Aquarelles d’Adolf Hitler vendues en Angleterre : A-t-on le droit d’acheter des objets liés au nazisme en France ?

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ÉTRANGE COLLECTION•Au Royaume-Uni, deux aquarelles attribuées à Adolf Hitler ont été vendues aux enchères. Mais a-t-on le droit en France de posséder de tels objets, liés à un criminel de guerre ?

Cest un lot qui a attiré l’attention au Royaume-Uni. Selon un article du Parisien, deux aquarelles attribuées à Adolf Hitler ont été vendues aux enchères dans le nord de l’Angleterre pour près de 6.000 euros. Les deux tableaux étaient datés de 1909 et de 1910, période où il est recalé deux fois au concours d’entrée de l’Académie des beaux-arts de Vienne, en Autriche. Selon les estimations, le dirigeant nazi, pas vraiment réputé pour avoir un bon coup de pinceau, aurait peint 2.000 œuvres entre 1905 et 1920. Si une grande partie de sa production a disparu, on retrouve régulièrement des traces de vente aux enchères de ses peintures ces dernières années.

En 2009, deux aquarelles du Führer ont été vendues en Bavière pour 32.000 euros. En 2015, une peinture représentant le château de Neuschwanstein avait séduit un acheteur chinois pour plus de 100.000 euros. Plus largement, les objets historiques issus du régime nazi attirent de nombreux clients lors de ventes aux enchères polémiques. Dans plusieurs villes françaises, en 2025, des ventes de souvenirs militaires, parmi lesquels des reliques du IIIe Reich ont fait l’objet de demandes d’annulation. Mais que dit la loi en France ?
« Il faut distinguer deux choses : la vente d’objets nazis ou la vente d’objets ayant appartenu à des nazis », précise Jean-Baptiste Thierry, professeur de droit privé et sciences criminelles. La vente et la possession de ce type d’objet ne sont pas interdites en France, rappelle le site des Surligneurs.
Néanmoins, la loi encadre strictement l’usage avec l’article R645-1 du Code pénal et l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. « Sur le premier point, l’exhibition est interdite pénalement et ce qui serait assimilable à une apologie de crime contre l’humanité ou à du négationnisme serait également punissable », résume le professeur de droit.
Le Code pénal prévoit néanmoins des exceptions à l’interdiction de « porter ou d’exhiber en public un uniforme, un insigne ou un emblème rappelant » le nazisme pour les films, les expositions ou les productions culturelles.


Pour la seconde catégorie, la vente d’objets ayant appartenu à des nazis, comme les aquarelles peintes par Hitler, « rien n’interdit la vente en tant que telle, ça n’est qu’un aspect moral », précise le professeur Jean-Baptiste Thierry. Sous réserve que cette vente ne s’accompagne évidemment pas d’apologies de crimes contre l’humanité.
« A part l’interdiction préfectorale de la vente publique, en raison d’un trouble à l’ordre public, la vente en elle-même est licite, poursuit l’expert. Vous pouvez déjà acheter Mein Kampf ».
Plusieurs propositions de lois ont été déposées par des élus pour limiter spécifiquement la vente d’objets liés au nazisme à l’image des sénateurs communistes Cécile Cukierman et Ian Brossat en 2025, reprenant un texte de 2014, déposé par le sénateur LR Jacques Legendre. Elle propose de punir de « six mois d’emprisonnement et de 10.000 euros d’amende le fait de proposer à la vente un uniforme, un insigne ou un emblème lié au nazisme ».
Source
https://www.20minutes.fr/

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