Attaque islamiste de Romans-sur-Isère : la pandémie n’arrêtera pas les attentats… bien au contraire

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L’Etat islamique, dans sa propagande en ligne, incite ses combattants à multiplier les attaques pendant que les gouvernements et armées sont occupées à gérer l’épidémie de Covid-19.
Atlantico : Un homme a tué deux personnes et en a blessé quatre autres lors d’une attaque au couteau perpétrée ce samedi matin dans le centre de Romans-sur-Isère. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête. L’idée d’une attaque au couteau peut sembler étonnante, en cette période de confinement. Mais c’est une stratégie prônée récemment par l’Etat islamique dans sa propagande. Pourquoi cette période de crise est-elle propice à des attentats ?
Claude Moniquet : D’abord, il faut se souvenir que, d’une certaine façon, les djihadistes, qu’ils soient de l’Etat Islamique, d’al-Qaïda ou d’une autre mouvance, ne vivent pas dans le même « espace-temps » que nous. Ce qui nous semble logique et important ne l’est donc pas toujours pour eux. Je prendrai un exemples : après le 11 septembre 2001, pendant des années, nous avons spéculé sur la possibilité d’attaques-anniversaires à la même date. Et il n’y en a jamais eu. Simplement parce que cette idée de date anniversaire ne leur parlait pas. On perçoit très bien cette différence d’approche dans la dialectique de l’EI qui fait référence, sans cesse, aux « Croisés » ou à des batailles menées par le prophète et ses compagnons au début de l’expansion de l’islam. C’est un peu comme si nous, en France, nous rappelions Crécy ou Azincourt quand nous commentons l’attitude britannique vis-à-vis de l’Union européenne. Ces gens sont relativement imperméables à la « dictature de l’actualité » et réfléchissent en termes d’opportunités. Or il est incontestable que, d’une certaine façon, la période actuelle est intéressante pour eux. D’abord parce que nos forces de sécurité sont totalement mobilisées dans le soutien aux politiques de confinement et ensuite parce qu’ils estiment que, le moral des Européens étant très bas, un coup frappé par ci par là peut achever de le détruire et saper la cohésion de nos sociétés. L’EI soulignait d’ailleurs, textuellement, ces deux points dans le numéro d’al-Naba (son principal hebdomadaire online), diffusé le 19 mars, l’Etat Islamique y expliquait, dans un éditorial que « la pire chose dans cette crise, pour « l’Ouest » était de souffrir de « nouvelles attaques à Paris, Londres, Bruxelles et ailleurs ». On ne peut être plus clair.
L’attaque de Romans-sur-Isère n’a pas encore été revendiquée, mais on peut noter que les attaques de l’EI ne baissent dans aucune partie du monde. L’organisation est-elle totalement insensible à la crise, au niveau opérationnel ?
Nous verrons si l’EI revendique plus tard, ce qui est possible. Mais de manière générale quand ils revendiquent, c’est qu’il y a un lien, même ténu, entre l’auteur des faits et l’organisation, par exemple une prestation de serment avérée (en général sur vidéo) émise par l’auteur. Ou encore une lettre ou une revendication où il dit avoir agi pour marquer son adhésion aux thèses de l’EI. Tout cela existe peut-être mais l’enquête, qui ne fait que démarrer, ne l’a pas encore révélé. Il est tout à fait possible que nous soyons en face de ce que j’appelle un « djihadiste non-aligné », à savoir un homme motivé par l’idéologie djihadiste ou ayant agi sous l’influence de sa propagande, mais n’appartenant pas formellement à une organisation. Maintenant pour répondre clairement à votre question, l’EI a diffusé, à plusieurs reprises des consignes très précises sur la manière de se protéger contre la contamination, mais non, ses activités opérationnelles n’ont pas été affectées. Au contraire, elle a multiplié ses attaques, ces dernières semaines, partout dans le monde, et surtout au Sahel et en Afrique de l’ouest ou centrale ou en Afghanistan. L’EI entend bien profiter de la désorganisation induite par la pandémie et peut nourrir, de surcroît, l’espoir que celle-ci va faire chavirer les gouvernements fragiles de certaines régions. Une analyse qui est d’ailleurs partagée par le Quai d’Orsay. Ce risque est d’autant plus grand qu’on imagine mal, dans les circonstances actuelles, la France ou un autre pays monter une opération de grande envergure pour soutenir les régimes menacés. Ce désordre lui serait, évidemment, très favorable.
Il a été rapporté que l’Etat islamique avait demandé à ses combattants d’éviter les zones touchées par le coronavirus. Est-ce vraiment le cas ?
Ce point manque de clarté. Il y a bien, dans le numéro 225 d’al-Naba, une consigne qui semble aller dans ce sens, mais en même temps, les appels à l’action ont été multipliés, on peut donc parler d’injonction contradictoires. Par ailleurs n’oublions pas que les djihadistes engagent, le plus souvent, leur vie quand ils passent à l’action. Rappelez-vous de ce leitmotiv : « Nous aimons la mort comme vous aimez la vie ». Il faut le prendre au pied de la lettre : le risque de la mort n’a jamais dissuadé le passage à l’acte. L’EI ne souhaite pas être affaiblie par la pandémie mais s’il faut affronter celle-ci pour frapper, le problème disparait puisque, de toute façon, le djihad est un sacrifice personnel « sur le chemin d’Allah ». Donc, soyons lucides : la pandémie n’arrêtera par le djihad. Bien au contraire.
SOURCE :
https://www.atlantico.fr/decryptage/3588571/attaque-islamiste-de-romans-sur-isere–pourquoi-la-pandemie-n-arretera-pas-les-attentats–bien-au-contraire-claude-moniquet


Claude Moniquet, né le 3 mars 1958 à Bruxelles (Belgique), est un homme politique1 libéral-conservateur2, président du parti politique LiDem3, ancien journaliste belge, notamment à L’Express et au Quotidien de Paris, et ancien agent de renseignement de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), particulièrement en Europe de l’Est et dans les Balkans. Il fut aussi journaliste à Ciné-Télé Revue pendant l’affaire Dutroux.
Né d’un père belge, juif pratiquant, et d’une mère française catholique, il milite dans des mouvements d’extrême-gauche jusqu’à l’âge de 19 ans. Quelques années plus tard, il part vivre deux ans en Israël dans un kibboutz.

