Italie : Des Juifs contraints de quitter un rassemblement célébrant la Libération

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Des participants qui défilaient sous les bannières de la Brigade juive de l’armée britannique, qui a combattu les nazis, et d’autres groupes juifs ont été insultés et empêchés de poursuivre la marche
Samedi, à Milan, plusieurs Juifs participant à un rassemblement célébrant l’anniversaire de la Libération de l’Italie du joug nazi et fasciste à la fin de la Seconde Guerre mondiale ont été insultés et empêchés de poursuivre leur parcours. Face à cette situation, la police a exhorté les participants juifs, qui défilaient sous les bannières de la Brigade juive de la Seconde Guerre mondiale et d’autres organisations juives, à quitter les lieux pour des raisons de sécurité.
« [Hier] marquait ma 50ᵉ année de participation au rassemblement national du 25 avril », a déclaré dimanche au quotidien italien Corriere della Sera Emanuele Fiano, ancien député du Parti démocrate de centre gauche et fils d’un survivant d’Auschwitz. (En Italie, la guerre a pris fin quelques semaines avant le Jour de la Victoire officiellement célébré le 8 mai dans toute l’Europe.)
« On nous a mis à la porte, je ne peux pas le décrire autrement », a-t-il ajouté.
« La Brigade juive qui a combattu aux côtés des partisans contre les nazis-fascistes, l’organisation ‘Left for Israel – deux États pour deux peuples’, des membres de la communauté juive, des membres du groupe scout juif socialiste [Hashomer Hatzaïr], ont tous été expulsés d’un rassemblement censé célébrer la liberté. »
La Brigade juive était un groupe d’environ 5 000 soldats juifs, pour la plupart originaires de la Palestine sous mandat britannique, qui s’étaient portés volontaires pour rejoindre l’armée britannique et combattre les nazis. La Brigade a combattu en Italie pendant les derniers mois de la guerre.
Depuis plusieurs années, certains membres de la communauté juive participent au défilé sous la bannière de la Brigade juive (deux bandes verticales bleues claires séparées par une bande blanche au milieu, surmontées d’une étoile de David jaune).
Ceux qui défilent sous les symboles de la Brigade juive sont pris depuis des années pour cible par des militants anti-Israël.
Comme dans de nombreux autres pays du monde, l’opinion publique italienne est de plus en plus critique envers Israël depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, une tendance qui s’est accélérée à la suite des ravages généralisés documentés dans la bande de Gaza à mesure que la guerre contre le Hamas y progressait.
Dans le même temps, le nombre d’actes antisémites a augmenté, en particulier ceux qui brouillent les frontières entre le gouvernement israélien, le peuple d’Israël et la communauté juive d’Italie, dont beaucoup entretiennent des liens étroits avec l’État hébreu, notamment des parents et des amis qui y vivent.
À l’approche de la Journée de la Libération, cette année, les autorités ont décidé que toutes les organisations clairement juives devaient participer à la marche aux côtés d’un groupe de dissidents iraniens dont certains exprimaient ouvertement leur soutien au shah (dont le régime répressif a pris fin lors d’une révolution en 1978, rapidement remplacé par le régime islamique actuel en 1979). Plusieurs d’entre eux ont également brandi des drapeaux d’Israël.
Selon Fiano et d’autres témoins, de nombreux participants au rassemblement ont lancé des insultes à l’encontre de divers groupes. On pouvait notamment entendre les slogans « Tous les sionistes hors du rassemblement » et « Vive Hitler ».
« Nous avons rejoint le rassemblement derrière la bannière des scouts juifs de gauche, petits-enfants de survivants des camps et de partisans », a écrit samedi sur Facebook Daniela Ovadia, une membre de la communauté juive présente au rassemblement.
« Ma fille a été interpellée par quelqu’un dans la foule qui lui a dit : ‘Tu as de la chance de ne pas être un pain de savon’ » (en référence aux rumeurs selon lesquelles les restes des corps de Juifs morts dans les camps de concentration auraient servi à fabriquer du savon).
Les différentes organisations juives ont été empêchées de poursuivre leur marche par d’autres participants pendant environ une heure avant que les autorités ne leur demandent de partir et ne les escortent hors du site pour des raisons de sécurité.

« Le climat est horrible », a déploré Fiano.
« D’une critique politique légitime, nous en sommes venus à voir réapparaître les pires slogans d’autrefois contre les Juifs. C’est terrible, je ne sais pas quoi dire d’autre. »
Plusieurs incidents ont été signalés lors d’autres rassemblements organisés à travers le pays pour marquer la Journée de la Libération. À Rome, un individu a tiré avec un pistolet à air comprimé sur des participants, en blessant légèrement deux, soignés sur place. Tant à Rome qu’à Bologne, des personnes brandissant des drapeaux ukrainiens ont été insultées ou priées de partir.
La Première ministre, Giorgia Meloni, a condamné les insultes visant à la fois la Brigade juive et les personnes brandissant des drapeaux ukrainiens.
« Si ce sont là les personnes qui prétendent défendre la liberté et la démocratie, alors nous avons un problème », a-t-elle écrit sur le réseau social X.

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2 Commentaires

  1. V dit :

    « un rassemblement célébrant la Libération = Vive Hitler »
    Et ils ne se sont pas fait lyncher sur place ?
    .
    « des personnes brandissant des drapeaux ukrainiens ont été insultées ou priées de partir »
    Là normal le pavillon du régime ukronazi n’a pas sa place dans cet événement, pourquoi pas des croix gammées tant qu’ils y sont …
    .

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