1980 – Attentat de la rue Copernic :46 ans après appels à l’extradition de Hassan Diab

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Samedi 3 octobre, l’extradition de Hassan Diab vers la France a été réclamée par un responsable du Centre consultatif des relations juives et israéliennes du Canada (CIJA) ainsi que par un avocat de parties civiles. L’universitaire a été condamné en 2023 pour l’attentat de la rue Copernic.
Quatre personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées le 3 octobre 1980, lorsqu’un engin explosif déposé sur une motocyclette près de la synagogue de la rue Copernic a explosé. L’universitaire libano-canadien, désormais âgé de plus de soixante-dix ans, a été condamné le 21 avril 2023 par la cour d’assises spéciale de Paris à la réclusion criminelle à perpétuité par contumace ; un mandat d’arrêt a également été délivré.
« Niant ce passé et les faits dont on l’accuse, mais refusant de venir s’en expliquer à Paris, Hassan Diab coule des jours tranquilles au Canada », dénonce Me Antoine Casubolo Ferro, avocat parisien de 19 parties civiles, dans un communiqué transmis à l’AFP. Depuis le verdict, « ceux qui étaient les enfants de la synagogue de la rue Copernic et les proches des victimes décédés attendent l’extradition de Hassan Diab », poursuit-il. Auprès du président de la République, Emmanuel Macron, comme du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, il s’enquiert de l’avancement de la demande d’extradition et propose d’en faire un « préalable, incontournable, avant tout rapprochement entre le Canada, la France et l’Union européenne ». Mi-septembre, la France avait salué le projet d’approfondissement de la relation entre le Canada et l’UE.
« Il devrait y avoir extradition et il devrait y avoir transparence » de la part du gouvernement canadien, a déclaré à l’AFP Richard Marceau, vice-président principal et avocat du CIJA. « Malgré la décision de la cour d’assises spéciale de Paris, qui a déclaré M. Diab coupable, il est encore en liberté au Canada. C’est inacceptable qu’après 46 ans, justice n’ait pas été rendue », a-t-il jugé, ajoutant que « M. Diab devrait être derrière les barreaux en France ». Le Canada, à la différence de la France qui n’extrade pas ses propres ressortissants, examine les extraditions au cas par cas.
Selon l’université Carleton (Ottawa), Hassan Diab n’y est pas « employé et ne l’a pas été depuis décembre 2024 » ; l’établissement refuse de donner des informations personnelles, citant la confidentialité.
Me William Bourdon, avocat parisien de Hassan Diab, a souligné auprès de l’AFP que « les parties civiles s’obstinent aujourd’hui, c’est leur rôle », en évoquant « les grandes réserves du juge canadien quand il avait autorisé l’extradition de Hassan Diab au regard de la faiblesse des charges ». Après son extradition vers la France en 2014, M. Diab, qui clame son innocence, était rentré au Canada à la suite d’un non-lieu prononcé en janvier 2018. « Certes il y a une condamnation que nous considérons comme très inique mais en parfaite contradiction avec une ordonnance de non-lieu très motivée rendue par deux juges d’instruction antiterroristes après de longues investigations », a-t-il déclaré, estimant « très irréaliste » qu’un juge canadien se prononce favorablement sur une nouvelle demande d’extradition.

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7 Commentaires

  1. danny dit :

    Comme d’habitude pour changer, les terroristes sont sur-protégés par le système : alliance des progressistes et des justices idéologiques ! Le Canada est réputé pour être une terre d’asile pour ces CAFARDS PUANTS !
    Il devient de plus en plus évident qu’il manque une organisation clandestine capable d’aller neutraliser les cafards sur place, afin de bien faire comprendre qu’en refusant qu’une véritable justice s’exerce, ceux qui pensent protéger le terrorisme, condamnent en fait leurs auteurs à ce qui existait en France avant 1981.
    J’ai bien peur qu’il faille en arriver là pour bien faire passer le message !

  2. David 92 dit :

    Pour le petite Histoire.

    Oui, un jeune garçon du nom de Chaltiel fêtait bien sa Bar-Mitzvah lors de l’office religieux au cours duquel s’est produit l’attentat de la rue Copernic le 3 octobre 1980.
    Il s’agit de Lionel Chaltiel, l’un des trois jeunes garçons qui célébraient leur Bar-Mitzvah ce jour-là au sein de la synagogue de l’Union libérale israélite de France (aux côtés de deux autres adolescentes qui fêtaient leur Bat-Mitzvah).
    • Le déroulement : Ce soir-là, la synagogue accueillait plus de 320 fidèles. Comme le rapporte la presse historique de l’époque .

