemption en bloquant donc de facto toute tentative de rachat par les salafistes.
Un droit de préemption exercé d’ailleurs très discrètement par la mairie. Interrogé par Le Figaro, son service de communication se contente de préciser: «La mairie de Marseille n’a pas de commentaires à faire sur la mosquée salafiste du boulevard National.» Et conseille «d’entrer en contact avec la communauté musulmane» Quant au quotidien La Provence, il cite une source municipale précisant que la mairie était motivée par des raisons purement immobilières car le site de la mosquée «constitue une réserve foncière dans le cadre du renouvellement urbain dans ce quartier».
«En fermant la mosquée As Sounna, nous avons voulu faire passer un message de fermeté très clair : si les lois de la République ne sont pas respectées, l’État est prêt, dans le respect de l’État de droit, à aller jusqu’au bout»
Olivier de Mazières, préfet de police des Bouches-du-Rhône
Préfet de police des Bouches-du-Rhône depuis juin 2017, Olivier de Mazières tient pour sa part un discours des plus clairs. «Ma préoccupation est de lutter contre les mosquées radicalisées, assure-t-il, s’il y a violation de la loi républicaine, nous agissons. Mais je ne suis pas un théologien, et je n’ai pas à porter un jugement sur ce qu’on appelle le salafisme qui n’est pas interdit par la loi.»
As Sounna n’a donc pas été fermée en tant que mosquée salafiste mais parce que son imam El Hadi Doudi a franchi la ligne rouge. Selon les services de renseignement, l’imam, islamiste algérien arrivé en France en 1981 et proche du FIS, aurait, dans des prêches et sur Internet, soutenu le djihad armé, appelé à l’exécution des apostats et des adultères, à la destruction des mécréants et des juifs «impurs, frères des singes et des porcs». Sans oublier une incitation des fidèles à adopter une attitude provocante pour semer la panique dans la population, en hurlant par exemple Allah akbar en pleine rue.

Plusieurs fidèles passés par As Sounna ont par ailleurs rejoint Daech dans la zone syro-irakienne. Pour arriver à la fermeture de la mosquée, confirmée par un tribunal administratif puis par le Conseil d’État, et à l’expulsion de l’imam vers l’Algérie, dont l’avocat avait saisi jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme afin de tenter d’empêcher son départ, l’État a dû constituer un dossier méticuleux et tenir bon jusqu’à la fin de la procédure. «En fermant la mosquée As Sounna, décrypte Olivier de Mazières, nous avons voulu faire passer un message de fermeté très clair: si les lois de la République ne sont pas respectées, l’État est prêt, dans le respect de l’État de droit, à aller jusqu’au bout.»
Sur le terrain, comme souvent en pareil cas, les amis de l’imam Doudi, probablement impressionnés par la volonté de l’État, se sont d’abord faits discrets. Sur place, un ancien fidèle d’As Sounna s’agace: «Pourquoi ont-ils fermé la mosquée? Et pourquoi on ne peut pas la rouvrir? Ils n’avaient qu’à seulement expulser l’imam» mais il ajoute aussitôt: «De toute façon, il y a d’autres mosquées où on peut aller.» Les plus radicaux n’ont pas tardé à se réveiller. Dès l’été 2018, ils ont tenté de s’installer dans des nouveaux lieux de culte, y compris dans le IIIe arrondissement. Les autorités ont contrecarré leurs projets en mobilisant toute la palette des moyens disponibles (règles en matière d’urbanisme, de sécurité d’incendie, de travail clandestin, d’écoles hors contrat…).

