Décès de notre sœur juive Catherine Ringer
Catherine Ringer est la fille de Jeannine Ettlinger, architecte, et de Sam Ringer, peintre d’origine juive ashkénaze polonaise[1],[2] et déporté dans neuf camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale (dont elle raconte l’histoire dans C’était un homme, sur l’album Cool Frénésie des Rita Mitsouko en 2000).
Catherine Ringer, la chanteuse des Rita Mitsouko, s’est éteinte hier (lundi), à l’âge de 68 ans des suites d’un cancer.
Si la France pleure aujourd’hui l’icône pop qui a fait danser des générations entières sur Marcia Baïla ou Andy, il convient aussi de souligner son héritage familial, son rapport intime au judaïsme et à la terre d’Israël qui ont discrètement mais fermement tracé les contours de sa vie d’artiste.

Née en 1957 d’un couple d’artistes, son père Sam Ringer était un peintre juif polonais ayant survécu à l’enfer de neuf camps de concentration. Bien qu’elle n’ait pas reçu d’éducation religieuse stricte, elle aimait rappeler qu’elle avait été élevée « dans le souvenir ». Le judaïsme n’était pas pour elle une pratique de rituels, mais une structure de l’esprit, se disant profondément imprégnée par la philosophie juive du questionnement, du dialogue et du doute permanent.
Cette mémoire douloureuse et fière, Catherine Ringer l’a magnifiée à travers son art. En 2000, elle brise le silence familial dans la poignante chanson C’était un homme, un hommage vibrant au calvaire et à la survie de son père. Soucieuse de faire vivre son œuvre picturale, elle s’était personnellement investie en 2018 pour faire entrer les dessins de son père au Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris.

Son lien avec Israël se traduisait essentiellement par des visites régulières à des proches qui y vivaient. Ce n’est qu’en 2019 qu’elle se produira sur scène à Tel Aviv, dans le cadre de la tournée des 40 ans des Rita Mitsouko. Pour Catherine Ringer, ce concert représentait des retrouvailles chaleureuses en « terrain ami ». C’est d’ailleurs accompagnée de son fils, le guitariste Raoul Chichin qu’elle y a célébré la vie et la musique devant un public francophone conquis.
Mais ce passage artistique en Israël n’a pas été sans heurts. Les Rita Mitsouko ont dû affronter des pressions politiques intenses et des appels pressants au boycott lancés par les mouvements militants pro-palestiniens. Catherine Ringer était restée inflexible. Elle refusait que l’art serve de vecteur d’exclusion.
Catherine Ringer ne s’est jamais complue dans les déclarations partisanes ni dans les pétitions médiatiques sur la situation en Israël. Elle a préféré vivre son identité et ses attachements avec discrétion sans jamais oublier d’où elle venait. En s’éteignant, elle laisse le souvenir d’une artiste incandescente dont la fantaisie scénique cachait une profondeur d’âme nourrie par la transmission, la mémoire de la Shoah et un amour indéfectible pour la liberté de créer.
Source
https://israj.media-j.com/

Óh. Tout le monde s’en va…
Barukh dayan haEmet.
C’est sa chanson hommage à sa prof de danse qui m’a soudain fait réaliser qu’il y a un autre monde : celui du quotidien. Au lieu de celui des habitudes et des peurs. C’était en… 1980??? En plein démarrage de repas familial.
Personne ne prêtait attention. Depuid, tout avance pour le meilleur comme pour le pire – mais jamais comme « on » l’annonce, jamais selon des statistiques, et au contraire toujours vers un moussar plus ouvert et un mazal plus indomptable.
Sa présence a aussi marqué le sauvetage d’un enfant face à une maladie et à l’inconscience d’une mère procrastinatrice il y a quelques années, en relation avec les plaies d’Egypte – juste parce que lors d’un concert elle portait une longue robe pourpre.
La main de Hashem passe par tout l’existant mais Il suit de très près Ses enfants.
Triste nouvelle…. Une grande artiste attachante
Quelle repose en paix.
Une scène me revient la concernant :
Gainsbourg n’a pas été charitable à son égard en cherchant à l’humilier à la TV à l’heure d’une grande écoute .
N’ayant pas sa langue dans sa poche elle l’a remis à sa place toujours avec cette douceur qui l’a personnalisé…
Ps : ce jour-là comme il lui arrivait souvent Gainsbourg était bourré…
Elle avait un côté rebelle punk mais aussi un côté yiddish mame. Elle n’a jamais oublié d’où elle venait, ni ce qu’avait vécu son père. Elle est partie trop tôt comme son mari d’ailleurs, elle va nous manquer.
Fin d’une époque, encore une page qui se tourne ! Le petit train (pour ceux qui connaissent les paroles) en l’honneur de son père !
je l’adorais
J’ai retrouvé cette interview de CR sur son papa découverte il y a 1 ou 2 ans, à ne pas manquer (pas seulement pour les amateurs d’arts graphiques)
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Toda Haver