    Lionel Chaltiel aujourd’hui :

    Je suis né un mardi de novembre 1966, le 15 du mois, à Boston, dans le Massachusetts, de parents français : mon père, Victor, était originaire de Tunis, et ma mère, Lydie, de Casablanca (sa mère était française et son père corse). J’étais le troisième garçon, mais le premier né aux États-Unis. Mes deux frères aînés, Jean-Jacques et Éric, sont nés à Paris et ont tous deux eu une grande influence sur ma vie. Éric, lui-même artiste, m’emmenait à des vernissages à Paris au début et au milieu des années 80. C’est ainsi que j’ai découvert le monde de l’art.

    À vrai dire, on y allait surtout pour boire et manger. J’étais adolescent, et lui, de trois ans mon aîné, était écrivain et philosophe, un homme qui savait se faire remarquer. C’était une époque formidable. Les années 90 sont arrivées sans prévenir. Je me suis retrouvé de retour dans mon pays natal, les États-Unis, à parler anglais comme un étudiant en échange, alors que j’étais citoyen américain. J’ai enchaîné les voyages : de San Francisco à Los Angeles, en passant par New York et Las Vegas. J’ai finalement vécu à New York pendant environ cinq ans, où j’ai travaillé pour Devon Dikeou, une artiste conceptuelle aujourd’hui reconnue. Elle était déjà une artiste chevronnée lorsque j’ai commencé à travailler avec elle et elle est devenue une source inestimable de connaissances et d’expérience pour moi.

    Après cela, je suis parti pour Las Vegas en quête d’un nouveau chapitre de ma vie. À Las Vegas, j’ai mis à profit mes compétences d’ébéniste, en restaurant des œuvres d’art et des antiquités. Travailler avec des antiquités a approfondi ma compréhension du bois, car j’ai restauré des meubles anciens, des buffets et des armoires. Le savoir-faire minutieux que j’ai acquis alors s’est avéré inestimable pour mon avenir d’artiste. Cependant, Las Vegas a aussi apporté son lot de distractions : les fêtes et l’expérimentation de drogues et d’alcool qui ont rapidement dégénéré en dépendance. J’ai perdu mon entreprise et je me suis retrouvé une fois de plus à la recherche d’une direction. Ma petite amie de l’époque m’a proposé de partir en vacances au Mexique. Ce qui devait être une simple escapade est devenu mon foyer pour l’année suivante. Elle est finalement retournée à Portland pour le travail, mais je suis resté, enchaînant les petits boulots. Quelque chose de magique s’est produit là-bas : j’ai réussi à me désintoxiquer pour la première fois, et cette décision a été définitive. Ce fut un tournant dans ma vie.

    Après un an au Mexique, je suis retournée en Corse, où vit toujours ma mère, pour renouer avec ma famille et mes racines. À mon arrivée à Loriani, un petit village de sept habitants, j’ai vite compris qu’il était quasiment impossible de trouver du travail. Un mal pour un bien, car mon père a pris en charge mes dépenses pendant les deux années suivantes. Cela m’a permis de me consacrer pleinement à mon art, en particulier à la sculpture, et d’explorer le bois en profondeur. C’était la première fois que je créais uniquement pour moi-même. N’ayant pas les moyens d’acheter du bois, je suis allée en montagne ramasser du bois mort – châtaignier et pignon – en me concentrant non seulement sur la forme du bois, mais aussi sur son poids, car je devais le transporter moi-même. J’ai créé des sculptures en trois et deux dimensions, dont sept œuvres majeures : un cheval, des serpents, un Amérindien à crête iroquoise, le prédicateur en colère, une œuvre intitulée « Paix », « Le Cri », et d’autres encore – des œuvres qui ont marqué mes débuts artistiques. De Corse, je suis retournée aux États-Unis et me suis installée au Nouveau-Mexique. J’ai débuté à Taos, où j’ai passé quatre ans.

    Il m’a fallu deux ans pour rassembler mes outils et me remettre à sculpter. En 2010, je me suis installé à Albuquerque et me suis consacré principalement au travail du bois et à ma vie d’artiste. À quelques reprises, j’ai fait réaliser des moulages en bronze de mes œuvres ; ces reproductions ont un charme tout particulier.

    Son père Victor Chaltiel s’était présenté à la mairie de Las Vegas en 2011.

    Son frère Éric Chaltiel est décédé le 23 Juin 2008 d’un accident de voiture à Albuquerque au Nouveau Mexique .

