VIDEO – IRAN :L’ Analyse lucide de Chahdortt Djavann

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Chahdortt Djavann, essayiste iranienne, était l’invitée de Benjamin Petrover, dans Conversations, ce lundi 5 novembre 2018 sur i24NEWS. L’occasion d’évoquer l’entrée en vigueur des sanctions américaines contre l’Iran. Ces sanctions peuvent-elles vraiment mettre Téhéran à genoux ? Débat avec Steve Ohana, professeur de finance à l’ESCP Europe, Stéphane Wahnich, spécialiste en communication politique et Christian Malard, notre consultant diplomatique.

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Chahdortt Djavann, en persan شهدخت جوان, est née en 19671 en Iran et vit depuis 1993 à Paris où elle a étudié l’anthropologie2. Elle est romancière et essayiste de langue française, et de nationalité française.
Le père de Chahdortt Djavann était un grand féodal d’Azerbaïdjan ; il fut emprisonné et tous ses biens furent confisqués. Il a élevé sa fille « dans l’amour des livres et la détestation des mollahs ». Après la Révolution islamiste iranienne, elle est forcée d’arrêter de lire de grands auteurs français pour étudier le Coran et elle est voilée de force. En juin 1980, alors qu’elle a 13 ans3, elle est incarcérée trois semaines pour avoir manifesté contre le régime. Elle est tabassée et a deux côtes cassées3. Elle arrive en France en 1993 sans être francophone. Elle fait l’auto-apprentissage du français (en étudiant les manuels de Lagarde et Michard, en lisant d’un bout à l’autre le Robert et les œuvres de Maupassant, de Camus, de Gide, de Romain Gary). Le français est la septième langue qu’elle pratique4, elle fait des petits boulots, une tentative de suicide puis commence des études universitaires en psychologie et en anthropologie5,6.
Elle s’inscrit à l’EHESS, École des Hautes Études en Sciences Sociales. Elle y rédige son mémoire sur « L’endoctrinement religieux et l’islamisation du système d’éducation en Iran après l’instauration du régime Khomeiniste » – une étude basée sur l’analyse des manuels scolaires. En 1998, elle débute sa thèse : « La création littéraire dans la langue de l’Autre », en travaillant sur les œuvres de Cioran, Ionesco et Beckett. Elle abandonne sa thèse et écrit son premier roman. Je viens d’ailleurs. Elle rédige un pamphlet contre le voile islamique, que les éditions Gallimard publient aussitôt, en septembre 2003. Elle y fait une analyse anthropologique et historique du voile islamique et de sa portée culturelle, traditionnelle, psychologique, sociale, sexuelle, juridique et politique ; elle demande que le voile des mineures soit reconnu comme une maltraitance à leur endroit. « Voiler une mineure signifie qu’elle est nubile… Le voile définit la mineure comme un objet sexuel… Le voile définit la femme psychologiquement, socialement, sexuellement et juridiquement comme sous-homme. »1.

Son deuxième roman, Autoportrait de l’autre, est publié en janvier 2004 par Sabine Wespieser éditeur. Dans Que Pense Allah de l’Europe ?, pamphlet publié en 2004, toujours chez Gallimard, elle analyse la stratégie des islamistes « djihad souterrain » en France et en Europe. « … Ils veulent imposer leur vision totalitaire d’un islam politique et prosélyte… peser politiquement en Europe et instaurer, à l’instar de l’Iran, des républiques islamiques dans les pays musulmans… ». Critique de l’intégrisme musulman, « ceux qui veulent imposer leur vision totalitaire d’un islam politique et prosélyte », elle déclare que la critique des religions est « non négociable » et invite « l’immense majorité des musulmans silencieux de France » à manifester contre l’idéologie islamiste5.. Son roman Comment peut-on être français ? est une satire sociale et politique en partie épistolaire : une correspondance imaginaire avec Montesquieu. Son roman La Muette (2008) est la confession d’une gamine de quinze ans condamnée à la pendaison, dans les prisons des mollahs – une fiction réaliste et documentée7.
Dans l’épilogue de Je ne suis pas celle que je suis, publié en 2011 chez Flammarion, Chahdortt Djavann écrit : « Rien n’était moins probable qu’un exil en France, rien ne me destinait à une vie française… même dans mes rêves les plus osés, j’étais à mille lieues de m’imaginer écrivain de langue française. » Bien que l’auteure utilise certaines de ses expériences, elle précise : « Je ne crois pas à l’autobiographie… Je suis mon personnage et je ne le suis pas… » La dernière séance (Fayard, 2013) est la suite de Je ne suis pas celle que je suis – entrelacement des séances de psychanalyse à Paris et du récit du parcours mouvementé de l’héroïne d’Istanbul à Paris. Big Daddy (Grasset 2015) est un thriller social dont l’action se situe dans l’Amérique profonde, portrait d’un pervers criminel et grandiloquent qui prend pour fiston un gamin des rues, et d’une avocate de la grande bourgeoisie irano-américaine. Son dernier roman Les putes voilées n’iront jamais au Paradis ! donne la voix aux prostituées assassinées en Iran8.
Elle est passionnée d’échecs. Ses ouvrages sont traduits en plusieurs langues. Elle a écrit de nombreux articles ou tribunes dans les journaux.
Elle demande que l’Union européenne reconnaisse la fatwa (incitation au meurtre) comme un acte criminel et engage des poursuites internationales contre ceux qui décrètent des fatwas. » Chahdortt Djavann, Le Figaro, 18 février 2008.

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4 Commentaires

  1. jacko Lévy

    6 novembre 2018 at 21 h 13 min

    les manuels de Lagarde et Michard

    16 ieme et 17 ième siècle pour le premier tome
    et
    18 eme et 19 eme siècle pour le deuxième tome….

    souvenirs! souvenirs! c’était autrement plus séduisant que la daube qu on sert aux mômes aujourd’ hui. 😆

    j’ ai suivi l’ emission emouvante et si réaliste!

  2. vrcngtrx

    7 novembre 2018 at 13 h 09 min

    comme quoi il y a des moments où l’on peut encore se dire que la femme est l’avenir de l’homme (au sens humanité)

    • Alice

      7 novembre 2018 at 14 h 30 min

      exact elle est magnifiquement intelligente

  3. Yaacov

    8 novembre 2018 at 17 h 12 min

    Bravo vous méritez d’être aimée

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