Ils préparaient un « 13-Novembre » bis: le parquet requiert leur renvoi aux assises

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Par Claire Hache et Anne Vidalie,

Reda Kriket avait été condamné à dix ans d’emprisonnement, en juillet 2015, par la justice belge pour participation à un groupe terroriste.
Selon le réquisitoire définitif que L’Express a consulté, la cellule d’Argenteuil à laquelle appartenait Reda Kriket fomentait un attentat « particulièrement meurtrier ».
La conviction du parquet national antiterroriste (PNAT) est faite : l’arrestation de Reda Kriket, à Argenteuil, dans le Val-d’Oise, le 24 mars 2016, a permis de déjouer « un attentat qui promettait d’être particulièrement meurtrier au regard de l’arsenal saisi dans l’appartement conspiratif ». Selon le réquisitoire définitif que L’Express a pu consulter, l’enquête démontre que, « démantelée deux jours après les attentats commis à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles, la cellule d’Argenteuil s’inscrit, du fait de la formation de ses membres, de ses contacts au sein des opérations extérieures du groupe Etat Islamique, de son mode opératoire et de ses projets mortifères, dans la droite ligne des attentats et des projets d’attentats perpétrés en Europe depuis le début de l’année 2015. »

Le PNAT demande le renvoi des membres de cette « cellule d’Argenteuil » devant la cour d’assises spécialement composée pour leur participation « à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes, étant acquis à l’idéologie djihadiste ». Trois hommes, « acquis de longue date aux thèses djihadistes », se trouvent au coeur de ce funeste plan. Reda Kriket, Franco-Algérien de 37 ans, voleur et délinquant de droit commun, a eu maille à partir à onze reprises avec la justice française. En Belgique, il a été condamné à dix ans d’emprisonnement, en juillet 2015, en son absence, pour participation à un groupe terroriste. Lors d’un stage de sport pour anciens détenus, en 2006, il a sympathisé avec le Tunisien Anis Bahri, né en janvier 1984 à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, six condamnations à son actif dont deux pour vol avec violence, qui se décrit lui-même comme « djihadiste ». Leur comparse Aberrahmane Ameuroud, 42 ans, est un Algérien bien connu des services de renseignement français. Vétéran des camps d’entraînement d’Al-Qaïda en Afghanistan, il a été condamné à sept ans de prison à Paris, en mai 2005, pour sa participation à l’acheminement de combattants vers la région pakistano-afghane.

Fusils d’assaut, explosifs et faux passeports
L’arsenal amassé par les trois complices à Argenteuil stupéfait les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure. Dans le petit studio, ils découvrent six fusils d’assaut, dont cinq de type kalachnikov, sept armes de poing, un stock « considérable » de munitions de divers types, ainsi que 3 kilos de dynamite industrielle, 105 grammes de TATP, un explosif très prisé des terroristes, des produits chimiques et les équipements nécessaires pour fabriquer davantage d’explosifs, du matériel électrique « susceptible de servir à la constitution de dispositifs de détonation » ainsi que de nombreuses billes métalliques de différentes tailles. Un coupe-vent siglé « police », un autre marqué « douane », cinq passeports français volés et de faux documents d’identité complètent l’inquiétant attirail. Le trio se rend à Rotterdam, au début de 2016, pour étoffer son arsenal. Il y fait l’acquisition de 16 chargeurs et de 3768 cartouches, essentiellement du 7,62 millimètres pour kalachnikov. « Des munitions de gros calibre, seul calibre manquant pour l’utilisation des armes stockées à Argenteuil », selon le réquisitoire définitif.

Les armes saisies dans la planque d’Argenteuil.

Les investigations ont permis de mettre au jour des liens directs ou indirects avec des cadres de l’organisation Etat islamique en Syrie, et notamment des responsables des opérations extérieures. Ainsi, dans sa tentative de rejoindre le Sham après l’arrestation de Kriket en mars 2016, Anis Bahri se réclame de deux garants, « Abou Muqatil » et « Abou Muthana ». Le premier n’est autre que le Franco-Tunisien Boubakeur El Hakim, soupçonné d’avoir commandité plusieurs attentats en France et en Tunisie. Le second désignerait l’Algérien Abdelnasser Benyoucef, vétéran du djihad et mentor de plusieurs membres des commandos qui ont frappé l’Europe – dont Abdelhamid Abaaoud, le chef d’orchestre des attentats parisiens du 13 novembre 2015. Or, dans le répertoire WhatsApp de Bahri, figure un numéro de téléphone turc enregistré au nom d' »Abou Omar/Abou7afs », qui pourrait être celui d’Abaaoud, alias « Abou Omar al Belgiki », et du Français Tyler Vilus, dit « Abou Hafs », un proche d’Abaaoud arrêté en Turquie en juillet 2015 alors qu’il cherchait à prendre le chemin de l’Hexagone. Un autre des comparses de Kriket, Yasin Alami, entretient, lui, des contacts avec Ibrahim Abrini, frère de l’un des kamikazes de Bruxelles et mis en examen, en Belgique, pour participation aux activités d’un groupe terroriste.
Des « frères de France » prêts à frapper
Reda Kriket et Anis Bahri étaient-ils liés à la cellule terroriste qui a frappé Paris et Bruxelles ? C’est la conviction des enquêteurs basée sur le contenu d’un ordinateur abandonné par le commando de djihadistes dans une poubelle de Bruxelles, juste avant de frapper l’aéroport et le métro de la capitale belge le 22 mars 2016. Dans un message audio, l’un d’eux, Najim Laachraoui, évoque les « frères de France » et notamment les instructions laissées à un dénommé « Ahmed » et les armes confiés à un certain « Imrane ». Selon les policiers, l’une des cibles pouvait être l’Euro de football organisé en France du 10 juin au 10 juillet 2016.
Si l’enquête n’a pas pu le démontrer « avec certitude », l’hypothèse d’une présence commune en Syrie du duo Kriket-Bahri est clairement évoquée. Tous deux se sont en effet trouvés en Turquie au même moment en janvier 2015, « leur séjour respectif étant placé sous le sceau de la discrétion et de la dissimulation ».
Source :
https://www.lexpress.fr/actualite/societe/enquete/ils-preparaient-un-13-novembre-bis-le-parquet-requiert-leur-renvoi-aux-assises_2105139.html

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3 Commentaires

  1. STOP OU ENCORE

    28 octobre 2019 at 21 h 40 min

    de toutes façons ils ont ça dans le sang , c est génétique chez eux ils ne pensent qu a tuer , il faut s en défaire pour ne pas dire……

  2. Fleur

    30 octobre 2019 at 1 h 55 min

    Déchéance de la nationalité et renvoi dans leur pays d’origine

    • STOP OU ENCORE

      2 novembre 2019 at 17 h 44 min

      surtout!!!! ne pas les renvoyer chez eux , il y a plus simple et moins couteux et garanti a 100%….

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