À Besançon, le prix à la pompe comme (nouveau) prétexte à l’antisémitisme
C’est un automobiliste de la capitale comtoise qui a donné l’alerte, écœuré par ce qu’il venait de découvrir. « Ce matin, je me suis arrêté à la station ‘Avia’ de la rue de Vesoul pour prendre un peu d’essence. Quelle ne fut pas ma surprise, quand j’ai aperçu un sticker aux relents nauséabonds qui avait été apposé à même les pompes ». Le document, anonyme, expose en effet le slogan « c’est cher – merci Israël », avec pour fond le drapeau national du pays, mais, surtout, l’adjonction d’un personnage reprenant les pires stéréotypes antisémites se frottant les mains. « J’ai photographié cette horreur afin de prévenir plus largement mes cercles et réseaux, qu’on ait désormais toutes et tous la vigilance et la réaction d’arracher cette propagande infecte ».
À ce stade, l’intéressé n’a pas relevé d’autres exemplaires et ne sait pas depuis combien de temps celui-ci est visible. Mais, en lien avec les bouleversements géopolitiques, amalgames, conspirationnisme et dérives haineuses se sont multipliés, y compris au sein de milieux dits « de gauche ». Comme lors de la « marche des solidarités » le 15 mars dernier, où deux individus, se réclamant du groupuscule « Palestine Amitié », distribuaient des imprimés, avant d’être exfiltrés par les participant·e·s ; car leurs écrits, loin de se limiter à une dénonciation des attaques états-uniennes, appelaient surtout à rejoindre leurs rassemblements du samedi tout en exhortant à « la victoire du gouvernement iranien » et en louant « l’axe de la résistance ».
En parallèle, les obsessions de la mouvance « nationaliste révolutionnaire » ne faiblissent pas. Engagé·e·s à la marche du « Comité du 9 Mai », membres des « Vandal Besak » et « Vandal Lons » balaient ainsi la campagne au rythme de leurs couleurs, martyrs et « croix celtiques ». Les opérations nocturnes s’étant inscrites jusqu’à Besançon, avant une parade parisienne elle aussi riche en références néonazies. Mais, là encore, les réflexes populaires et spontanés des habitant·e·s ont été plus forts, ces affiches litigieuses ayant été nettoyées, quelques heures après leur apparition, selon la formation antifasciste « la Nuée ». Alors que les procédures pénales en la matière piétinent, c’est peut-être ici la meilleure réponse face aux phénomènes.
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Illustration d’en-tête : Aperçu du visuel antisémite, retrouvé sur une station essence « Avia » à Besançon.
Source
happywheels
