Panthéoniser les Juifs morts ou protéger les vivants?

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par Pierre Lurçat
Le sociologue Shmuel Trigano avait observé il y a longtemps le phénomène particulier que constitue l’utilisation du “signe juif” à des fins politiques en France, non seulement par certains partis ou hommes politiques, mais par le pouvoir lui-même. Dans un article publié il y a une vingtaine d’années, Trigano analysait ce qu’il qualifiait de “signe juif de la politique française”, défini comme l’utilisation de la Shoah et du signe juif en général, à des fins politiques et politiciennes.
“L’invocation répétée de la Shoah, source de moralisation universelle”, expliquait-il, “a contribué à la naissance d’un nouveau sacré qui a conféré au signe juif une valeur éthique absolue. Simultanément, la citoyenneté du juif français s’est vue construite comme modèle de l’intégration républicaine (I’envers de Vichy) offert en exemple aux immigrés : le signe juif, symbole de la République. Ces deux figures sont nées sans doute en écho au refoulé de l’Occupation dans la mémoire collective et à I’inquiétude née d’une immigration massive”.
Paradoxalement, comme le constatait Trigano à l’époque, ce “signe juif” ne coïncide pas nécessairement avec la condition vécue des Juifs. L’expérience des vingt dernières années montre qu’il ne coïncide pas du tout avec elle… Au contraire, on pourrait dire – et c’est l’hypothèse que je voudrais avancer ici – que l’utilisation du signe juif est d’autant plus marquée et flagrante que leur condition réelle se dégrade. Ou, pour dire les choses en d’autres termes, plus le “Juif réel” devient persona non grata dans la France d’aujourd’hui, plus son double symbolique est omniprésent et célébré dans le discours politique et médiatique.
La panthéonisation de l’historien Marc Bloch, après celle de l’ancien ministre Robert Badinter, participe visiblement de ce phénomène. La dégradation de la condition juive en France depuis vingt ans – et en particulier sous la présidence d’Emmanuel Macron – est la confirmation éclatante de notre hypothèse. Celui-ci est en effet passé maître dans l’art de mobiliser le “signe juif” à des fins idéologiques ou politiques, tout en s’abstenant ouvertement de toute mesure concrète pour empêcher la mise à l’écart des Juifs réels de l’espace public, voire en participant de facto à leur transformation progressive en véritables parias.
Le refus de participer à la manifestation contre l’antisémitisme, ou les mesures de boycott illégal envers l’État d’Israël, sont les manifestations les plus flagrantes de cette politique d’exclusion, mais elles sont loin d’être les seules. Dans une série de conférences en France à partir de ce jeudi à Strasbourg, Bordeaux et Paris, je m’interrogeai sur la situation actuelle des Juifs en France et sur les stratégies à adopter face à la vague de haine planétaire qui vise tant Israël que l’ensemble du monde juif.
L’hypothèse que je développerai est celle de la fin d’un modèle, selon lequel les juifs ont vécu en diaspora depuis des temps immémoriaux, modèle qui s’écroule sous nos yeux en France et ailleurs : celui de l’alliance verticale. L’historien Yossef Yerushalmi l’avait décrit sous le nom d’alliance royale, mais il s’est perpétué bien après la fin de la royauté, en France et ailleurs. Selon cette hypothèse, la fin de l’exil du peuple juif signifierait ainsi la nécessité d’un changement de paradigme pour les Juifs en France et ailleurs. Je vous donne rendez-vous à Strasbourg, Bordeaux et Paris pour développer cette analyse.
Pierre Lurçat
“Face à la haine planétaire : Quelles stratégies pour Israël et le monde juif ?”
Strasbourg, jeudi 25 juin à 19h3 0, inscriptions à [email protected]
Bordeaux, conférence le lundi 29 juin à 20h30
Paris, Chasseloup Laubat conférence mercredi 1er juillet à 20h00

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  1. Franccomtois dit :

    «Hitler plutôt que le Front Populaire» : passe d’armes Bardella-Mélenchon à quelques heures de la Panthéonisation de Marc Bloch
    Par Le Figaro avec AFP
    Le président du RN s’est fendu d’un message mardi pour saluer celui «qui a incarné jusqu’au sacrifice la figure du citoyen-soldat». Un hommage qui a suscité l’ire de l’Insoumis.

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    À quelques heures de la panthéonisation de Marc Bloch, l’événement a été l’occasion d’un échange d’amabilités entre Jordan Bardella, rendant hommage à l’historien engagé dans la Résistance, et Jean-Luc Mélenchon, fustigeant le «déguisement électoral» de son rival du Rassemblement national, qui a dénoncé en retour «les crimes de la gauche».

    Pas le bienvenu à la cérémonie officielle – à la demande de la famille de Marc Bloch qui a demandé que l’extrême droite soit «exclue» de la cérémonie – le président du RN s’est tout de même fendu d’un message consensuel pour saluer celui «qui a incarné jusqu’au sacrifice la figure du citoyen-soldat».

    Torturé et exécuté par la Gestapo, il avait laissé pour la «postérité» l’ouvrage «L’Étrange Défaite», vu par Jordan Bardella comme «un réquisitoire implacable contre le cynisme, l’égoïsme et l’aveuglement d’une partie des élites françaises qui ont conduit notre pays à l’abîme en 1940».

    «Hitler plutôt que le Front Populaire!»
    Formule qui a aussitôt fait réagir Jean-Luc Mélenchon: «Ceux qui “ont conduit notre pays à l’abîme” c’étaient ceux qui criaient “Hitler plutôt que le Front Populaire!”», a affirmé le leader de La France insoumise, renvoyant son adversaire aux racines de son parti, fondé il y a plus d’un demi-siècle avec d’anciens collaborateurs du régime nazi.

    «De Gaulle et la Résistance ont tiré la France de cet abîme. Vos fondateurs ont essayé de l’assassiner. Ne croyez pas qu’on va croire à votre déguisement électoral», a insisté le leader Insoumis, lui-même candidat pour la quatrième fois à la présidentielle.

    Réponse dans la foulée de son possible concurrent, en cas d’empêchement judiciaire de Marine Le Pen: «Marc Bloch a été dénoncé par Francis André, qui milita pour le Parti communiste français dans les années 30 avant de suivre l’un de ses dirigeants, Jacques Doriot, au sein du Parti populaire français». Rappel historique ponctué d’une attaque politique: «La culture de M. Mélenchon s’arrête là où commencent les crimes de la gauche».

    Le président du RN s’est fendu d’un message mardi pour saluer celui «qui a incarné jusqu’au sacrifice la figure du citoyen-soldat». Un hommage qui a suscité l’ire de l’Insoumis.

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    À quelques heures de la panthéonisation de Marc Bloch, l’événement a été l’occasion d’un échange d’amabilités entre Jordan Bardella, rendant hommage à l’historien engagé dans la Résistance, et Jean-Luc Mélenchon, fustigeant le «déguisement électoral» de son rival du Rassemblement national, qui a dénoncé en retour «les crimes de la gauche».

    👍✡️✝️🙏 Que le RN gagne en 2027 face aux S.A et redonne de la couleur á la France!!!

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