Lille:ANTIJUDAISME ISLAMIQUE La tribune incendiaire d’un ancien prof du lycée musulman

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Il a jeté un pavé dans la mare. Un ancien professeur de philosophie du lycée musulman Averroès de Lille a provoqué un vif émoi dans l’établissement en signant une nouvelle tribune incendiaire dans Libération. Certains cours ont été interrompus ce vendredi, et selon les informations de l’agence AEF-Éducation, le lycée a même porté plainte.

Soufiane Zitouni avait déjà fait débat dans l’établissement en affichant, en salle des professeurs, une première tribune titrée «Aujourd’hui, le Prophète est aussi Charlie». Dans son 2e texte, l’enseignant relate un peu les réactions de ses collègues vis-à-vis de ses positions. Mais ce sont surtout les opinions ouvertement antisémites et «islamistes» de ses élèves que Soufiane Zitouni fustige dans «Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès».
«Territoire musulman sous contrat avec l’État»
«En plus de vingt années de carrière en milieu scolaire, je n’ai jamais entendu autant de propos antisémites de la bouche d’élèves dans un lycée!», s’indigne l’enseignant, dénonçant un «antisémitisme quasi “culturel”». Sans compter les tergiversations d’une élève sur le mot «sexe», ou le soutien largement partagé aux propos de Dieudonné…
Soufiane Zitouni ne s’en prend pas seulement aux élèves. Pour lui, c’est clair: «Le lycée Averroès est un territoire “musulman” sous contrat avec l’État». Ses responsables, écrit-il, jouent «un double jeu avec notre République laïque: d’un côté montrer patte blanche dans les médias (…), et d’un autre côté diffuser de manière sournoise et pernicieuse une conception de l’islam qui n’est autre que l’islamisme».


Message en Une du site web du lycée Averroès – Averroès
A l’appui de sa démonstration, l’ancien professeur de philosophie remarque notamment que la bilbiothèque du lycée Averroès ne comporte paradoxalement aucun ouvrage du philosophe andalou. Or selon lui «c’était la grande idée du philosophe Averroès que de consdérer qu’il ne pouvait y avoir de contradiction entre la vérité philosophique et la vérité coranique».
Contactée, la direction du lycée indique qu’elle devrait réagir dans l’après-midi.

lire l’article de 20MINUTES en cliquant sur le lien ci-après

HTTP://WWW.20MINUTES.FR/LILLE/1535171-20150206-LILLE-TRIBUNE-INCENDIAIRE-ANCIEN-PROF-LYCEE-MUSULMAN

lire l’article de LIBERATION en cliquant sur le lien ci-après

http://www.liberation.fr/societe/2015/02/05/pourquoi-j-ai-demissionne-du-lycee-averroes_1196424

Soufiane Zitouni raconte ses difficultés suite à la publication de sa tribune intitulée «Le Prophète est aussi Charlie», ainsi que son quotidien durant les cinq mois passés au sein de ce lycée.
Depuis la rentrée 2014, Soufiane Zitouni enseigne au lycée Averroès, établissement privé musulman, sous contrat avec l’Etat, situé à Lille. Le 15 janvier, il publiait dans Libération une tribune intitulée «Le Prophète est aussi Charlie» dans laquelle il concluait «le prophète de l’islam, Mohamed, pleure avec nous toutes les victimes innocentes de la barbarie et de l’ignorance, et demande à Allah le pardon pour les nombreuses brebis égarées se réclamant de sa religion alors qu’elles n’ont toujours pas compris l’essentiel de son message.»
Il raconte ici ses difficultés suite à la publication de ce texte, ainsi que son quotidien durant les cinq mois passés au sein de ce lycée. Depuis deux semaines, démissionnaire de son poste, Soufiane Zitouni est en arrêt maladie. D’origine algérienne, il se réclame du soufisme, un courant ésotérique de l’islam moins attaché au caractère prescriptif de la religion, privilégiant une voie intérieure. Pendant une vingtaine d’années, il a enseigné dans des établissements catholiques et souhaite favoriser le dialogue interreligieux, tout en prônant un Islam plus ouvert et fraternel.