Par ailleurs, la fermeture d’As Sounna et l’expulsion de son imam n’ont pas fait disparaître un courant salafiste qui, comme l’a confié au Figarole vice-président du conseil régional du Culte musulman, «a pris le terrain en France, et progresse à Marseille». Le site Internet de l’imam Doudi lui assurait une réelle popularité à l’extérieur de nos frontières (en Italie ou en Suisse, des fidèles venant même parfois de ces deux pays, mais aussi en Afrique subsaharienne).
Plus perturbant encore, et ce fut l’une des raisons pour laquelle l’État a réagi, As Sounna emmenait dans son sillage plus d’une quinzaine de mosquées radicales dans la région. En dehors des Bouches-du-Rhône (Avignon, par exemple) mais surtout dans le département (Aix-en-Provence fermée dès février 2017, Fos-sur-Mer, Gardanne, Marignane, Miramas, La Roque d’Anthéron, Saint-Victoret, Septèmes-les-Vallons ou Vitrolles).
Comme As Sounna en son temps, chacune de ces mosquées est étroitement surveillée pour pouvoir sanctionner les dérapages. En dépit de la fermeture de la mosquée du boulevard National, la lutte est loin d’être terminée.
Source :
http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/27/01016-20181227ARTFIG00151-un-an-apres-sa-fermeture-la-mosquee-as-sounna-de-marseille-n-a-pas-rouvert-ses-portes.php

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7 Commentaires

  1. Lys

    28 décembre 2018 at 12 h 17 min

    Donc si je comprends bien, les mosquées radicalisées sont fermées ( ou en cours de fermeture ) parce qu’elles ne sont pas conformes avec la loi Républicaine mais par contre les mosquées salafistes ne font pas l’objet d’une demande de fermeture parce que ces dernières ne sont pas interdites par la loi et par conséquent conformes avec la loi républicaine !!
    Mazette ! Comment la France définit elle le salafisme, j’aimerais bien le savoir ?

  2. Salmon

    28 décembre 2018 at 13 h 54 min

    Ah le salafisme est autorisé
    En voyant les dérive antirepublicaine pourquoi l état n interdit pas ce courant ?

  3. In Memoriam

    28 décembre 2018 at 14 h 33 min

    C’est le contraire qui aurait du faire l’objet d’une news !
    Dans le contexte actuel d’une France qui part à vau l’eau, que la loi soit respectée est plutôt rassurant et tellement normal !

  4. capucine

    28 décembre 2018 at 15 h 26 min

    celle-ci n’a pas rouvert ses portes , mais il en reste combien de dizaines des mosquées salafistes qui doivent fermer définitivement leurs portes ce que Caseneuve n’a jamais eu le courage de faire ni Collomb d’ailleurs qui est parti vite fait se faire élire maire de Lyon !!!

  5. Jacko lévi

    28 décembre 2018 at 16 h 42 min

    merci de traduire exactement ce qu il ont ecrit en Arabe, ils ont oublié volontairement le « kabira »

    en vrai il est écrit en Arabe

    Masjed El sounna el kabira

     » GRANDE mosquée el Sounna »

    Grande ça risquait de faire peur 😆 😆 alors ces cafards s’ adaptent….

  6. Jacko lévi

    28 décembre 2018 at 17 h 29 min

    en v’là un autre qui n’ ouvrira plus son bec pestilentiel

    l’ inventeur de Chalom Ajkchav!!

    «  »L’écrivain israélien Amos Oz est mort – Le Figaro
    http://www.lefigaro.fr › Flash Actu
    Il y a 52 minutes – L’écrivain israélien Amos Oz, cofondateur du mouvement La Paix maintenant, est décédé d’un cancer à l’âge de 79 ans » »

    il y en a peu qui ont fait autant de mal aux israeliens et aux juifs, a tout ce qui touchait au sionisme

    un « xxxxxx  » je me censure! un de ces amoureux d’ une « paix illusoire et imbécile » qu il n’ aura au moins jamais vue au moment de son grand départ!

  7. josué bencanaan

    29 décembre 2018 at 16 h 50 min

    Les fidèles cancrelats vont prier autre part, cette mosquée est l’arbre qui cache la foret, on en ferme une pour donner le change et calmer tout le monde

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