« Mort aux juifs » tagué sur une MJC : un éducateur spécialisé jugé au Puy-en-Velay
C’est un curieux jeune homme qui s’est présenté devant le tribunal mardi après-midi et dont la personnalité interroge les juges. Ces derniers lui reprochent d’avoir tagué « Mort aux juifs » sur la façade de la MJC d’Aurec-sur-Loire, le 20 avril 2025.
La scène a été filmée par les caméras de surveillance, ce qui a permis aux gendarmes de remonter, grâce au véhicule, jusqu’à ce jeune homme de 23 ans qui se présentait à la barre, ce mardi, au Puy-en-Velay.
Polo blanc immaculé, jean beige, son apparence contraste avec sa personnalité, qui interroge : l’homme est éducateur spécialisé, en charge d’adolescents. Il vient de purger un an de prison pour des faits de violence aggravée à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique.
« Pourquoi avez-vous écrit cela ? », lui demande plusieurs fois le président du tribunal. Lors de son audition, le prévenu avait affirmé soutenir la Palestine. À la barre, il revient sur ses motivations : « j’ai agi sous l’effet de groupe, j’ai agi comme un enfant ! »
« C’est hallucinant de se dire qu’un éducateur spécialisé peut avoir ce type de comportement ! Le plus grave, c’est ce que vous avez écrit ! Il y a d’autres manières de contester que taguer des propos racistes et antisémites. Vous êtes éducateur ! Votre copine dit que vous avez déjà tenu ce type de propos ! J’ose espérer que vous n’incitez pas les gamins à tenir de tels discours ! », tonne le président.
Pour la première fois, le prévenu reconnaît les faits, charge « l’entourage » rencontré lors de son incarcération, assure ne « rien avoir contre la communauté juive ».
De son côté, le procureur juge « inadmissible de lire “Nique les Juifs sionistes”, “Mort aux Juifs” et voir deux croix gammées sur des bâtiments […] Il peut soutenir la Palestine, mais l’antisémitisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Il est censé transmettre des valeurs à des enfants en difficulté ! Il présente bien, il est parfaitement inséré mais son casier interroge : il y a un décalage ». Il requérait 10 mois de prison aménagés sous la forme d’un bracelet électronique. Le conseil du prévenu arguait que son client « avait conscience de la gravité » des faits et « souhaite tourner la page. L’incarcération a changé sa vie, il a évolué ». De retour à la barre, le jeune homme s’excuse. Le jugement sera rendu le 7 septembre.
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