Affaire Sarah Halimi : le « vivre-ensemble » ne doit pas servir d’alibi au silence

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Par Bruno Lévy.
Quelque chose d’inquiétant est en train de se passer en France ; cela a commencé avec l’absence de dénonciation médiatique du caractère antisémite de l’assassinat de Sarah Halimi, et continue maintenant avec cette censure par ARTE d’un film sur les nouvelles formes de l’antisémitisme en Europe.
Au nom d’un impératif de « vivre ensemble », on cache des informations qui dérangent car elles font sortir de sa zone de confort.
Il existe deux manières de considérer le vivre ensemble, l’une fondée sur la liberté, et l’autre fondée sur la contrainte.
Le vivre-ensemble bien compris
La première consiste à dire que le vivre ensemble ne peut être que le résultat émergent, et jamais assuré, d’échanges libres entre des hommes, par lesquels ceux-ci apprennent, parfois, à se connaitre et se respecter. Dans cette vision du monde, la possibilité de conflits entre les hommes n’est pas exclue.
Elle est certes déplorable mais n’est que le résultat du fait que chacun a des frontières (« boundaries ») différentes, qui souvent s’empiètent, sont très mal négociées, etc.
L’important dans cette perspective c’est que les gens souffrent lorsqu’ils sont en conflit ce qui, sauf intervention extérieure, (venant en fait amplifier le conflit par exemple en réduisant artificiellement la souffrance d’une des parties), tend à inciter les conflits à se résoudre, même si cela ne fonctionne pas.
Le vivre-ensemble comme impératif moral
La seconde consiste à dire que le vivre ensemble est un impératif moral. C’est la version « autoritaire » du vivre ensemble. La perception sous-jacente, qui n’est pas fausse, est que rien ne se résout finalement par le conflit. La violence étant en soi considérée comme mauvaise, il y a en effet beaucoup à apprendre à ne pas s’y engager.
Et chacun peut évidemment comprendre cette opinion ; après tout, qui n’a pas fait l’expérience de la maturité comme une manière de conquérir tout ce qu’il y a d’impérieux en soi ? Qui ne s’est pas vu soi même, malheureusement, ou d’autres, engagés dans des combats futiles, recourir à la violence là où elle n’est pas nécessaire, voire en fait contre-productive ?
Mais les partisans du vivre ensemble poussent un peu loin la généralisation de cette expérience individuelle, et commencent à considérer tous les conflits comme des signes d’immaturité des deux parties. Le conflit ne devient plus à leurs yeux un processus ayant une cause, mais comme un mal. Dans cette vision des choses, il importe peu de savoir qui a initié le conflit, l’important est de faire en sorte qu’il cesse à tout prix.
En conflit avec le conflit
La plupart de ceux ayant cette perception ne se rendent pas compte qu’en traitant les conflits ainsi ils deviennent acteurs / participants à la violence qu’ils condamnent. Car ils ne réalisent pas qu’eux mêmes sont en conflit avec le conflit.
Cela peut sembler un peu trop subtil, mais il suffit d’observer la position des pacifistes, qui, avant guerre, ont préféré pactiser avec l’Allemagne (au nom d’un plus jamais ça ) plutôt que d’accepter que l’Allemagne hitlérienne était, en elle même, une cause propre et singulière de violence qu’aucune pacification ne pouvait atténuer.
Il ne fait aucun doute que leur pacifisme fut plus une fuite (immorale) devant la douleur d’un conflit avec l’Allemagne. Leur plus jamais la guerre les a aveuglé pour les transformer en complices du mal absolu…
Une cause qu’il faut combattre
Il devient de ce fait très difficile de faire la différence entre cette condamnation catégorique de tout conflit et l’immoralité de ne pas vouloir sortir de sa zone de confort pour reconnaître que parfois la violence a une cause qu’il faut combattre.
Alors oui, quand est annulé un documentaire sur l’antisémitisme en Europe, cette dénonciation pouvant conduire à s’interroger sur une forme d’antisémitisme musulman, quand est faiblement dénoncé le crime antisémite consistant à défenestrer une personne en la traitant de « sale Juive » toute en criant « Allah Ouakbar », on est juste en train de défendre sa petite zone de confort.
Et on participe, de façon très autoritaire, à cette même violence qu’on s’illusionne de vouloir atténuer. Et en fait on l’amplifie : qui peut garantir que ce lâche silence ne se répètera pas ?
Tout cela fait penser à cette fantastique citation de Michel Foucault :
Comment et dans quelle mesure l’obligation de vérité, le «s’obliger à la vérité», et par le «dire-vrai», dans quelle mesure cette obligation est-elle en même temps l’exercice de la liberté… et l’exercice le plus haut de la liberté ?
Michel Foucault (Le gouvernement de soi et des autres, Cours au collège de France, 1982-1983, leçon du 12 janvier 1983)
Entre la vérité et la paix il faut préférer la vérité. Car, ultimement, peut-il y avoir vivre ensemble sans vérité ?
Source :
https://www.contrepoints.org/2017/06/17/292290-immoral-de-faire-vivre-ensemble-imperatif-moral

