Vidéo d’Itamar Ben Gvir : Inélégante fanfaronnade ou symptôme d’une fatigue historique juive face à l’injonction de faiblesse ?

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Par Elie Duran
Je n’ignore rien de ce qui peut être reproché à Itamar Ben Gvir : goût de la provocation, parole abrupte, absence de cette politesse diplomatique dont les chancelleries modernes ont fait une liturgie. Pourtant, réduire l’épisode à une simple vulgarité politique, c’est peut-être manquer ce qu’il révèle d’un état plus profond, plus ancien, plus douloureux aussi : celui d’un peuple qui ne veut plus raser les murs de l’Histoire.
Il est étrange de voir combien certaines images offensent davantage que certaines blessures.
Quelques prisonniers de flottille filmés après leur interception, et voici les chancelleries émues, les éditorialistes réveillés, les gardiens de la morale internationale soudain convoqués à leur propre indignation. Il n’en fallait pas tant : un ministre israélien trop théâtral, un geste jugé vulgaire, un surplus d’orgueil national, et déjà le verdict tombait — populisme, faute diplomatique, embarras inutile.
Il aurait fallu agir sans montrer.
Toujours cette vieille injonction adressée au Juif : souffrir, peut-être ; se défendre, à la rigueur ; mais surtout, ne jamais troubler le confort moral du spectateur.
Il faut reconnaître à Itamar Ben Gvir ce qu’on lui refuse souvent : il ne possède ni l’élégance diplomatique des salons ni l’art sophistiqué des demi-mensonges internationaux. Son geste fut peut-être inutile. Sa manière, certainement rugueuse. On peut même penser qu’un État gagne parfois à la retenue plutôt qu’à la démonstration.
Mais l’acharnement à condamner cette scène révèle peut-être davantage ceux qui la regardent que celui qui l’a provoquée.
Car, au fond, ce qui gêne n’est jamais seulement Ben Gvir. Ce qui gêne, c’est autre chose.
C’est un peuple juif qui, après deux mille ans à apprendre l’humiliation comme discipline spirituelle, commence à parler une langue que le monde supporte mal : celle de la souveraineté.
Pendant des siècles, le Juif fut prié de tendre l’autre joue. Non pas tant comme idéal universel que comme condition tacite de son acceptation. Le Rav Léon Yehouda Ashkenazi, Manitou, avait perçu cette ironie tragique : le christianisme européen demanda souvent au Juif une sainteté que les nations chrétiennes elles-mêmes pratiquèrent avec une retenue plus inégale.
On enseignait le pardon au peuple qu’on expulsait. On prêchait la joue tendue à ceux qui recevaient les coups.
Des croisades aux expulsions, des conversions forcées aux humiliations patientes de l’Histoire, le Juif apprit cette pédagogie singulière : survivre sans déranger.
Être suffisamment souffrant pour émouvoir, jamais assez vivant pour inquiéter. Car le Juif mort rassure davantage que le Juif debout.
Le Juif persécuté suscite la compassion ; le Juif souverain provoque l’inconfort. Le Juif errant inspire la littérature ; le Juif frontalier dérange les diplomaties.
Et voici peut-être le véritable scandale : Israël ne veut plus demander pardon d’exister entre des frontières.
On parle d’une flottille humanitaire. Peut-être? Mais les nations ont une mémoire, et les peuples blessés davantage encore.
Le nom du Mavi Marmara n’appartient pas à une abstraction morale. Dans la mémoire israélienne, il évoque aussi des soldats attaqués à coups de barres de fer, poignardés, gravement blessés alors qu’ils intervenaient pour faire respecter une frontière maritime dont chacun connaissait pourtant l’existence. Ce n’est pas un mythe politique ; c’est une cicatrice.
Et lorsque de nouvelles flottilles, parties de Marmaris, rejouent, même symboliquement, cette scène fondatrice — parfois jusqu’à convoquer le même imaginaire — Israël entend moins une innocence militante qu’une provocation calculée : non pas seulement apporter une aide, mais éprouver une frontière, la mettre au défi, vérifier jusqu’où le Juif souverain osera encore défendre son seuil.
Car il faut le dire : le lien avec le Mavi Marmara n’est pas seulement géographique ou accidentel. La flottille actuelle s’inscrit dans une continuité revendiquée avec la mission de 2010. L’organisation turque IHH, déjà au cœur de la flottille du Mavi Marmara, participe de nouveau à cette mobilisation, et plusieurs communications liées au mouvement évoquent explicitement l’idée d’un prolongement de cette « mission ». Même le réseau mémoriel du Mavi Marmara présente certaines flottilles contemporaines comme relevant d’un même héritage symbolique : une histoire qui continuerait, un geste qui se prolongerait, une confrontation que certains semblent vouloir maintenir ouverte.
Car voilà peut-être l’humiliation véritable, rarement nommée. L’idée persistante que les frontières juives ne seraient jamais tout à fait des frontières.
Qu’elles demeureraient provisoires, suspectes, conditionnelles — soumises à un examen moral permanent auquel aucune autre nation ne consentirait. Les États ont des frontières. Israël, lui, devrait avoir des justifications.
Les nations exercent leur souveraineté ; Israël devrait s’excuser de la sienne.
On lui reproche sa méfiance après les massacres ; sa vigilance après les attentats ; sa rudesse après le 7 octobre. Comme si l’on exigeait du peuple revenu d’entre les morts qu’il continue de se comporter avec la docilité du cimetière.
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9 Commentaires

