« Factieux et antisémite » : Maël de Calan relaxé par le tribunal pour ses propos sur le LFI Pierre-Yves Cadalen

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Le tribunal de Brest vient de relaxer, ce jeudi 22 octobre, Maël de Calan, pour ses propos sur Pierre-Yves Cadalen. Le député LFI de Brest, qui avait porté plainte pour diffamation, avait été qualifié de « factieux et antisémite » par le président du conseil départemental du Finistère.
Une nouvelle victoire judiciaire pour Maël de Calan. Quelques semaines après avoir été relaxé après un procès intenté par la CGT du Finistère et des allocataires du RSA dans le département, le président du conseil départemental du Finistère vient, ce jeudi 22 octobre après-midi, d’être relaxé dans une deuxième affaire par le tribunal de Brest. Il avait été jugé pour diffamation, le 10 septembre dernier, pour des propos tenus lors d’une émission politique sur Tébéo en décembre 2024. L’élu divers droite avait qualifié le député LFI de Brest, Pierre-Yves Cadalen, de « factieux et d’antisémite ».
Opinion et libre débat d’idées
Dans son jugement rendu en début d’après-midi ce jeudi, le tribunal a décidé, techniquement, de requalifier les faits en complicité de diffamation au regard du fait que l’émission était enregistrée et non diffusée en direct. « Je pense que Pierre-Yves Cadalen est factieux et antisémite, ou en tout cas qu’il soutient des positions factieuses et antisémites » : analysant ensuite la phrase valant la tenue du procès, le président du tribunal fait valoir qu’elle relève, dans sa première partie, d’une opinion de Maël de Calan, et que, dans la seconde partie, elle relève de l’analyse intellectuelle et du libre débat d’idées.
« Une victoire pour la liberté d’expression »
Il prononce donc la relaxe de Maël de Calan. « C’est une victoire pour la liberté d’expression », savoure le président du conseil départemental du Finistère, « le tribunal ne se prononce pas sur le fond de ces attaques, et c’est bien normal car ce n’est pas ses fonctions. Le tribunal me relaxe car ces propos s’inscrivent dans le libre débat public, et ils sont corroborés par plus d’une centaine de propos et faits démontrant la nature violente et antisémite de ce mouvement », fait-il valoir, reprenant là des arguments de sa défense à l’audience tenue en septembre.
« 92% des juifs de France pensent que LFI contribue directement à la montée de l’antisémitisme dans notre pays. On ne peut pas regarder ailleurs, et faire comme si ça n’existait pas », a renchéri Maël de Calan. « Pour ma part, je continuerai ce combat pour dénoncer la dérive de ce parti, antisémite et violent. Et dénoncer tous ceux, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche, qui sont les deux faces d’une même pièce, contribuent à brutaliser le débat public. »
Des propos relevant de l’injure ?
Néanmoins, dans sa motivation, le tribunal dit aussi que les propos de Maël de Calan, s’ils ne relèvent pas de la diffamation ni de la complicité de diffamation, peuvent relever de l’injure. Il est donc relaxé sur un point de procédure. « Le tribunal dit que les propos tenus n’excèdent pas la liberté d’opinion et le débat public », voit lui Maël de Calan, « le tribunal dit aussi que ce débat n’a rien à faire dans un tribunal et qu’il doit être tranché par les électeurs. » Le président du conseil départemental est en revanche débouté de sa demande de condamnation de Pierre-Yves Cadalen pour démarche abusive.
« Le caractère injurieux des propos tenus est reconnu »
« Le caractère injurieux des propos tenus par Maël de Calan est reconnu », retient pour sa part Pierre-Yves Cadalen, « c’est important car cela participe du sens de la démarche engagée », insiste le député LFI de Brest. « Le deuxième élément est que Maël de Calan est débouté de sa demande excessive, mais qui correspond au personnage, de me faire condamner à 10.000 euros d’amende parce que je lui ai reproché légitimement d’avoir proféré ces insultes. »
« Aucune leçon à recevoir de Maël de Calan »
« En toute hypothèse, Maël de Calan n’en a pas fini avec la justice », esquisse encore l’élu de 34 ans, rappelant que Marine Tondelier, des Écologistes, et Olivier Faure, du Parti socialiste, ont à leur tour porté plainte le mois dernier à l’encontre de Maël de Calan pour des propos tenus en séance plénière du conseil départemental. Une plainte pour injures. « Il sera donc de nouveau aux prises avec ce même genre de question », relance Pierre-Yves Cadalen, « car il a pris la détestable habitude de considérer légitime d’insulter tout le monde d’antisémite et de factieux. Que sa parole de président du conseil départemental du Finistère serait déliée de tout rapport à la vérité et c’est un vrai problème. Il est inacceptable d’instrumentaliser et d’affaiblir la lutte contre l’antisémitisme en traitant tout le monde d’antisémite, et d’affaiblir aussi celle contre tous les racismes. Je n’ai aucune leçon à recevoir de Maël de Calan, il ne me semble pas que ce combat contre le racisme a fait partie structurante de son engagement politique contrairement à moi. »
Reste que le tribunal a relaxé le président de l’exécutif départemental dans le présent dossier. « Je vais examiner le jugement écrit, qui a été expliqué succinctement oralement. On va regarder avec mes conseils le contenu et nous informerons des suites que nous donnerons. » Pierre-Yves Cadalen a 10 jours pour faire appel.

Pierre-Yves Cadalen

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