Macron et Mélenchon auraient pu se passer de donner leur avis juridique sur la guerre en Iran»

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Par Gilles-William Goldnadel Mélenchon auraient pu se passer
À écouter le président de la République et le leader de la France insoumise, il semblerait que le droit international doive être invoqué avec sévérité contre les démocraties, et avec plus d’indulgence envers la République islamique d’Iran, déplore Gilles-William Goldnadel.
Certaines réactions politiques intervenues au début d’un conflit qui oppose deux démocraties imparfaites à une dictature sanguinaire parfaite sont tristement symptomatiques. Nous pensons notamment à celles, identiques, d’Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon quant à un droit international qui aurait été violé par l’intervention américano-israélienne contre la République islamique. Nous opposerons fermement à cette affirmation une double objection, juridique et politique.
Tout d’abord, c’est aller un peu vite en besogne, pour ces deux personnalités qu’on ne savait pas grands juristes internationaux, que de juger péremptoirement que le droit ait été violé en la matière. N’ayant pas reçu d’explications juridiques complémentaires, nous imaginons que ces deux représentants de l’extrême gauche et de l’extrême centre reprochent aux deux alliés anti-mollahs de n’avoir pas songé à demander à l’Organisation des Nations unies, dont on sait la neutralité, l’autorisation préalable d’intervenir, au risque sans doute négligeable, à leur pur esprit, de gâcher cet effet de surprise auquel sont attachés les militaires un peu superstitieux.
Mais il se trouve que, pour de nombreux spécialistes du droit international, la cause juridique n’est pas si entendue. Certes, le droit international applicable repose principalement sur la Charte des Nations unies (article 2 alinéa 4 et article 51) : l’emploi de la force non autorisé est interdit, sauf en cas de légitime défense face à une agression. Israël invoque précisément cette défense très légitime à l’égard d’une dictature qui a juré sa mort dès sa naissance. Depuis l’arrivée au pouvoir de Khomeyni en 1979, la République islamique d’Iran refuse obstinément l’existence d’un État juif et appelle à sa destruction. D’une certaine manière, pour l’Iran des mollahs, la disparition d’Israël est existentielle.
Mais il ne s’agit pas, pour cet État religieux, d’un vœu pieux : celui-ci pratique directement le terrorisme guerrier. Citons deux exemples, commis par l’Iran islamiste contre la communauté juive à Buenos Aires. Celui de 1992, contre l’ambassade d’Israël, fait 29 morts et 242 blessés. Celui en 1994, contre la mutuelle israélienne AMIA, fait 84 morts et 230 blessés. En avril 2024, la justice argentine a officiellement désigné l’Iran comme commanditaire et le Hezbollah comme son auteur. Les éclairages les plus récents autour de ces attentats montrent l’impunité juridique, morale, politique et médiatique dont jouissait l’Iran jusqu’à la semaine dernière. L’histoire et les suites de ces attaques mériteraient d’être relatées dans un livre romancé, nous nous contenterons ici d’en livrer la trame hallucinante qui tourne autour d’Ahmad Vahidi.
La justice argentine qualifiait officiellement en 2024 l’Iran islamiste d’«État terroriste». Il s’agissait de l’aboutissement fastidieux d’une longue histoire dramatique qui passa par le meurtre maquillé en suicide d’un procureur trop intègre qui voulait aller jusqu’au bout, Alberto Nisman, et de la déchéance morale de la présidente Kirchner, qui avait décidé de renoncer à punir l’Iran en contrepartie d’avantages économiques. Mais nous venons de découvrir que l’un des terroristes identifiés, Ahmad Vahidi, un temps impunément ministre de la Défense, vient cette semaine d’être nommé commandant en chef des Gardiens de la Révolution après la mort de son prédécesseur sous les frappes israéliennes !
En France, la classe médiatique a traité cette affaire pourtant haute en couleur dramatique avec un souverain mépris idéologique. Il n’en est pas de même dans l’Argentine de Milei, qui a exigé, pour la forme, son extradition. Au moment où ces lignes sont écrites, Ahmad Vahidi est encore en vie. Des mandats d’arrêt internationaux avaient été émis contre lui et contre d’autres responsables identifiés. Et pourtant, la justice internationale est restée l’arme au pied, et l’Iran, qui a refusé de coopérer, n’a pas été accusé publiquement par le président de la République de «violer le droit international».
Mais certains esprits aiguisés pourraient parfaitement faire observer que la légitime défense, telle qu’exigée par les juristes pour justifier une attaque sans autorisation préalable onusienne, pourrait ne pas exister dans un attentat cinquantenaire. Il n’en est évidemment pas de même concernant le financement fièrement revendiqué des organisations classées officiellement terroristes, Hamas et Hezbollah. Sans la République islamique, il n’y aurait pas eu de pogrom le 7 octobre 2023. Le programme nucléaire iranien est également perçu par de nombreux juristes comme une «menace existentielle imminente» (doctrine Caroline : action autorisée quand le délai nécessaire pour agir rend l’action immédiate impossible). Nombre d’analystes (Forbes, Lieber Institute, Jewish News Syndicate …) estiment que la «légitime défense anticipatoire » est admissible face à un risque nucléaire réel. Nous pourrions donner d’autres exemples et d’autres avis en faveur de notre thèse, mais il ne s’agit pas de livrer ici une longue consultation juridique aussi aride que fastidieuse.
Source
https://www.dreuz.com/2026/03/macron-et-melenchon-auraient-pu-se-passer-de-donner-leur-avis-juridique-sur-la-guerre-en-iran-325924.html

happywheels

5 Commentaires

  1. V dit :

    HS.
    « mépris idéologique »
    Les sacs à merde de la mouvance fasciste rouge-vert-noir en mode plongée accélérée vers le fond des chiottes :
    https://www.fdesouche.com/2026/03/10/manon-aubry-au-meeting-de-sophia-chikirou-voici-notre-paris-a-nous-un-paris-racialise/
    .

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