Belgique-Les vitraux antijuifs embarrassants de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule
Mercredi, dans la cathédrale Saint-Michel-et-Gudule, une nouvelle plaque sera dévoilée pour recontextualiser les vitraux qui mettent en scène une légende au fort relent anti-juif remontant au Moyen-Âge. Un encouragement à ne plus y consacrer de dévotion y sera aussi lancé.
Le primat de Belgique, Luc Terlinden, va inaugurer une plaque commémorative à la cathédrale de Bruxelles, rappelant le caractère antisémite du « sacrement de miracle ».
Ce mercredi, l’archevêque de Malines-Bruxelles, Luc Terlinden, inaugurera, à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles, deux plaques didactiques évoquant les persécutions des juifs du duché de Brabant au XIVe siècle, à la suite des accusations de profanation du Saint-Sacrement. La séance solennelle se déroulera en présence du grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui.

La pose de cette plaque à la Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule est un moment chargé de gravité, de mémoire et d’espérance. Elle n’est pas un simple geste symbolique : elle vient inscrire dans la pierre une vérité longtemps obscurcie, et reconnaître une faute historique dont les échos résonnent encore aujourd’hui. Elle engage notre regard, notre conscience, et notre responsabilité.
Car ce que cette plaque rappelle, ce n’est pas seulement un épisode lointain de l’histoire médiévale. C’est un drame humain, profond, douloureux, qui s’est déroulé ici même, sur cette terre du Brabant, en l’an 1370. Un drame où la peur et l’ignorance ont pris le pas sur la raison, où la rumeur s’est faite sentence, et où l’homme a trahi l’homme.
A cette époque, des accusations infondées de profanation d’hosties furent portées contre les Juifs de Bruxelles. Ces accusations, que l’histoire a depuis reconnues comme totalement fausses, prirent racine dans un terreau de peur, d’ignorance et de préjugés religieux. Mais ce qui aurait pu rester une rumeur devint une tragédie, une mécanique implacable où la suspicion se transforma en condamnation.
Des hommes et des femmes furent arrêtés, jugés sans justice véritable, et exécutés. Leur seul crime était d’être juifs. Une communauté entière fut ensuite expulsée du duché du Brabant, condamnée à l’exil, à l’errance, à la perte de ses racines, de ses maisons, de ses lieux de prière et de mémoire. Derrière ces faits, il y a des visages, des familles brisées, des vies interrompues.
Une blessure infligée à la dignité humaine
Ce drame ne fut pas seulement une injustice : il fut une blessure infligée à la dignité humaine elle-même. Car lorsqu’un homme est condamné non pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il est, c’est l’humanité tout entière qui est atteinte.
Et plus encore, il fut aggravé par le fait que ces accusations donnèrent naissance à des représentations, à des récits, à des symboles qui, pendant des siècles, ont nourri une vision déformée du judaïsme et ont entretenu l’hostilité envers le peuple juif. Ainsi, la mémoire de la calomnie s’est inscrite non seulement dans les faits, mais aussi dans les consciences, se transmettant parfois de génération en génération.
Un acte de vérité et de courage moral
C’est pourquoi la démarche entreprise aujourd’hui est si importante. En reconnaissant clairement que ces accusations étaient « infondées », en affirmant que ces persécutions étaient « injustifiables », et en demandant pardon au peuple juif, l’Eglise accomplit un acte de vérité et de courage moral. Elle s’inscrit dans la continuité de Nostra Aetate, qui a ouvert une ère nouvelle dans les relations entre juifs et chrétiens, et dans l’élan donné par Jean-Paul II, qui appelait à une « purification de la mémoire ».
Permettez-moi, au nom de la Communauté juive de Belgique, d’exprimer une profonde reconnaissance à Luc Terlinden, Primat de Belgique, ainsi qu’à tous ses collaborateurs. Car il faut du courage pour regarder l’histoire en face. Il faut du courage pour reconnaître que, dans le passé, des paroles, des silences ou des traditions ont pu contribuer à l’injustice. Et il faut un courage encore plus grand pour demander pardon. Ce geste n’efface pas le passé, mais il transforme l’avenir. Il ouvre un chemin de vérité, d’humilité et de fraternité. En posant cette plaque, l’Eglise catholique ne se contente pas de commémorer : elle enseigne. Elle montre que la foi véritable n’a rien à craindre de la vérité, et que la grandeur d’une institution se mesure aussi à sa capacité de se remettre en question. Pour cela, nous vous disons aujourd’hui avec sincérité : merci.
Mais précisément parce que ce geste est grand, il nous oblige. Car la mémoire ne peut être une fin en soi. Elle est un commencement, une invitation à agir, une responsabilité à porter.
Si nous nous contentons d’inscrire ces mots sur une plaque sans les inscrire dans nos consciences, alors nous risquons de transformer un acte de repentance en simple rituel. Or, l’histoire nous enseigne que la haine ne disparaît jamais d’elle-même. Elle change de visage, elle se réinvente, elle trouve de nouveaux langages, parfois plus subtils mais tout aussi dangereux.
Aujourd’hui encore, l’antisémitisme existe. Il ne prend plus toujours la forme des accusations médiévales, mais il se manifeste autrement : dans les amalgames, dans les stéréotypes, dans les discours de haine, parfois même dans l’indifférence. Et l’indifférence est peut-être la forme la plus insidieuse, car elle laisse le mal s’installer sans résistance.
C’est pourquoi notre responsabilité est immense. Dans la tradition juive, le commandement de « Zachor » – « Souviens-toi » – n’est pas un appel à la nostalgie du passé, mais une exigence tournée vers l’avenir. Se souvenir, c’est refuser que l’injustice se répète. Se souvenir, c’est transformer la douleur en vigilance, et la mémoire en engagement actif.

Merci pour cet acte fort. Nous regardons et nous nous souvenons. C’était hier et ce fut notre présent à répétition. Jusqu’à l’horreur absolue de la Shoah.
Nous…. nous n’avons jamais changé.
Nous ennemis vivent toujours au Moyen Âge.
Hier les Chrétiens…. aujourd’hui les muzz.
Tout est parti d’un JUIF nommé JESUS .