INFO EUROPE 1 – Famille juive intoxiquée à Levallois : retenant le caractère antisémite, le parquet requiert 4 ans de prison ferme contre l’ex-nourrice

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Jugée en appel pour avoir tenté d’empoisonner les membres d’une famille juive à Levallois en janvier 2024, une ancienne nourrice de 42 ans était rejugée ce mardi après-midi devant la cour d’appel de Versailles. Le parquet a requis quatre ans de prison ferme à son encontre, avec maintien en détention et interdiction définitive du territoire français, estimant les faits d’une « exceptionnelle gravité » et plaidant pour la reconnaissance du caractère antisémite.
L’affaire avait profondément marqué l’opinion publique. En janvier 2024, une mère de famille déposait plainte après avoir constaté des altérations inquiétantes dans plusieurs produits de son domicile : vin au goût de détergent, démaquillant provoquant des brûlures oculaires, jus de raisin dégageant une odeur de javel, ou encore des aliments au goût suspect.
À chaque fois, un point commun : la présence récente de la nourrice, seule personne extérieure à avoir fréquenté l’appartement dans les jours précédents. Poursuivie pour administration de substance nuisible avec circonstance aggravante d’antisémitisme, ainsi que pour usage de faux documents, une fausse carte d’identité belge utilisée pour être embauchée, l’ancienne nourrice, âgée de 42 ans et de nationalité algérienne, a comparu ce mardi après-midi devant la cour d’appel de Versailles.
« Une affaire d’une exceptionnelle gravité »
À l’audience, l’avocate générale a requis quatre ans de prison ferme, assortis d’un maintien en détention, ainsi qu’une interdiction définitive du territoire français. Des réquisitions plus sévères que la peine initiale, justifiées selon elle par une « mauvaise qualification » retenue en première instance.
En première instance, elle avait été condamnée à trois ans de prison, dont deux ans et demi ferme. Mais le tribunal n’avait pas retenu le caractère antisémite des faits, une qualification que le ministère public a jugée aujourd’hui essentielle. Elle décrit une affaire « d’une exceptionnelle gravité » et affirme n’avoir « jamais vu des faits d’une telle nature ».
Selon le parquet, plusieurs éléments accréditent la circonstance aggravante d’antisémitisme : des propos tenus avant, pendant ou après les faits, des recherches sur la religion juive, ainsi que des publications liées au conflit israélo-palestinien retrouvées sur les réseaux sociaux de la prévenue.
Lors de son interpellation, cette dernière aurait notamment déclaré : « Parce qu’ils ont l’argent et le pouvoir, je n’aurais jamais dû travailler pour une famille juive ».
Une défense maladroite
Face à ces accusations, l’ex-nourrice nie en bloc. À la barre, elle affirme avoir été manipulée lors de sa garde à vue : « J’ai fait des aveux parce que l’enquêteur m’a poussée à le faire », déclare-t-elle, en pleurs.
Elle revient également sur une première version dans laquelle elle évoquait un « avertissement » adressé aux parents pour des raisons financières, qu’elle conteste désormais. Elle rejette toute tentative d’empoisonnement et nie catégoriquement tout mobile antisémite.
Tentant de se défendre, elle assure « respecter toutes les religions » et affirme ne pas connaître précisément la notion d’antisémitisme. Ses explications, parfois confuses, peinent à convaincre. Elle invoque également ses convictions religieuses pour écarter certaines accusations, expliquant par exemple qu’elle ne touche pas à l’alcool.
« Climat d’horreur »
Du côté des parties civiles, le traumatisme reste vif. La mère de famille décrit un « climat d’horreur » installé après les faits : produits du quotidien jetés, serrures changées, caméras installées, peur persistante d’un retour de la nourrice.
« Je dormais contre la porte, avec la poussette pour la bloquer », confie-t-elle. L’une de ses filles, ajoute-t-elle, est encore profondément marquée, ayant sombré dans le mutisme après les événements.
L’avocat de la famille rappelle également des comportements troublants, comme des questions insistantes sur la religion juive posées aux enfants ou encore des livres religieux jetés devant eux, des faits que la prévenue conteste.
La décision de la cour d’appel est attendue dans les prochaines semaines. Elle devra trancher non seulement sur la culpabilité, mais aussi sur la qualification antisémite de l’acte, au cœur de ce procès sensible.

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