Attentat antisémite et islamiste près de la tour Eiffel en 2023 : procès requis contre l’assaillant
Le parquet national antiterroriste requiert un procès contre le suspect de l’attaque au couteau près de la tour Eiffel en décembre 2023, qui avait fait un mort et deux blessés. Poursuivi pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste en récidive, il pourrait être jugé par une cour d’assises spéciale.
Un procès a été requis contre le suspect de l’attaque au couteau ayant coûté la vie à un touriste germano-philippin près de la tour Eiffel en décembre 2023, a indiqué vendredi le parquet national antiterroriste (Pnat), confirmant une information de Ouest-France.
Dans son réquisitoire, qui date de lundi, le Pnat demande qu’Armand Rajabpour-Miyandoab soit jugé devant la cour d’assises de Paris spécialement composée pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste en état de récidive légale » et « tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste en état de récidive légale ».
« Tuer des juifs »
Dans la foulée de l’attaque survenue le 2 décembre 2023, au cours de laquelle il avait aussi blessé deux personnes à coups de marteau, Armand Rajabpour-Miyandoab, un ressortissant franco-iranien, avait été mis en examen et placé en détention provisoire à l’isolement. Il avait ensuite été déchu de sa nationalité française. Contactée, son avocate Clémentine Perros n’a pas souhaité faire de commentaire.
En décembre 2023, le suspect avait longuement parlé lors de sa garde à vue. Il avait affirmé avoir répondu à un « appel fin octobre de l’Etat islamique, demandant à tuer des juifs », avait précisé une source judiciaire après son interrogatoire. Il disait ainsi avoir agi « en réponse aux exactions, selon lui, de l’Etat d’Israël sur la bande de Gaza ».
Il avait également indiqué, d’après une source proche de l’enquête, ne pas avoir supporté que la tour Eiffel ait été illuminée « aux couleurs d’Israël » après les massacres commis par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023.
« Plusieurs cibles »
Il avait précisé avoir envisagé « plusieurs cibles », et notamment le jardin mémoriel des enfants du Vel d’Hiv, en mémoire des enfants juifs raflés les 16 et 17 juillet 1942. « Il y avait des sites juifs envisagés, mais pas que », avait ajouté la source judiciaire.
Armand Rajabpour-Miyandoab avait déjà été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs à visée terroriste, après un projet d’action violente à la Défense, le quartier des affaires à l’ouest de Paris, en 2016.
Il était sorti de prison en mars 2020, avec une injonction de soins « impliquant un suivi psychiatrique resserré et contrôlé par un médecin coordinateur » jusqu’à la fin de la mise à l’épreuve le 26 avril 2023, selon le Pnat.
L’attentat avait mis sous pression le gouvernement, deux mois à peine après celui d’Arras (Pas-de-Calais), qui avait coûté la vie à l’enseignant Dominique Bernard.
Source
https://www.europe1.fr/