Depuis la publication de mon texte intitulé«Aujourd’hui, le Prophète est aussi Charlie»dans Libération le 15 janvier, il y a eu quelques«rebonds» dans ma vie, et certains d’entre eux, très négatifs, m’ont mené à démissionner du lycée musulman Averroès de Lille, lycée sous contrat avec l’Etat où j’ai tenté d’exercer durant cinq mois éprouvants mon métier de professeur de philosophie.
J’ai reçu de nombreux soutiens et remerciements après la publication de ce texte, certains m’ont même parlé de «courage». Mais pour moi, prendre la plume pour faire entendre ma voix en tant que citoyen français de culture islamique après les horribles attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher était surtout de l’ordre du devoir. Or, le jour même de la publication de ce texte, un proche de la direction de mon lycée vint m’interrompre en plein cours pour me dire en catimini dans le couloir attenant à ma classe : «Il est très bien ton texte, je suis d’accord avec toi sur le problème des musulmans qui manquent d’humour et de recul par rapport à leur religion, mais tu dois savoir que tu vas te faire beaucoup d’ennemis ici, et je te conseille de regarder derrière toi quand tu marcheras dans la rue…».
Par la suite, un enseignant décida d’afficher une photocopie de mon texte en salle des professeurs. Bien mal lui en prit ! Ma pauvre tribune libre sera retirée plusieurs fois du tableau d’affichage «Vie de l’établissement» par des collègues musulmans furieux qui crieront au sacrilège ! Puis le 20 janvier, un professeur du lycée, proche des frères Tariq et Hani Ramadan, publia une sorte de «réplique» sur le site «L’Obs Le plus». Dans cette tribune, il incrimina mon manque de raison, et tira à boulets rouges surCharlie Hebdo en affirmant que ce journal «cultive l’abject» et qu’il «concourt, chaque jour, à la banalisation des actes racistes» (sic). Voilà donc ce que pensait un «représentant» du lycée Averroès d’un journal qui venait d’être attaqué tragiquement par des terroristes au nom d’Al Qaeda ! Pas étonnant alors que certains de mes élèves m’aient affirmé en cours que les caricaturistes de Charlie Hebdo assassinés l’avaient bien cherché, voire mérité… Et évidemment, nombre d’élèves me tiendront exactement le même discours que mon «contradicteur» :«vous n’auriez jamais dû écrire dans la presse que le Prophète est aussi Charlie !»,«c’est un blasphème !», «vous léchez les pieds des ennemis de l’islam !», etc. Ce texte sera ensuite affiché à côté du mien en salle des professeurs, par souci du «débat démocratique», a-t-on essayé de me faire croire…
J’ai commencé à enseigner la philosophie au lycée Averroès en septembre 2014. Bien qu’on m’ait prévenu que cet établissement était lié à l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), réputée proche de l’idéologie de Frères Musulmans, j’ai tout de même voulu tenter cette expérience en espérant pouvoir travailler dans l’esprit du grand philosophe Averroès, et donc contribuer, à ma mesure, au développement sur notre territoire national d’un islam éclairé par la raison, comme le philosophe andalou du XIIe siècle a tenté de le faire lui-même de son vivant. Mais en cinq mois de travail dans ce lycée, mon inquiétude et ma perplexité n’ont fait que s’accroître jusqu’à l’épilogue que fut cette réaction incroyable à un texte dont le tort principal aux yeux de mes détracteurs était sans doute d’être intitulé : «Aujourd’hui, le Prophète est aussi Charlie»…
Pour vous donner une première idée de l’illusion qui fait office d’image positive dans la vitrine publique de ce lycée, je vais vous relater ma première mauvaise surprise : la direction m’a confié des élèves de seconde pour deux heures hebdomadaires d’enseignement d’exploration en «Littérature et Société», alors en tant que professeur de philosophie, j’ai décidé de travailler avec eux sur un projet que j’ai nommé «L’esprit d’Averroès» afin de leur faire découvrir celui qui a donné son nom à leur lycée. Mais quelle n’a pas été ma surprise de constater que sur les rayons du CDI de cet établissement, il n’y avait ni livres du philosophe andalou, ni livres sur lui ! En revanche, j’y ai trouvé des ouvrages des frères Ramadan, très prisés dans ce lycée… J’ai dû alors me rabattre sur des bibliothèques municipales de Lille pour pouvoir commencer mon travail.
Pendant mes cours de philosophie avec mes quatre classes de terminale, les désillusions ont continué. Tout d’abord, le thème récurrent et obsessionnel des Juifs… En plus de vingt années de carrière en milieu scolaire, je n’ai jamais entendu autant de propos antisémites de la bouche d’élèves dans un lycée ! Une élève de terminale Lettres osa me soutenir un jour que «la race juive est une race maudite par Allah ! Beaucoup de savants de l’islam le disent !» Après un moment de totale sidération face à tant de bêtise, j’ai rétorqué à l’adresse de cette élève et de toute sa classe que le Prophète de l’islam lui-même n’était ni raciste, ni antisémite, et que de nombreux textes de la tradition islamique le prouvaient clairement. Dans une classe de terminale ES, un élève au profil de leader, m’a soutenu un jour en arborant un large sourire de connivence avec un certain nombre de ses camarades, que les Juifs dominent tous les médias français et que la cabale contre l’islam en France est orchestrée par ce lobby juif très puissant. Et j’ai eu beau essayer de démonter rationnellement cette théorie du complot sulfureuse, rien n’y a fait, c’était entendu : les Juifs sont les ennemis des musulmans, un point c’est tout ! Cet antisémitisme quasi «culturel» de nombre d’élèves du lycée Averroès s’est même manifesté un jour que je commençais un cours sur le philosophe Spinoza : l’un d’entre eux m’a carrément demandé pourquoi j’avais précisé dans mon introduction que ce philosophe était juif ! En sous-entendant, vous l’aurez compris, que le signifiant«juif» lui-même lui posait problème !