happywheels

6 Commentaires

  1. CHARLES dit :

    C’est trop long, trop intellectuel cette explication…je vais faire plus simple en quelques lignes :
    Le Vivre ensemble devant avoir la seule base du respect du Pays et de son autochtone . s’adapter aux us et coutumes, à la façon de vivre de ce Pays d’accueil pour que ne soit un écueil !. Pour que soit, je pense qu’il aurait fallu totalement interdire le vestimentaire religieux ou pas autre que le vestimentaire du Pays en l’occurrence la France , perso je n’aurai pas autorisé la construction de mosquées ni même la religion qui va avec … incompatible à toutes autres religions et lieux de vie … bref pas la peine de se déguiser en musulman pour aller prier…est-ce que les catholiques mettent la soutane et se déguisent en religieuses … Pour bien se sentir dans la peau d’un Français, il faut commencer par s’assimiler à lui …qu’est-ce ces quartiers et bientôt des villes entières ou on se croirait en Algérie, Tunisie, Maroc ou au Sénégal … comment imaginer un vivre ensemble sans les Français de souche , le Français ne pouvant pas tenir longtemps en ce contexte et préfère quitter les lieux et laisser la place au futur ghetto se rajoutant aux autres et petit à petit gangrener le Pays zone par zone et pourquoi pas se faire la guerre d’un village à l’autre, d’une ville à l’autre etc .. le vivre ensemble devant être imposé ou DEHORS pour les récalcitrants !. Je maintiens que le choix d’être Français devrait passer par de grandes obligations telles la renonciation de sa nationalité , ceci n’empêchant pas d’avoir droit à deux blâmes ( jamais deux sans trois!) au troisième plus de nationalité Française !. Bref, le vivre ensemble n’est pas de mater la meuf bien blanche et d’interdire qu’on mate les sœurettes … c’est tous les comportements à bannir… la priorité devant être un comportement 100% Français et si rien ne te plaît mon frère … va voir ailleurs si l’herbe et plus verte, les aides sociales meilleurs…perso je recommande fortement les 52 Pays Musulmans , car faut pas se cacher la face , ce n’est pas un Juif lequel en 30 Ans m’a brûlé deux voiture, m’a en piqué une, m’a éventré la capote de ma préféré de 34 Ans …ni même faisait parti de la horde de connards m’ayant piqué ma caisse ( pas la voiture) mais de mon commerce et m’ayant foutu la merde au point de fermer mon café concert !..bref surtout pas d’amalgame tout le monde est beau, tout le monde est gentil !. Alors vivre ensemble avec qui ?…………………

  2. VRCNGTRX dit :

    vivre-ensemble = exclusion des gaulois + mort des juifs

  3. Jacques dit :

    Perso, je viens de lire les réaction s a un article(20minutes ou un truc du genre)sur l attentat à Jérusalem et je ne m’étonne pas des « silences » ou des « hésitations » de la justice en France.
    En effet,lorsqu’on qualifie de « résistants » des terroristes islamistes du hamas par exemple,on a du mal a montrer du doigt leurs potes quand ils tuent sur le sol français.
    Sans polémiquer(tous les magistrats n approuvent évidemment pas ce mode de pensée) il serait intéressant d’e tendre les arguments concrets du juge qui souhaitait taire le motif antisémite, car tous les éléments semblaient converger vers une agression antijuifs.

  4. josué bencanaan dit :

    le vivre ensemble c’est de la merde, « ils » refusent les lois de la republique, ils nous imposent leur mode de vie, « leurs » lois et leurs coutumes.

  5. Dire que ce crime était un crime contre une femme de confession Juive, est la vérité, dire que les flics ont attendu trop longtemps dans l’immeuble est exprimer une vérité criante, ils ont hésité, et pourquoi puisque tout le monde pouvait entendre les cris de cette femme, dire que la police n’intervient pas dans des cas de violence domestique, est une vérité, dire que les voisins ont sûrement rapporté que c’était une femme seule est une vérité aussi, dire qu’ils ont entendu ou pressenti la défenestration qu’ils n’anticipaient sûrement pas, est une autre assomption, dire que le criminel a invoqué Dieu est une autre vérité, cela fait beaucoup de vérités!! La vérité est que la police et les autorités cachent la vérité des faits pour ne pas faire les frais de ce terrible crime. Or eux ne sont pas morts , ils se protègent, et la vérité c’est que ce n’est qu’une femme seule et Juive. Voilà l’horrible vérité, la France a peur des crimes racistes, bien entendu ,mais cacher la vérité de ces faits est contre nos lois et notre moralité individuelle et civique. On se doit aussi de les dénoncer et les rapporter correctement dans leur intégrale VÉRITÉ!

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