D’abord journaliste spécialisé dans les pays d’Europe de l’Est, notamment la Pologne, il est recruté sous le pseudonyme de Sefora par l’agent de la DGSE Pierre Siramy en 1986, du fait de ses contacts avec un agent polonais – la Pologne étant, à l’époque, communiste. Il réside alors à Vienne et aurait des ennuis avec le fisc français ; l’agent Siramy, qui décrit un personnage bavard et vaniteux, porté sur l’alcool et sur l’argent, lui propose donc une aide financière : « Suite à son acceptation devant cette aide tombée du ciel, voilà Sefora ferré. Le recrutement contre rémunération, qui en fera un agent et non un honorable correspondant, est acquis… Il n’aura qu’à me signer un reçu pour que nous soyons en règle (et que je le tienne : je peux le discréditer en faisant savoir dans la profession qu’il est un agent des services français). Il en accepte le principe. […] Voilà comment j’ai recruté Claude M., dit Sefora. Nous nous sommes rencontrés depuis de manière régulière, notamment en Belgique, où il a déménagé. Tout aussi régulièrement, l’intéressé a reçu de ma part des sommes d’argent prises sur les fonds spéciaux. Il ne m’a jamais donné de mauvais tuyaux et un rapport de confiance s’est lentement et sûrement établi.» Autre élément d’importance révélé par l’ancien agent Pierre Siramy, Claude Moniquet aurait aussi pris contact avec les services américains et israéliens : « Il assure avoir noué des relations avec un Américain, membre de la CIA, un certain Kaskett, et avec l’ambassade d’Israël. Son correspondant, sûrement un membre du Mossad, lui a donné un numéro d’alerte en cas de menace terroriste contre les intérêts israéliens. Le voyage comme le beaujolais n’auront pas été inutiles6.»
Jusqu’au début des années 2000, Claude Moniquet cumule donc les emplois de journaliste et d’agent de renseignement.
Il est le cofondateur et directeur de l’European Strategic Intelligence and Security Center société d’analyse stratégique et d’intelligence économique basée depuis 2002 à Bruxelles.

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3 Commentaires

  1. Georges Kabi

    6 avril 2020 at 11 h 47 min

    Je ne commenterais que l’article sur Claude Moniquet.
    Pour comprendre un peu plus l’Islam, on oublie trop souvent que cette religion est primitivement la religion des commercants, comme le Kudaisme est la religion des agriculteurs et le Christianisme celui de pecheurs.
    Pour commercant, la date n’a aucune importance car il ne peut l’exploiter a son profit. Pour un caravanier, et Mahomet etait un caravanier, tout comme La Mecque etait un pivot des caravanes ou ils dechargeaient leurs marchandises, se reposait et prenait une nouvelle cargaison, le temps mesure n’avait aucun avange: il y a du soleil le jour et pas de soleil la nuit.
    En plus, et pour mieux comprendre, l’annee musulmane est l’annee lunaire, et donc il y a chaque annee un retard d’une dizaine de jours par rapport a l’anne solaire.En consequence, le Ramadan, l’un de 5 piliers de la foi islamique tombe n’importe quand dans le calendrier solaire justunien employe par les orthodoxes chretiens ou gregorien employe par les catholiques et les protestants.
    Ainsi le Ramadan, cette annee, tombera le lendemain de la fete de Paque ( sans « s » car juive). L’an prochin il tombera probablement a la fin de l’ete et donc l’anniversaire n’a aucun sens pour un Musulman. Alors, si on est en guerre, le Musulmann se refera-t-il aux victoires passees, sans avoir la moindre notion de ses dates. C’est une des raisons pourqui le Coran est ordonne selon la longueur de la sourate (du plus petit au plus long) car il ne se veut pas etre une historiographie, le temps n’etant pas une dimension (c’est la raison pourqui Einstein’etait pas musulman). Plus meme, et un non-musulman ne relevera pas ces soi-disantes contradictions, par exemple Marie, la mere du prohete musulman Issa (= Jesus) est aussi la Myriam soeur du prophete Moussa *(Moshe), etc, etc…
    Si bien qu’il est tres difficile a un service de renseignements de pouvoir predire la date d’une future attaque islamique.

    • roni

      6 avril 2020 at 16 h 11 min

      Georges Kabi
      predire la date d une future attaque islamique peut etre mais quand on connait la logistique de chez eux et leur logique on peut avoir les lieux.
      ex ATTENTAT DE ROMAN SUR ISERE il y a eu une logistique le samedi 7 nov 2019 dans cette ville ainsi a Roman sur Isere
      le terroriste connait ces deux villes….

  2. roni

    6 avril 2020 at 16 h 39 min

    la deuxieme ville c est Arnonay proche de Morais en Vallois
    le terroriste habitait a Morais en Vallois..

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