Au tribunal administratif de Montreuil, la mosquée islamiste d’Aulnay joue sa survie
La préfecture de Seine-Saint-Denis reproche aux imams et aux intervenants ponctuels de diffuser «une idéologie islamiste radicale qui reprend la rhétorique d’organisations terroristes» le 28 juillet 2026.
La mosquée Attaqwa, fermée depuis vendredi sur décision du préfet de Seine-Saint-Denis qui l’accuse d’islamisme radical, a plaidé sa cause mardi devant le tribunal administratif de Montreuil. Le juge rendra sa décision d’ici vendredi.
Les bancs sont presque tous occupés lorsque l’audience débute, ce mardi matin, au tribunal administratif de Montreuil. Plusieurs fidèles et riverains ont fait le déplacement pour soutenir la mosquée Attaqwa, dite de « Chanteloup », d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Objectif pour celle-ci : obtenir la suspension de l’arrêté préfectoral du 27 juillet qui a ordonné la fermeture du lieu de culte pour six mois.
L’association culturelle d’Aulnay-Sud (ACAS), en charge de la mosquée de Chanteloup, engage une procédure judiciaire pour obtenir l’annulation de la décision préfectorale frappant son établissement. Le préfet de Seine-Saint-Denis a ordonné la fermeture du lieu de culte pour une durée de six mois, invoquant des motifs liés à l’apologie du terrorisme et à l’incitation à la violence.
La préfecture appuie sa décision sur le contenu de certains prêches, diffusés en ligne ou prononcés sur place, dénonçant une rhétorique radicale. Les autorités pointent également du doigt des propos tenus par un intervenant extérieur, qui aurait prôné des violences physiques à l’encontre d’enfants refusant d’accomplir leurs prières.
De leur côté, les responsables de la mosquée réfutent ces accusations, qualifiant les éléments retenus par l’administration d’imprécis et décontextualisés. Par l’intermédiaire de leur conseil, ils soulignent avoir déjà pris des mesures internes, notamment en écartant les deux imams visés par la majorité des critiques.
Le tribunal administratif devra désormais trancher sur la validité de cet arrêté. Les représentants de l’association estiment que cette fermeture porte une atteinte disproportionnée à la liberté de culte.