  3. David 92 dit :

    Lionel (suite et fin)

    L’attentat a eu lieu un Vendredi soir veille de Shabbat.
    Lionel avec ses frères étaient invité chez une tante près de Versailles pour le couscous traditionnel tunisien.
    C’est à la TV que tout le monde a appris l’attentat meurtrier de la rue Copernic.
    Le lendemain j’y étais présent pour assister à la Bar Mitsva de Lionel en présence de François Mitterrand, Simone Weil et Attali entr’autres.
    Ce fut très émouvant…

  4. David 92 dit :

    La « Justice »….
    Les morts ne reviendront jamais et lui est toujours en vie …  » Il coule des jours heureux  » .. 46 ans après.
    La Justice est passée quelle qu’en soit la décision finale il est trop tard.

  5. David 92 dit :

     » Le drame aurait pu faire des centaines de victimes au sein de cette jeunesse si le rabbin Michael Williams n’avait pas pris un quart d’heure de retard sur l’horaire prévu pour la cérémonie. Ce léger décalage a maintenu la foule à l’intérieur de la synagogue au moment de la déflagration (à 18h35), amortie par la lourde verrière et les portes du bâtiment » .

  6. David 92 dit :

    Les noms des 5 Bnei Mitzvah:

    • Lionel Chaltiel
    • Franck Bajczman
    • Olivier Schwartz
    • Corienne Adler (souvent orthographiée Corinne)
    • Françoise Herzog .

  7. David 92 dit :

    Le 3 Avril 2023…

    Le procès de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, qui a fait quatre morts et des dizaines de blessés le 3 octobre 1980, s’est ouvert lundi matin à Paris, 42 ans après les faits et en l’absence de l’unique accusé.

    Pour les victimes de ce drame, l’ouverture du procès est un soulagement. « Le procès va avoir lieu maintenant et c’est bien. Il aurait dû avoir lieu il y a longtemps, mais cela va nous permettre de comprendre ce qui s’est passé et qui sont les responsables », témoigne Corinne Adler, une sage-femme de 56 ans.

    « J’avais treize ans et je célébrais ma bat-mitsvah à la synagogue Copernic. L’office devait avoir lieu de 18h à 19h, a été interrompu à 18h35 par… par cette bombe. ».

    Après l’explosion, elle raconte qu’elle et sa famille ont décidé de sortir de la synagogue. « Dans la rue, c’était une vision de guerre, d’apocalypse avec des voitures en feu et des corps par terre. »

    Elle se souvient également de l’absence de cellules d’accompagnements des victimes comme il peut en y avoir aujourd’hui en cas d’attentat terroriste. « Dans les années 80, cela n’existait pas, on était sous le choc mais nous n’en parlions pas et la vie reprenait même si on avait des séquelles ». Avant l’ouverture du procès ce matin, elle raconte que cet évènement est un « traumatisme » pour elle.

    « La bat-mitzvah est un évènement important car il marque l’entrée dans la vie d’adulte et que l’on prépare durant deux ans Pour toutes les familles présentes et pour nous ce n’était pas un moment très joyeux alors que ça aurait dû l’être. »

    Hassan Diab, un Libano-Canadien de 69 ans qui a toujours clamé son innocence, ne s’est pas présenté à l’ouverture des débats, comme il l’avait déjà fait savoir à la cour lors d’un interrogatoire préalable. Cet universitaire était reparti libre au Canada en janvier 2018 après avoir bénéficié dans un premier temps d’un non-lieu dans ce dossier, l’un des plus longs de l’antiterrorisme français.

    La cour d’assises spéciale de Paris a par conséquent ordonné que l’accusé, « absent sans excuse valable », soit jugé par défaut, comme s’y attendaient les parties civiles, rares sur les bancs de la salle d’audience lundi.

    La cour aurait pu théoriquement décider de délivrer un nouveau mandat d’arrêt à son encontre, mais elle aurait dû de facto renvoyer l’audience.

    Un avocat général dénonce la « lâcheté » de l’accusé
    « Ce procès doit intervenir », a estimé l’un des avocats généraux, Benjamin Chambre, tout en s’élevant contre « la lâcheté » de l’accusé, son « manque de confiance » et sa « grande infamie faite » à la cour d’assises. Pour les parties civiles, après quatre décennies d’attente et de revirements judiciaires, « c’est la fin d’un très long calvaire », avait affirmé avant l’ouverture de l’audience l’avocat de certaines d’entre elles, Me Bernard Cahen.

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