Israël demande à Paris de renforcer la protection des Juifs de France
Dans sa lettre, le ministre de la Diaspora décrit une hostilité qui s’est durcie ces dernières semaines contre des cibles juives et israéliennes
Les autorités françaises autorisent une manifestation à la gloire du Hamas le 7 Octobre 2026 à Paris
Le ministre israélien de la Diaspora, Amichai Shikli, a écrit en début de semaine au Premier ministre français, Sébastien Lecornu, et au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour leur demander des mesures concrètes en faveur de la sécurité des Juifs de France. Selon Ynet, qui a obtenu l’information en exclusivité, sa démarche s’appuie sur des évaluations de son ministère, qui font état d’un danger accru à l’approche du troisième anniversaire de l’attaque du Hamas du 7 octobre.
Dans sa lettre, Shikli décrit une hostilité qui s’est durcie ces dernières semaines contre des cibles juives et israéliennes. Il cite les manifestations lycéennes en cours, durant lesquelles se multiplient drapeaux palestiniens, slogans hostiles à Israël et croix gammées dans des établissements scolaires.
Il évoque aussi l’épisode survenu le 15 septembre place de la Bastille, à Paris : le drapeau israélien, parmi les 196 drapeaux nationaux déployés, a été profané et peint en rouge sang. Enfin, des groupes militants ont demandé officiellement au préfet de police de Paris l’interdiction du Salon de l’Aliyah, prévu dans la capitale le 11 octobre.
Le ministre s’appuie sur des données du ministère français de l’Intérieur : 533 actes antisémites ont été recensés au premier semestre 2026, soit 46 % de l’ensemble des actes visant une religion, alors que les Juifs représentent moins de 1 % de la population française.
Son propre ministère a, de son côté, dénombré 34 incidents antisémites et anti-israéliens en France entre le 1er janvier et le 26 juillet 2026, ainsi qu’une soixantaine de manifestations anti-israéliennes entre janvier et septembre.
Amichai Shikli met en avant des organisations étudiantes ayant appelé à une journée de mobilisation nationale mardi 6 octobre, avec blocage de lycées et d’universités, présentée comme une « journée de colère ». Le lendemain, le 7 octobre, des rassemblements sont prévus en France et dans toute l’Europe, certains, écrit-il, « célébrant ouvertement ce massacre ».
« L’anniversaire du 7 octobre est devenu un point de ralliement pour ceux qui cherchent à nuire aux Juifs et aux Israéliens », écrit le ministre, qui dit aborder les jours à venir avec une inquiétude particulière. Dans ce climat, estime-t-il, les synagogues, les écoles juives, les institutions communautaires et les Juifs identifiables dans la rue sont exposés.
Il réclame un renforcement de la protection des institutions juives tout au long de la semaine et du week-end, ainsi que la sécurisation des cérémonies commémoratives de la communauté et du Salon de l’Aliyah. Il demande aussi que les manifestations glorifiant le massacre ou incitant à la violence contre les Juifs soient interdites partout où cela est possible, et propose aux autorités françaises d’utiliser à cette fin les informations rassemblées par son ministère.
Il conclut en affirmant que la communauté juive fait partie intégrante de la République et que sa sécurité dans les jours à venir est « une épreuve pour nous tous ».
