Yossi Cohen dit que des agents du Mossad opèrent en Iran, « sans intermédiaires »
Dans des enregistrements obtenus par Haaretz, l’ancien chef du Mossad évoque une normalisation possible avec Riyad en « contournant la question palestinienne »
L’ancien directeur du Mossad, Yossi Cohen, a livré un aperçu inhabituellement ouvert des activités secrètes d’Israël en Iran ainsi que des efforts diplomatiques en cours avec l’Arabie saoudite, dans des enregistrements d’une conférence à huis clos obtenus par le quotidien Haaretz.
Dans l’enregistrement audio, publié jeudi, Cohen affirme que des agents du Mossad opèrent directement sur le sol iranien. L’Iran n’est « pas un endroit où nous opérons indirectement », dit-il dans l’enregistrement. « Nous allons sur place pour recruter et recueillir des renseignements. »
Cohen a quitté la direction du Mossad en 2021 après cinq ans à la tête de l’organisation, mais il aurait continué à travailler en coulisses, notamment dans le cadre des négociations sur les otages après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023.
Dans l’enregistrement, qui selon Haaretz a été réalisé au cours des derniers jours, Cohen fait référence aux déclarations publiques du président américain Donald Trump sur la destruction des sites nucléaires iraniens pendant la guerre de douze jours du mois de juin. « Trump a parlé de ‘démantèlement total’. Je dirais que si ce n’est pas un démantèlement total, c’est au moins, et ce n’est déjà pas rien, un arrêt très substantiel. »
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Il a également averti que Téhéran conservait toujours une capacité atomique, affirmant que « le régime iranien n’avait pas renoncé à ses ambitions nucléaires ».
L’ancien chef du Mossad évoque également la voie diplomatique avec Ryad, décrivant ses rencontres avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lorsqu’il dirigeait les services de renseignement israéliens.
« Un accord de paix avec Israël est possible, avec notamment une manière de contourner la question palestinienne », déclare Cohen au sujet des efforts de normalisation, laissant entendre que la politique intérieure saoudienne pourrait permettre un accord qui retarderait ou mettrait de côté une résolution immédiate de la question israélo-palestinienne.
L’Arabie saoudite insiste sur la nécessité d’une voie crédible vers un État palestinien comme condition à l’établissement de relations officielles avec Israël, une exigence rejetée par le gouvernement israélien. Netanyahu a déclaré dans une interview la semaine dernière qu’il « n’y aura pas d’État palestinien », même si cela devait faire échouer la normalisation avec Ryad.
Ces propos ont été tenus alors que Washington se préparait à conclure un important contrat d’armement avec l’Arabie saoudite, comprenant notamment des avions de chasse F-35, un développement qui suscite un débat en Israël sur la préservation de son avantage militaire qualitatif.
Cohen a longtemps été considéré comme un proche de Netanyahu, même si ces derniers mois il a critiqué publiquement le Premier ministre, suggérant qu’il était temps pour lui de quitter ses fonctions.
Dans une interview accordée à N12 en septembre, Cohen a déclaré que Netanyahu « avait accompli beaucoup de choses porté par une conviction profonde de servir le bien d’Israël… mais qu’à l’heure actuelle, un changement était nécessaire » et que le Premier ministre « ne pouvait pas unifier » Israël comme il le fallait.
Cohen avait fait ces remarques une semaine après avoir déclaré que « pour qu’un véritable changement se produise, je devrais être Premier ministre ».
S’adressant à un public à New York le mois dernier, l’ancien directeur du Mossad a toutefois affirmé qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections.
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Le président américain Donald Trump (à droite) serrant la main du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors d’un dîner officiel dans la salle Est de la Maison Blanche, à Washington, le 18 novembre 2025. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
L’Arabie saoudite insiste sur la nécessité d’une voie crédible vers un État palestinien comme condition à l’établissement de relations officielles avec Israël, une exigence rejetée par le gouvernement israélien. Netanyahu a déclaré dans une interview la semaine dernière qu’il « n’y aura pas d’État palestinien », même si cela devait faire échouer la normalisation avec Ryad.
Ces propos ont été tenus alors que Washington se préparait à conclure un important contrat d’armement avec l’Arabie saoudite, comprenant notamment des avions de chasse F-35, un développement qui suscite un débat en Israël sur la préservation de son avantage militaire qualitatif.
Cohen a longtemps été considéré comme un proche de Netanyahu, même si ces derniers mois il a critiqué publiquement le Premier ministre, suggérant qu’il était temps pour lui de quitter ses fonctions.
Dans une interview accordée à N12 en septembre, Cohen a déclaré que Netanyahu « avait accompli beaucoup de choses porté par une conviction profonde de servir le bien d’Israël… mais qu’à l’heure actuelle, un changement était nécessaire » et que le Premier ministre « ne pouvait pas unifier » Israël comme il le fallait.
Cohen avait fait ces remarques une semaine après avoir déclaré que « pour qu’un véritable changement se produise, je devrais être Premier ministre ».
S’adressant à un public à New York le mois dernier, l’ancien directeur du Mossad a toutefois affirmé qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections.
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