Autre cause de grosses tensions avec mes élèves : ma prétendue non-orthodoxie islamique ! Car évidemment, en tant que professeur de philosophie de culture islamique travaillant dans un lycée musulman, il m’arrivait régulièrement d’établir des passerelles entre mon cours et certains passages du Coran ou de la Sunna (un ensemble d’histoires relatant des propos et des actes du Prophète). Mais j’ai été agressé verbalement par des élèves qui considéraient que je n’avais aucune légitimité pour leur parler de la religion islamique, et de surcroît dans un cours de philosophie ! J’avais beau leur dire que c’était précisément la grande idée du philosophe Averroès que de considérer qu’il ne pouvait y avoir de contradiction entre la vérité philosophique et la vérité coranique, rien n’y faisait.
Et puis il y avait les thèmes et les mots tabous… La théorie darwinienne de l’évolution ? Le Coran ne dit pas cela, donc cette théorie est fausse ! J’avais beau me référer au livre de l’astrophysicien Nidhal Guessoum, Réconcilier l’islam et la science moderne dont le sous-titre est justement l’Esprit d’Averroès ! [Aux Presses de la Renaissance, ndlr], qui affirme avec de très solides arguments scientifiques et théologiques que la théorie de l’évolution est non seulement compatible avec le Coran, mais que plusieurs versets coraniques vont dans son sens, rien n’y faisait non plus.
Le mot «sexe» lui-même pouvait être tabou. Un jour, une élève (voilée) qui s’était proposée pour lire un texte de Freud, refusa de prononcer le mot «sexe» à chacune de ses occurrences dans l’extrait concerné, et c’est la même élève qui refusa lors d’un autre cours de s’asseoir à côté d’un garçon alors qu’il n’y avait pas d’autre place possible pour elle dans la salle où nous nous trouvions ! J’ai dû alors lui rappeler fermement que la mixité dans l’enseignement français était un principe intangible et non négociable. Enfin, combien d’élèves du lycée n’ai-je pas entendu encenser, défendre, soutenir Dieudonné ! Avec toujours cette même rengaine, comme répétée par des perroquets bien dressés : pourquoi permet-on à Charlie Hebdo d’insulter notre Prophète alors qu’on interdit à Dieudonné de faire de l’humour sur les Juifs ?
Je peux vous parler aussi de la salle des professeurs du lycée Averroès, où des collègues musulmans pratiquants font leurs ablutions dans les toilettes communes, donc en lavant leurs pieds dans les lavabos communs, et où la prière peut être pratiquée à côté de la machine à café… Quid des collègues non musulmans (il y en a quelques-uns) qui aimeraient peut-être disposer d’un espace neutre, d’un espace non religieux, le temps de leur pause ?
En réalité, le lycée Averroès est un territoire «musulman» sous contrat avec L’Etat… D’ailleurs, certains collègues musulmans masculins se sont permis de faire des remarques sur des tenues vestimentaires de collègues féminines non musulmanes, sous prétexte qu’elles n’étaient pas conformes à l’éthique du lycée ! Et l’une de ces collègues féminines non musulmane m’a dit un jour également qu’elle ne se sentait pas «légitime» (sic) dans le regard de ses élèves, parce qu’elle n’était pas musulmane précisément…
Je ne pouvais donc plus cautionner ce qui se passe réellement dans les murs de ce lycée, hors caméras des médias et derrière la vitrine officielle, même si je sais pertinemment que les adultes y travaillant et les élèves ne sont pas tous antisémites et sectaires. Mais, j’ai fini par comprendre au bout de cinq mois éprouvants dans cet établissement musulman sous contrat avec l’Etat français (mon véritable employeur en tant que professeur certifié), que les responsables de ce lycée jouent un double jeu avec notre République laïque : d’un côté montrer patte blanche dans les médias pour bénéficier d’une bonne image dans l’opinion publique et ainsi continuer à profiter des gros avantages de son contrat avec l’Etat, et d’un autre côté, diffuser de manière sournoise et pernicieuse une conception de l’islam qui n’est autre que l’islamisme, c’est-à-dire, un mélange malsain et dangereux de religion et de politique.
Enfin, last but not least, il y a ce propos entendu de la bouche même d’un responsable du lycée, lors d’un discours prononcé à l’occasion d’une remise des diplômes à l’américaine aux bacheliers du lycée de la session 2014, en présence de deux «mécènes» du Qatar : «Un jour, il y aura aussi des filles voilées dans les écoles publiques françaises !» Un programme politique ?
Soufiane ZITOUNI (Ancien professeur de philosophie au lycée Averroès à Lille)

