Terrorisme : quand Inès Madani jouait les mentors auprès d’aspirants djihadistes

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• Par Marianne Enault
Le procès de trois jeunes Français qui recrutaient des candidats au djihad sur internet en 2015 et en 2016 sont jugés depuis mercredi par le tribunal correctionnel de Paris. Parmi eux, Inès Madani, qui sera jugée à l’automne pour l’attentat raté à la voiture piégée de Notre-Dame de Paris.
Inès Madani, 22 ans, Cuneyt K., 24 ans, Medhi B., 25 ans. Ces trois jeunes Français sont jugés depuis mercredi par la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme, ils sont accusés d’avoir animé, en 2015 et 2016, un groupe sur la messagerie cryptée Telegram qui incitait les aspirants djihadistes au départ, en Syrie ou en Irak. Sur ce groupe, étaient également régulièrement évoqués des projets d’attentats.
Parmi les trois prévenus, le profil d’Inès Madani, originaire de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), intrigue. La jeune femme est en effet mise en examen dans un autre dossier. En septembre 2016, elle avait tenté de mettre feu à une voiture remplie de six bonbonnes de gaz près de Notre-Dame, à Paris. Pour ces faits, elle comparaîtra du 23 septembre au 11 octobre devant la Cour d’assises spéciale à Paris.
Pour recruter des djihadistes, Inès Madani se faisait passer pour un homme
Sur le groupe Telegram – baptisé Ansar Dawla – comme dans l’affaire de l’attentat raté de Notre-Dame, Inès Madani se faisait passer pour un homme. Elle s’y était baptisée « Abou Souleymane » ou encore « Abou Omar ». « Personne ne savait qu’elle était une femme. Personne n’aurait accepté de lui parler sachant qu’elle était une femme », a souligné la présidente du tribunal mercredi, rapporte Le Parisien.
« Elle n’hésitait pas à contrefaire sa voix pour se faire passer pour un homme, à envoyer des photos d’hommes en se faisant passer pour eux et utilisait des prénoms masculins », peut-on lire encore dans l’ordonnance de mise en accusation.
Lors de la procédure, l’un des trois accusés, Cuneyt K., avait confirmé cette information, racontant qu’Abou Souleymane se présentait comme un homme ayant combattu à Raqqa, en Syrie, et rentré en France pour commettre un attentat. Cuneyt K. avait indiqué qu’il ne l’avait jamais rencontré et qu’il était « un peu un mystère pour lui », rapporte encore le journal.
Inès Madani avait donc utilisé la même technique dans l’affaire de l’attentat raté de Notre-Dame de Paris. Sa complice, Ornella Gilligmann, a en effet raconté aux enquêteurs qu’elle avait agi à la demande d’un certain « Abou Omar », un homme qu’elle avait connu sur l’application Periscope et qu’elle avait fini par épouser religieusement par téléphone, sans jamais l’avoir rencontré. Pour les enquêteurs, il s’agit en fait d’Inès Madani.
Le groupe avait été filmé à son insu par un journaliste infiltré
Mercredi, le procès s’est ouvert avec l’interrogatoire de Cuneyt K. Le jeune homme, en détention provisoire depuis décembre 2015, est notamment accusé d’avoir incité plusieurs personnes, dont des mineurs, à partir en Syrie et d’avoir cherché à organiser un attentat en France. Fin 2014, il avait lui aussi tenté de rejoindre la Syrie mais s’était fait refouler en Turquie.
La particularité de ce dossier réside dans le fait qu’un journaliste avait infiltré le groupe Telegram. Il en avait tiré un documentaire, Soldats d’Allah, diffusé sur Canal+ en mai 2016. Pour les trois prévenus, les images, tournées en caméra cachée, sont accablantes.
Cuneyt K. y expliquait notamment qu’il voulait attaquer des militaires, une caserne de gendarmes, les écoles de droit « d’où sortent les futurs juges qui jugeront à la place d’Allah », ou encore des médias. Il disait encore qu’il voulait voir « des milliers de Français » mourir. Pendant sa garde à vue, il avait fait part de son désir de « mourir en martyr » pour l’Etat islamique.
Sur Internet, l’un des prévenus cherchait des « like »
Mercredi, devant la présidente du tribunal, le jeune homme a tenté de relativiser ses propos. « C’est pas sérieux, on dit ça comme ça », a-t-il tenté. Ou encore : « C’était de l’exagération. » Il s’est décrit comme un jeune homme un peu perdu : « Mon père n’était jamais satisfait de moi (…) J’avais un sentiment d’inutilité que j’avais envie de combler. »
Autre axe de défense : il voulait combattre les forces syriennes. « Le projet, c’était de partir » en Syrie pour combattre « Bachar el-Assad et son armée ». Le jeune homme a assuré qu’il n’aurait « pas été capable » de réaliser une attaque en France.
Interrogé sur son activité sur Internet – il y a fait l’apologie de l’attaque contre Charlie Hebdo, diffusé des images de décapitation d’otages, des photos d’Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attaques du 13-Novembre, etc – il a expliqué faire cela pour les « like ». « Sur les réseaux sociaux, il y a un peu de narcissisme. On veut que les gens ‘like' », a-t-il ainsi expliqué.
Pour les enquêteurs, le djihadiste français Rachid Kassim, un propagandiste de l’Etat islamique, téléguidait le commando via Telegram depuis la zone irako-syrienne. Inès Madani doit à son tour être entendue jeudi.
SOURCE :
https://www.lejdd.fr/Societe/Justice/terrorisme-quand-ines-madani-jouait-les-mentors-aupres-daspirants-djihadistes-3889982

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4 Commentaires

  1. Jako Lévy

    12 avril 2019 at 11 h 15 min

    article qui fait une pub inutile a ce trio ou quatuor de bras cassés

    si vous manquez d’ articles plus attrayants lancez un appel a tous vos lecteurs et proposez leur une rubrique ou leurs billets pourraient etre diffusés

  2. vrcngtrx

    12 avril 2019 at 11 h 17 min

  3. Jako Lévy

    14 avril 2019 at 19 h 08 min

    JUSTICE – Inès Madani, 22 ans, a été condamnée vendredi 12 avril à 8 ans de prison. La jeune femme, qui sera jugée à l’automne pour l’attentat raté à la voiture piégée à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, comparaissait depuis mercredi pour association de malfaiteurs à visée terroriste

  4. STOP OU ENCORE

    17 avril 2019 at 19 h 03 min

    encore une qui adore butagaz décidément encore une espèce a éradiquer.

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