Terrorisme – Oussama Ben Laden ? « Une grande personne ! »

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Deux hommes, anciens proches des frères Kouachi et de Farid Benyettou, devenu expert en déradicalisation aux côtés de Dounia Bouzar, sont jugés à Paris.
C’est un ancien proche des frères Kouachi et un récidiviste présumé du djihad qui sont jugés jeudi et vendredi à Paris pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Le premier, Fritz-Joly Joachin, 30 ans, dont le nom était apparu lors du démantèlement des filières irakiennes du 19e arrondissement de Paris en 2005, est soupçonné d’avoir voulu rejoindre les zones djihadistes avec son fils de trois ans et demi.
Il avait été arrêté le 31 décembre 2014 en Bulgarie, dans un bus pour Istanbul, suite à un mandat d’arrêt délivré à son encontre pour « soustraction d’enfant ». Inquiète de ne pas le trouver à l’aéroport au retour d’un voyage de quelques jours en Tunisie, et constatant que son téléphone ne répondait plus, son épouse avait signalé, la veille de l’arrestation, la « disparition inquiétante » de son mari. Quelques jours plus tôt, Fritz-Joly Joachin lui avait en effet envoyé des sms étranges : « Je vous aime beaucoup, pour Allah, la prunelle de mes yeux »; « Je t’aime mon amour, fais attention, à toi, je te jure elle est dure cette vie. » Comme s’il essayait de lui dire quelque chose…
Parti faire le djihad avec sa maîtresse
Selon les enquêteurs, Fritz-Joly Joachin a tenté de partir en Syrie avec Fehime A., sa maîtresse, qu’il avait rencontrée à La Poste et avec qui il entretenait une relation extraconjugale depuis plus d’un an. Fritz-Joly espérait même en faire sa seconde épouse, ce qui était source de tension dans son couple.
Interrogé en garde à vue, « La Frite » dit être contre l’État islamique, mais tient des propos particulièrement ambigus sur les attentats en France. Les frères Kouachi ? « Je n’en pense rien du tout », répond-il. Oussama Ben Laden ? « Une grande personne (…) Pourquoi je le détesterais ? » Abu Bakr el Baghdadi : « Il fai[t] ce qu’il veut. » Joachin raconte être un proche des anciens des Buttes-Chaumont, en particulier Thamer Bouchnak, un ami d’enfance. Le suspect confie aux policiers avoir eu des relations commerciales avec Cherif Kouachi, à qui il vendait des vêtements.
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« Dans la tombe (…) tu seras soit musulman, soit mécréant »
Surtout, en épluchant ses fadettes (factures détaillées), les enquêteurs vont s’apercevoir que Fritz-Joly Joachin était en contact nourri avec Cherif Kouachi à l’automne 2014, quelques semaines à peine avant qu’il ne décime la rédaction de Charlie Hebdo avec son frère, Saïd. Une quarantaine de contacts ont été retrouvés entre les deux hommes à l’automne 2014 et près de 400 entre janvier et juin 2014.
Les textes retrouvés sur l’ordinateur de « La Frite » ne laissent que peu de doutes quant à sa radicalisation : « Dans la tombe, tu ne seras ni marocain, ni algérien, ni tunisien ou autres. Tu seras soit musulman, soit mécréant », peut-on lire. Joachin nie cependant farouchement avoir été au courant des funestes projets des frères Kouachi et les enquêteurs ne sont pas parvenus à le prouver.
« Pour changer la situation en Irak, il faut tuer Obama »
Le deuxième homme sur le banc des prévenus est Cheikhou Diakhaby, 31 ans, un ex-membre de la filière des Buttes-Chaumont bien connu des services de renseignements. L’homme, ami d’enfance de Fritz, était parti en même temps que lui avec sa femme et son bébé de vingt mois et avait réussi à passer les contrôles à l’aéroport bulgare. Son périple s’était cependant arrêté à la frontière syrienne le 7 janvier 2015, soit le jour même des attentats de Charlie Hebdo.
Expulsé vers la France, les autorités ont pu reconstituer son parcours. Ancien disciple de Farid Benyettou, l’émir reconverti en expert en déradicalisation aux côtés de Dounia Bouzar, Diakhaby avait été capturé le 26 novembre 2004 à Falloujah et condamné à cinq ans de prison en Irak. Il avait été libéré en 2011, auréolé d’une réputation de « vétéran du djihad ». Selon l’ex-consul général en Irak, interrogé par la justice française, Cheikhou Diakhaby se serait définitivement radicalisé dans les geôles irakiennes, au contact de « véritables terroristes ». Et le diplomate d’expliquer avoir recueilli en 2005 une confidence du djihadiste à l’occasion d’une visite en prison : « Pour changer la situation en Irak, il faut tuer Obama », lui aurait-il dit. Selon le consul, Diakhaby était parti faire le djihad « dans l’idée de tuer des Américains et [est] toujours dans cette optique ».
Fritz-Joly et Diakhaby sont jugés par le tribunal correctionnel de Paris. Les deux hommes risquent dix ans de prison. La maîtresse de Fritz-Joly, Fehime A., serait quant à elle toujours en Syrie. Aux dernières nouvelles, qui remontent à plusieurs mois, elle était enfermée dans une maison pour femmes à Raqqa.
Source :
http://www.lepoint.fr/justice/terrorisme-un-proche-des-freres-kouachi-juge-a-paris-09-02-2017-2103456_2386.php

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