Mélenchon, le cynisme tranquille

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Dans sa lettre sur la Nouvelle-Calédonie, Mélenchon reproche à Valls sa proximité avec l' »extrême droite israélienne ». Mais que vient faire ici Israël ?
PAR ÉTIENNE GERNELLE

On la lit, on la relit, et on n’en croit pas ses yeux. Jean-Luc Mélenchon a écrit une lettre pour annoncer son départ de la mission d’information parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie. Le motif ? Manuel Valls en devenait le président. Soit. La missive du patron de La France insoumise est un amoncellement d’injures. Grand bien lui fasse. Le problème, c’est que son propos est aussi garni de références ambiguës. Il accuse notamment l’ancien Premier ministre d’avoir rencontré des responsables de l’« extrême droite israélienne ». On cherche, et on ne trouve pas le rapport entre la Nouvelle-Calédonie et Israël. Il y a bien ce qualificatif d’« extrême droite », mais personne n’a jamais entendu Manuel Valls réclamer l’annexion de la Cisjordanie ou l’expulsion des Arabes israéliens. Surtout, il semble qu’il ait parlé à des dirigeants politiques de tous bords dans le pays. Alors on se demande : est-ce plutôt Israël, le sujet de cette admonestation ?
La remarque du leader des insoumis est tellement incongrue dans ce contexte qu’elle ressemble furieusement à un clin d’œil. A qui ? À cette partie de l’extrême gauche si compréhensive avec les islamistes et si prompte à se saisir de sujets qui concernent Israël. Cette extrême gauche qui brandit facilement le drapeau de l’antisionisme. Or l’antisionisme, dans le spectre politique d’aujourd’hui, n’est pas une bannière anodine. Tout simplement parce que nul n’en connaît précisément la limite. Faut-il y voir une critique du gouvernement israélien (et, dans ce cas, quel besoin d’utiliser ce « label » ?) ou bien, au sens plus littéral, une position de principe contre le mouvement sioniste, qui a conduit à la création de l’État d’Israël en 1948 ? Arrêtons de faire l’autruche : oui, l’antisionisme sert à notre époque très souvent de paravent à l’antisémitisme.
C’est pourquoi la petite allusion de Mélenchon est accablante. Sa culture, son intelligence et la richesse de son vocabulaire empêchent de penser qu’il s’agit d’un hasard ou d’une maladresse. Et comme personne n’imagine une seconde qu’il puisse lui-même avoir succombé à ces tristes passions, il est probable qu’il s’agisse ici d’un calcul politique. Ce qui n’est pas beaucoup mieux. Valls le gêne-t-il dans son offensive généralisée sur la gauche ? Veut-il s’assurer le soutien de certaines franges de son électorat ? Mystère. Mélenchon est un expert reconnu en billard électoral. Mais ce coup-là n’est vraiment pas glorieux.
SOURCE :
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/etienne-gernelle/etienne-gernelle-melenchon-le-cynisme-tranquille-12-10-2017-2163893_782.php

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2 Commentaires

  1. daniel. Danielle

    12 octobre 2017 at 10 h 58 min

    Mélenchon est une pourriture d arriviste comme tous les politiques d ailleurs, prêt à tout pour récupérer même un électorat antisémite et fascisant !!!

  2. daniel. Danielle

    12 octobre 2017 at 11 h 00 min

    D ailleurs, la france insoumise n est qu un ramassis de racailles et d ordures de tout genre !!!
    Que des haineux et des mauvais !!!

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