INTERPELLATION SOLENNELLE AU GOUVERNEMENT FRANÇAIS Eurosatory 2026 : jusqu’où ira l’ostracisation d’Israël sur le sol français ?
L’État juif est traité comme un paria, les Juifs de France en subissent les conséquences.
L’Observatoire Juif de France exprime sa profonde indignation après les informations rapportant que, dans le cadre du salon international de défense Eurosatory 2026, des stands israéliens auraient été cloisonnés, masqués ou barricadés, alors même que les entreprises concernées s’étaient soumises aux exigences imposées par les autorités françaises.
Ce nouvel épisode ne peut être considéré comme un simple incident d’organisation. Il s’inscrit dans une succession préoccupante de décisions politiques, administratives et symboliques visant Israël, ses représentants, ses entreprises, ses chercheurs, ses institutions et, plus largement, tout ce qui rattache l’État juif à la vie diplomatique, économique, militaire ou culturelle internationale.
Depuis plusieurs mois, la France donne le sentiment de glisser d’une critique politique légitime de tel ou tel choix gouvernemental israélien vers une mise à l’écart systématique d’Israël en tant que nation. Cette distinction est essentielle. Critiquer une politique publique relève du débat démocratique ; exclure ou humilier publiquement des entreprises, des pavillons, des représentants ou des acteurs israéliens en raison de leur nationalité ouvre une pente infiniment plus grave.
L’Observatoire Juif de France interpelle donc solennellement le Gouvernement :
Comment prétendre lutter contre l’antisémitisme en France tout en tolérant, voire en inspirant, des mesures qui donnent à voir Israël comme un État à bannir, à cacher, à isoler, à rendre infréquentable ?
Comment s’étonner ensuite que les actes antisémites se multiplient lorsque, dans l’espace public, dans les salons internationaux, dans les universités, dans les enceintes politiques et médiatiques, l’État d’Israël est présenté comme une exception morale négative, comme un paria, comme un corps étranger dont la présence devrait être limitée, encadrée, masquée ou empêchée ?
L’affaire Eurosatory n’est pas isolée.
Il y a eu l’exclusion ou la tentative d’exclusion d’entreprises israéliennes de salons stratégiques.
Il y a eu la fermeture ou le masquage de stands israéliens au Salon du Bourget.
Il y a eu les restrictions imposées à la participation officielle d’Israël à des événements internationaux organisés sur le sol français.
Il y a eu la reconnaissance unilatérale de l’État de Palestine par la France, dans un contexte où les otages israéliens et franco-israéliens demeurent au cœur d’un traumatisme national et où le Hamas n’a jamais renoncé à sa logique terroriste.
Il y a eu les votes, déclarations et prises de position qui, sous couvert d’équilibre diplomatique, donnent trop souvent le sentiment d’une pression constante sur Israël, pendant que les responsabilités du Hamas, de ses soutiens régionaux et des mouvances islamistes sont relativisées, diluées ou reléguées au second plan.
Il y a eu enfin une forme de silence, d’embarras ou de retard à nommer clairement les conséquences de cette atmosphère sur les Juifs de France.
L’Observatoire Juif de France le dit avec gravité : lorsqu’Israël est publiquement désigné comme un État à exclure, les Juifs de France en paient le prix. Les antisémites n’ont pas besoin de nuances diplomatiques. Ils entendent un signal. Ils transforment l’hostilité à Israël en hostilité aux Juifs. Ils convertissent le boycott institutionnel en intimidation quotidienne. Ils passent de la délégitimation de l’État juif à la mise en accusation des citoyens juifs.
Le Gouvernement français ne peut pas, d’un côté, proclamer son engagement contre l’antisémitisme, et, de l’autre, multiplier les décisions qui nourrissent dans l’opinion l’idée qu’Israël serait un État honteux, suspect par nature, indigne d’être traité selon les règles communes.
La République française s’honorerait à rappeler trois principes simples :
Israël, quelles que soient les critiques que l’on peut adresser à son gouvernement, demeure une démocratie alliée confrontée à des organisations terroristes qui ont massacré, violé, enlevé et revendiqué la destruction de l’État juif.
Les entreprises, institutions et représentants israéliens ne sauraient être frappés d’ostracisme en raison de leur nationalité, sauf à instaurer une discrimination que la justice française elle-même a déjà eu l’occasion de sanctionner.
La lutte contre l’antisémitisme ne se limite pas aux discours commémoratifs. Elle se mesure aussi à la capacité de l’État à refuser les doubles standards, les humiliations symboliques et les exclusions ciblées visant Israël.
L’Observatoire Juif de France demande donc au Gouvernement :
– de s’expliquer publiquement sur les conditions dans lesquelles les stands israéliens d’Eurosatory 2026 ont été cloisonnés ou masqués.
– de préciser si cette mesure résulte d’une instruction gouvernementale, d’une demande administrative, d’une décision des organisateurs ou d’une pression extérieure.
– de garantir qu’aucune entreprise, aucun représentant, aucun exposant ne soit discriminé en France du seul fait de son appartenance nationale israélienne.
– de mettre fin à la succession de décisions humiliantes visant Israël dans les salons internationaux organisés sur le territoire français.
– de rappeler publiquement que la critique d’un gouvernement ne saurait justifier l’exclusion d’un peuple, d’un État ou de ses ressortissants.
– de reconnaître que l’isolement institutionnel d’Israël alimente, en France, un climat délétère dont les Juifs sont les premières victimes.
La France doit choisir : veut-elle être une puissance d’équilibre, fidèle au droit, à la dignité et à la lutte contre toutes les formes d’antisémitisme, ou veut-elle céder à une logique de stigmatisation qui, sous couvert de morale internationale, finit par légitimer l’hostilité contre l’État juif ?
L’Observatoire Juif de France ne demande pas au Gouvernement d’approuver toutes les décisions d’Israël. Il lui demande de ne pas contribuer à l’abaissement symbolique, diplomatique et moral du seul État juif au monde.
Car chaque fois qu’Israël est traité comme une nation à cacher, les antisémites comprennent que les Juifs peuvent, eux aussi, être montrés du doigt.
Cette dérive doit cesser.
“ On ne lutte pas contre l’antisémitisme en France tout en humiliant Israël dans les salons internationaux ”.
L’Observatoire Juif de France
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