VIDEO :Comment 75% des Juifs français ont réussi à échapper à la mort lors de la Seconde guerre mondiale

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Christophe Dickès reçoit l’historien et psychologue Jacques Sémelin, spécialiste des génocides et violences extrêmes. Ensemble, ils reviennent sur ce mystère des 75% de Juifs qui ont échappé à la mort en France sous l’occupation
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Au mois de juillet 1942, Annette et Léa, deux jeunes filles de 12 et 14 ans sont arrêtées avec leur mère à l’occasion de la rafle du Vel d’Hiv’. Transférées dans un wagon à bestiaux au camp de Pithiviers, les enfants sont séparés de leur mère déportée à Auschwitz le 3 août 1942. Transférées à nouveau, cette fois à Drancy, les deux jeunes filles bénéficient d’une chance extraordinaire: en effet, une cousine de leur mère, assistante du commandant juif du camp, efface à plusieurs reprises leurs deux noms sur les listes de la mort. Après maintes péripéties, elles finiront par être libérées du camp et reprendront même leur scolarité en octobre 1942, à Paris.
Cette histoire s’inscrit dans des milliers d’autres récits qui aboutissent à un constat : 75% des juifs ont échappé à la mort en France sous l’occupation. Ce chiffre constituait pour l’histoire comme une énigme et un mystère. Auteur de La Survie des juifs en France 1940-1944, Jacques Semelin lui donne des clés d’explication. Contrairement aux travaux de Paxton, il remet en cause l’idée d’une France antisémite en distinguant d’une part l’opinion publique touchée par la déportation des femmes et des enfants, et d’autre l’Etat français. Dans cet ouvrage aux multiples nuances et préfacé par Serge Klarsfeld, il propose de comprendre comment les juifs de France vont se débrouiller pour survivre. Comment face aux arrestations et aux lois antisémites, ces derniers se sont fondus dans la population, en jouant parfois d’une double personnalité. Enfin et surtout, comment, ils vont bénéficier d’une entraide spontanée grâce à des passeurs, des faussaires, de simples hôtes ou bien même des “anges gardiens” qui, par des petits gestes dans le quotidien ou bien des actes d’héroïsme, vont faire de la France une exception dans le dessein meurtrier du nazisme. Jacques Semelin est interrogé par Christophe Dickès.
L’invité: Historien et psychologue, Jacques Sémelin est spécialiste des génocides et des violences extrêmes. Directeur de recherche émérite au CNRS, il donne des cours à Sciences Po. Il a fondé et dirigé l’Online Encyclopedia of Mass Violence, dont il est président depuis janvier 2011. Il est membre des comités scientifiques des revues European Review of History, Journal of Genocide Research et Vingtième siècle. Il est aussi membre de l’International Association of Genocide Scholars. Il vient de publier La Survie des juifs en France 1940-1944 (CNRS Editions, 372 pages, 25€). Un livre préfacé par Serge Klarsfeld.
Source :
https://www.atlantico.fr/podcast/3567757/comment-75-des-juifs-francais-ont-reussi-a-echapper-a-la-mort-lors-de-la-seconde-guerre-mondiale

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  1. Françoise SAADOUN

    9 mars 2019 at 11 h 06 min

    parfois avec un nom à consonnance bizarre mais par forcément juive, parfois à la campagne avec de faux papiers se fondant dans la masse des paysans ou des fermiers, allant à la messe du dimanche, ou en refusant de porter l’étoile ainsi les voisins ne savaient pas- et surement d’autres ruses qui nous ont profitées- nous sommes là, nous sommes des miraculés, nous sommes leurs enfants, encore en vie-

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