  1. benjamin dit :

    texte brillant!bravo et felicitations a l auteur !a ce propos il se prepare deja une nouvelle flotille!et la sandrine rousseau dit reflechir a y participer !!avec son petit air con !et ses lunettes qui font serieux !!peut etre verrons nous d autres figures politiques françaises en mal de notoriètè a deux balles !!!on attend avec imptience !!

  2. Dandaniel dit :

    Israël ne se laissera plus faire, c est fini le juif qui  » s aplati « , Ben Gvir a eu raison…pas dans la forme, ( quoique ..) mais dans le fond …!

    • V dit :

      @ Dan
      « raison … PAS dans la forme »
      Ah bon, et pourquoi donc ?
      En face n’a t-on pas affaire à des provocateurs qui ne connaissent que l’insulte la lâcheté et l’humiliation (rappelez-vous des images de ces sous-merdes le 07/10 et le 11/09).
      Ils jouissent de nos découvertes et progrès étalés sur des millénaires mais jaloux d’être au fond des chiottes sur le plan civilisationnel ils n’aspirent qu’à se la péter race supérieure kalach à la main contre des civils désarmés (mais une fois que Tsahal entre en jeu ils détalent comme des rats).
      .

  3. David 92 dit :

    Même si on ne fait rien on est critiqués.
    Alors si on a l’occasion de nous défouler… Pourquoi pas ?
    Ces ordures se sont elles gênées ?
    Dans ce domaine on n’arrive pas à leurs chevilles .
    Bravo Monsieur BEN GVIR ne changez pas… comme vous faites c’est bien et ce que vous ressentez tout le Peuple JUIF le ressent au fond de lui même..ne soyons pas hypocrites.
    Nous n’oublierons jamais le 7 Octobre avec toutes ces gamines jetées dans des coffres de voiture pour être lynchées et violées arrivées à GAZA…
    La liste est longue et ici nous la connaissons .
    Encore une fois bravo Monsieur BEN GVIR comme vous faites c’est bien….

  4. David 92 dit :

    Ce n’est pas demain qu’on verrait  » une  » flottille pour la Chine » ou pour la « Corée du Nord ».
    Pauvres tâches .ils regretteraient BEN ZVIR..

  5. Jack dit :

    Il y a un moment où il faut dire stop et se faire comprendre
    Ces flottilles illégales devraient avoir l’obligation de faire demi tour et sortir des eaux territoriales ou êtres coulées
    Israël est sympa de les sauver et de les mettre dans un avion et pas en prison

  6. Hérode dit :

    bravo à ben gvir !
    ça fait trop longtemps qu’on attend de les contempler humilié ces raclures woke pro palos
    Sales gauchistes leches babouches

  7. Claude dit :

    Bravo I.Ben Gvir pour ce que vous avez fait, cependant il semble que cela ne les a pas découragé de venir perturber une zone de guerre puisque certains évoquent déjà une nouvelle flottille. Il faudra pourtant que cette comédie soit stoppée, Tsahal qui se bat sur plusieurs fronts a autre chose à faire que de faire la chasse aux petits rigolos qui cherchent juste la provocation, il faut les prévenir que le premier qui s’approchera de Gaza (zone de guerre) sera coulé. Je suppose que dit par I.Ben Gvir ce sera pris au sérieux.

  8. Jack dit :

    Lecornu n’en a plus pour très longtemps à nous faire son cinéma avec des jeunes mecs
    Ils sont tordus des pieds à la tête avec toutes leurs déviation de viscieux

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