Attentats du 13 novembre : les confessions du premier policier à être entré dans le Bataclan

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Devant la commission parlementaire, le commissaire de police a confié qu’il ne pensait pas «ressortir vivant de cet enfer». Arrivé sur place avant tout le monde, il a notamment tué le djihadiste Samy Amimour.
«Pour nous, tout le monde était mort». Devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, le commissaire de police intervenu le premier dans la salle de concerts parisienne du Bataclan le 13 novembre raconte comment il a abattu l’un des djihadistes. Un récit glaçant, effectué à huis clos et sous couvert d’anonymat, dont la retranscription a été rendue publique ce mardi.
L’homme partage notamment l’effroi qui l’a saisi, lors des premiers instants de l’opération, encore à l’extérieur de la salle, en voyant «les personnes décédées, au sol, devant nous». «Je me rappelle en avoir vu deux: un homme devant le Bataclan Café et une femme devant l’entrée. Nous (avec son chauffeur également policier, NDLR) avons été marqués parce qu’une personne filmait avec un téléphone portable. Nous lui avons dit de dégager. Nous entendions des tirs». Le commissaire de police a alors regardé son équipier, en lui disant: «Il faut qu’on y aille». Les deux hommes se sont alors compris en un regard, selon ses dires. «Cela m’a suffi pour comprendre que nous étions sur la même longueur d’onde et que dès lors, nous ne faisions plus qu’un».

Un face-à-face avec Samy Amimour
Aux alentours de 21h54, les deux équipiers pénètrent dans le Bataclan, sans attendre les renforts, et sans savoir ce qui les attend à l’intérieur. «Dès que nous avons commencé à progresser, les portes battantes en bois du Bataclan se sont ouvertes vers nous, et entre quinze et trente personnes ont fui en courant dans notre direction et en hurlant», affirme-t-il devant la commission parlementaire. «À partir du moment où nous avons commencé à progresser dans le couloir, les tirs ont cessé, et quand nous sommes rentrés, il n’y en avait plus aucun, c’était le silence». «Là, la vision était indescriptible – vous pouvez l’imaginer. Des centaines de corps – pour nous, tout le monde était mort – étaient enchevêtrées les uns sur les autres: devant le bar, dans la fosse, parfois même entassés sur plus d’un mètre de hauteur», souligne-t-il. L’homme décrit ensuite un «silence glacial» dans cette salle de concerts encore festive quelques minutes plus tôt.
Le commissaire décrit alors le face-à-face effroyable qui l’a finalement amené à tuer l’un des djihadistes qui se trouvait à environ 25 mètres de distance. «L’un des terroristes, que nous avons identifié ultérieurement comme Samy Amimour […] est apparu sur la scène. Il était face à nous et tenait à la main son fusil d’assaut en menaçant un jeune homme à quelques mètres de lui. J’ai tiré quatre fois, et mon équipier deux fois. L’individu a poussé un râle, s’est affaissé et est tombé au sol».
«Nous n’étions que tous les deux, nous n’avions pas d’armes longues, nous ne savions pas où étaient les terroristes»
Commissaire de police présent au Bataclan
Quelques secondes plus tard, le policier décrit une explosion «très en hauteur». Il s’agissait en réalité de la ceinture explosive de Samy Amimour qui s’était déclenchée. Ensuite, des échanges de tirs ont eu lieu dans la salle, avant une nouvelle accalmie. Les deux hommes se sont protégés. «Nous étions certains de ne pas ressortir vivants de cet enfer-là», assure-t-il. «Nous n’étions que tous les deux, nous n’avions pas d’armes longues, nous ne savions pas où étaient les terroristes. J’ai donc décidé de ressortir pour voir si des renforts étaient arrivés».
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«Les vivants faisaient semblant d’être morts»
Une fois les deux policiers sortis de la salle, les coups de feu ont repris «au coup par coup» à l’intérieur. «Nous comprenons donc qu’ils sont en train d’exécuter des gens. Humainement (…), on ne pouvait pas rester à l’extérieur. Nous sommes donc tous retournés à l’intérieur [il y a désormais une dizaine de policiers, NDLR]. Il y a encore eu des tirs dans notre direction, sans que l’on puisse réellement savoir d’où ils provenaient. J’ai riposté deux fois». Face à eux, les gens ne bougeaient toujours pas. «On sentait bien que même les vivants faisaient semblant d’être morts», insiste le policier.
Au bout d’un moment, lorsque les tirs ont cessé, l’homme explique qu’il décide «d’aller chercher les victimes qui étaient dans la fosse à quelques mètres de nous». Là, ils ont commencé à bouger et à se manifester. «Nous avons commencé à mettre en place une noria d’évacuation, avec toutes les difficultés présentes: le sol était extrêmement glissant car il y avait du sang et des douilles partout. Nous étions obligés d’enjamber ou de déplacer des personnes décédées. Il y avait également des personnes dont nous savions très bien qu’elles étaient blessées sérieusement, mais qu’il fallait que l’on extraie quand même, sans pouvoir utiliser les gestes de secours habituels pour le transport des victimes», conclut le commissaire de police.
Source :
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/07/12/01016-20160712ARTFIG00292-attentats-du-13-novembre-les-confessions-du-premier-policier-a-etre-entre-dans-le-bataclan.php

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4 Commentaires

  1. roni dit :

    il a fait son travail de policier.
    sur le feu de l action il y a juste la concentration c est apres quand la pression est retombe qu on realise et la c est le plus dur les si apparaissent mais il ne faut avoir aucun regret.
    pour les armes une arme de poing est parfois mieux que une arme longue la plupart des terroriste ont une juste une pratique de tir d initiation.

  2. LOISONS dit :

    J’imagine après coup, le traumatisme qu’a pu ressentir le collègue, c’est horrible.

  3. Mordechai dit :

    Chapeau bas à nos policiers et plus généralement à tous ceux qui protègent nos synagogues et nos écoles.

  4. roni dit :

    la vue des corps des blesses c est nouveau en europe c est que le debut pour evacuer ce stress il faut faire du sport, randonnee, avoir un lobby ou sortir avec sa famille cest pour faire le vide mais le caractere change sans le vouloir on devient plus speed ou agressif…
    les images reviennent longtemps apres quand on entends un fait similaire n importe ou dans le monde.

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