happywheels

9 Commentaires

  1. Ola Hadacha

    6 février 2015 at 15 h 27 min

    Faire cours en terminale, j’ai deja pas facile, surtout si le cours porte sur Spinoza…Je pense qu’en terminale musulmane, ca doit etre 100 fois pire, voila pourquoi je conseille a cet enseignant d’inscrire en majuscules, au tableau, cette citation qui n’ est pas de Spinoza mais qui a le merite d’etre claire : ESSAYER DE RAISONNER UN CON C’EST COMME VOULOIR FAIRE JOUIR UNE POUPEE GONFLABLE

    • liguedefensejuive

      6 février 2015 at 18 h 40 min

      Pas d’amalgame contre les poupées gonflables .

    • darmon

      6 février 2015 at 20 h 12 min

      scandaleux mais je suis sure que les socialistes font tout pour etouffer toutes ces histoires d ailleurs un depute ps ne s est pas cache pour dire que les socialos pour des voix des votes ils ont ferme les yeux pour les cantines les horaires de piscine et tout le reste ce n est pas possible s ils n etaient pas soutenus ce prof a du courage de dire et d ecrire mais voila ou nous en arrivons ce n est qu un petit debut les personnes agees disent qu a chaque fois que les socialistes sont au pouvoir il y a des guerres des violences et de gros problemes sans compter sur hollande qui n est pas a la hauteur les francais qui lui donnent 10 points de plus pour avoir assuré les ceremonies mais il n y aurait pas eu de victimes car la france etait sur liste rouge risque attentats et qu a fait le gouvernement oui le plan vigipirate et l armee sont arrives apres que tous ces pauvres francais soient tombes triste mais le 19 fois president n a rien fait jusqu a present n importe quel president aurait fait de meme pour les ceremonies je pense qu ils ont peur de les francais se soulevent alors on met du beurre sur les tartines comme un spraradrap sur une plaie mais la plaie risque de rester ouverte et de s infecter grave

  2. josué bencanaan

    7 février 2015 at 10 h 32 min

    Bon lycée musulman a Lille, ville de socialo, comme c’est curieux ^^

  3. David

    7 février 2015 at 13 h 31 min

    « Bravo Monsieur Zitouni , vous êtes un Juste .

    Abdelwouab Medeb , que D. le fasse revivre , de là où il est, doit vous bénir .

    Continuez vous qui êtes dans la droite ligne d’Averroes et de Spinoza dans ce qu’ils ont de meilleur.

    Kol Akavod , mon frère »

  4. Pierre un Gaulois

    8 février 2015 at 10 h 11 min

    Sur le site de « libération » un article :
    le lycée Averroés attaque en diffamation un professeur de philo…
    …….
    Cela coïncide avec l’inculpation d’Arno Klarsfeld et le procès de Renaud Camus, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.

    • Alice

      9 février 2015 at 10 h 52 min

      vu un reportage aux infos : des professeurs du lycée sont « sous le ,choc » , ils ne savaient pas que celui qui les dénonce était « si mal dans sa peau », il aurait du parler avec eux : Ce que ça prouve est que quoi que vous leur donniez ils le détourneront et l’utiliseront à leur avantage . Qui est-ce que cette histoire étonne ? Vous y croyez une seconde en l’amitié entre les peuples ?

  5. Cathy

    8 février 2015 at 19 h 20 min

    Il faut remercier Martine Aubry d’avoir permis cela…

  6. Pascal

    2 octobre 2015 at 13 h 25 min

    Je signale que Darmon est hors sujet, cet article n’est pas de la politique. Darmon critique a fond le PS alors que si ils prennent le pouvoir, c’est que le président sortant tenait pas la route, ça c’est reproduit deux fois dans cette 5eme république. D’ailleurs ça fait 40 ans qu’on est très mal gouverné.
    Hélas les différentes religions ne sont pas prêtes a vivre en paix et pourtant les chrétiens savent: On est tous frères, on est tous les enfants de Dieu…

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