Clichy-sous-Bois : Un islamiste condamné à 15 ans de prison pour un projet d’attentat, son frère acquitté

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La cour a aussi condamné à 17 ans de réclusion leur cousin, accusé de complicité depuis sa cellule de prison.
Deux frères étaient soupçonnés d’avoir voulu fabriquer des explosifs pour un projet d’attentat en Seine-Saint-Denis en 2017 : vendredi, la cour d’assises spéciale de Paris a condamné l’un à 15 ans de prison et acquitté l’autre. La cour a aussi condamné à 17 ans de réclusion leur cousin, accusé de complicité depuis sa cellule de prison, tout comme l’un de ses codétenus, condamné à 10 ans.
Les quatre accusés ont contesté tout projet d’action violente pendant les cinq jours de leur procès pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et, pour certains, « transport » et « détention d’éléments destinés à composer un engin explosif ». Lors d’un contrôle de routine en janvier 2017, des policiers avaient trouvé, dans le placard électrique d’un immeuble de Clichy-sous-Bois, des produits et du matériel pouvant entrer dans la composition du TATP, un explosif artisanal prisé des djihadistes du groupe État islamique.

Acétone, acide sulfurique, thermomètre, plaque d’aluminium… Sur ces objets, les profils génétiques de Mohamed et Amar-Islam B., qui habitaient l’immeuble, avaient été identifiés. Les enquêteurs avaient rapidement mis au jour des échanges entre Mohamed, le plus jeune des frères, et son cousin, alors en détention provisoire pour financement du terrorisme. Ils participaient à des discussions sur l’application cryptée Telegram, dans lesquelles apparaissaient des vidéos appelant au « djihad individuel » et des tutoriels pour réaliser des explosifs.
Le procès a mis au jour « deux cellules », a estimé dans ses réquisitions l’avocate générale, la « cellule familiale » et la « cellule carcérale ». « Au sein de ces deux espaces clos, mais en réelle communication, a germé un projet terroriste », a-t-elle assuré. La cour a suivi ses réquisitions concernant Mohamed B. De nombreuses images de propagande de l’EI avaient été retrouvées dans les affaires de cet homme de 23 ans, qui a reconnu avoir voulu fabriquer des explosifs mais « par curiosité », sans « intention malsaine ».
Mohamed B. « n’est en guerre contre personne, il n’a pas d’ennemi », avait assuré son avocat Florian Lastelle, pour qui son client s’est « laissé entraîner » dans une « fiction » qu’il ne « maîtrisait pas ». Son frère Amar-Islam B., 25 ans, a cependant été acquitté: il n’avait pas participé aux conversations Telegram et son ADN n’avait été retrouvé que sur certains objets. Le parquet avait reconnu qu’il était « plus en retrait » mais avait requis 10 ans de prison contre lui. « Il n’a rien à faire dans ce dossier », avait plaidé son avocate, Adélaïde Jacquin.

Leur cousin Ouassini B., avec qui les deux frères ont grandi, a écopé d’une peine plus lourde que les 16 ans requis par le parquet. Il était détenu après une condamnation en 2018 à 7 ans de prison pour avoir aidé financièrement des départs en Syrie. Contestant son rôle de « mentor », son avocat avait critiqué les « failles » et les « raccourcis » de l’instruction.
Le quatrième accusé, son ancien co-détenu Fritz-Joly Joachin, a écopé de dix ans de prison. L’avocat de cet homme de 33 ans, condamné en 2017 à 7 ans de prison pour un départ avorté en Syrie, avait demandé l’acquittement. Un quatrième membre de cette famille, le petit frère de Ouassini B. alors âgé de 15 ans, a été condamné en octobre 2019 par la justice des mineurs à 5 ans de prison dont 2 avec sursis.
Source :
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/un-homme-condamne-a-15-ans-de-prison-pour-un-projet-d-attentat-son-frere-acquitte_2117018.html

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