Jean-Luc Mélenchon et la stratégie du fait accompli antisémite

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ÉDITO. En accusant les ministres d’être « aux ordres » du Crif, le leader de LFI reprend, sans honte, un des « classiques » de l’antisémitisme… Répugnant.
Ce sentiment qui serre la gorge, comme un nœud coulant. Jean-Luc Mélenchon est en train de gagner son pari, qui consiste à réhabiliter l’antisémitisme dans le discours politique… L’affaire du concert de LFI lors de la Fête de la musique ne doit pas passer comme cela. Ou alors ce sera une petite capitulation.
Reprenons l’histoire : LFI entend organiser un concert sur la place de la République, à Paris, au nom de l’antiracisme. Car, comme chacun sait, la République, c’est eux, et les racistes, ce sont les autres… Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, s’émeut de cette appropriation grossière, ainsi que plusieurs élus, de droite comme de gauche. Le préfet de police interdit ce concert très politique, invoquant un risque pour l’ordre public, mais le tribunal administratif rétablit l’autorisation. Cela aurait pu s’arrêter là, mais c’est ce qui s’est passé dans l’intervalle qui est ahurissant : Jean-Luc Mélenchon a accusé le préfet de police d’avoir agi « à la demande du président du Crif Yonathan Arfi, et du maire PS de l’arrondissement Paris Centre », Ariel Weil. Le chef de LFI est allé encore plus loin : « Le Crif, c’est un machin d’extrême droite où tous les ans tous les ministres défilent pour aller bouffer. […] Ils vont tous là-bas et ils sont aux ordres. »
On dirait du Édouard Drumont, l’auteur de l’ignoble best-seller intitulé La France juive, paru en 1886, dans lequel il écrivait que « c’est le Juif, si méprisé en Orient, qui maintenant gouverne et commande en France ». Plus tard, dans Le Testament d’un antisémite, Drumont ajoutait ceci, pointant les gouvernements : « Qu’est-ce qui gouverne ? Sont-ce les pauvres fantoches dont la seule préoccupation est de se remplir la poche ? Assurément non. Quel est le vrai maître ? C’est le Juif. C’est le Juif qui tient tout dans ses mains. »
Ce trope du pouvoir occulte des Juifs est l’un des classiques de l’antisémitisme. Après Drumont, on le retrouve dans les Protocoles des sages de Sion, célèbre faux publié en 1903 en Russie, et dont la postérité fut notamment entretenue par Hitler, qui les cite dans Mein Kampf, puis par le Hamas, qui les loue dans sa charte de 1988.
Jean-Luc Mélenchon, qui a un peu de culture, et même beaucoup plus que la moyenne, ne peut ignorer le sens de ses mots. Tout cela participe évidemment de la longue dérive de LFI, brillamment documentée par le livre plaidoirie de Richard Malka, Passion antisémite.
Sauf que cette dernière éruption n’est pas qu’un épisode de plus, elle est déjà presque une revendication. Car nombreux étaient ceux qui pensaient que Jean-Luc Mélenchon s’adoucirait à l’approche de la campagne présidentielle, qu’il se ferait plus rassembleur. Manifestement pas tant que cela, en tout cas pas avec les Juifs.
Sa stratégie, assez transparente, consiste à cibler par ce biais ceux qu’il juge réceptifs – plaquant sur eux ses propres préjugés –, c’est-à-dire la population des banlieues. Un raisonnement non seulement cynique mais aussi raciste, comme l’écrit justement Sophia Aram. Jean-Luc Mélenchon aura donc réussi l’exploit de reprendre le flambeau de Jean-Marie Le Pen à la fois sur l’antisémitisme et sur le racisme…
Il demeure toutefois une vraie différence entre eux : le prix politique et médiatique à payer n’est plus si élevé que cela. Il y a bien eu quelques protestations après ses déclarations, mais finalement tout se termine bien pour les Insoumis. Leurs ronds de serviette sur les plateaux de télévision sont toujours garantis par les règles de l’Arcom et, de toute façon, beaucoup, dans les élites politico-médiatiques, n’ont plus envie de se battre et préfèrent changer de sujet.
Il faut pourtant refuser de changer de sujet ! Pour mille raisons, et parmi elles, celle-ci : « Mort aux Juifs, aujourd’hui ! Mort à qui, demain ? » demandait Clemenceau, ennemi juré de Drumont. Le retour de l’antisémitisme en politique est un poison mortel pour la France, comme pour l’idée que l’on se fait de la civilisation. Et regarder ailleurs ne nous sauvera pas.
SOURCE
Le Point

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2 Commentaires

  1. David 92 dit :

    Il faut l’enfermer cette ordure.

  2. V dit :

    « au nom de l’antiracisme »
    Comment ce fd[autocensure] peut-il être autorisé à mettre les pieds au Panthéon pour l’hommage à Marc Bloch s’il n’est pas un pion d’opposition contrôlée placé par le système ?
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    Hey Danièle et Rokhaya, dés que vous en avez l’occasion giclez à coups de pied dans les burnes ce vieux débris et ses sbires suprémacistes blancs qui profitent et s’embourgeoisent sur le dos des immigrés (posez-vous la question de pourquoi il est régulièrement mis à l’honneur – malgré les critiques de façade – par E&R et DP) …
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