Des croix gammées découvertes dans un parc de Besançon, la mairie porte plainte

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Besançon se réveille avec une nouvelle profanation antisémite sur les bras. Vendredi 25 septembre 2026, au petit matin, des croix gammées ont été découvertes dans le parc Marulaz, en plein cœur du quartier Battant. Peintes à la peinture jaune et bleu, les inscriptions nazies s’étalent sur un muret en pierre sèche et sur un banc public du parc. Un peu plus loin, une camionnette appartenant à un facteur de piano du quartier a elle aussi été prise pour cible : ses pneus ont été crevés dans la même nuit.
C’est un riverain du quartier Battant qui a donné l’alerte au petit matin, en tombant sur ces symboles de haine tracés sur le mobilier urbain du parc Marulaz. Il a tenté de prévenir les services municipaux avant 8 heures, mais la mairie n’était pas encore ouverte à cette heure matinale. La ville a fini par confirmer la présence de deux croix gammées dans le parc et a aussitôt mobilisé ses équipes de nettoyage pour effacer les traces de cette profanation, avant même que les premières explications ne soient données sur les circonstances exactes des faits.

Le maire de Besançon, Ludovic Fagaut (Les Républicains), n’a pas attendu pour réagir. Dans une publication Facebook partagée dès le jour de la découverte, l’édile dénonce des « symboles de haine, de racisme et d’antisémitisme » qui, selon lui, « n’ont pas leur place dans l’espace public ni dans notre ville ». Une plainte sera déposée, précise-t-il, « afin que les auteurs puissent être identifiés et répondre de leurs actes devant la justice ». Le maire va plus loin dans son communiqué : « Ces actes sont inacceptables et doivent être pleinement sanctionnés. » Il appelle les habitants de Besançon « à la plus grande vigilance » et dit vouloir réaffirmer « notre attachement au respect, à la dignité et au vivre-ensemble ».

Interrogé par ailleurs sur cette affaire, Ludovic Fagaut a insisté sur le fait qu’un tel symbole « n’a pas sa place dans l’espace public », regrettant qu’il existe encore aujourd’hui des personnes qui pensent ce type de chose. Une réalité qui, selon lui, doit inquiéter face à la répétition de ces messages discriminatoires à Besançon.
Sur le plan judiciaire, l’enquête a rapidement avancé. Grâce aux caméras de vidéoprotection installées dans le secteur, un individu a été interpellé dans la nuit qui a suivi la découverte des inscriptions, puis présenté au commissariat aux alentours de 0h30. Son interpellation est directement liée aux dégradations commises dans le parc Marulaz. Reste à établir, dans le cadre de l’enquête qui se poursuit, s’il est bien l’auteur des croix gammées elles-mêmes ou seulement des autres dégâts constatés sur place.
Car cette découverte ne sort pas de nulle part. Le quartier Battant est le théâtre, depuis le début de la semaine, d’inscriptions du même genre repérées à plusieurs endroits, sans qu’un lien formel ait pour l’instant été établi entre tous ces faits. Le 14 septembre déjà, des croix gammées avaient été retrouvées dans un immeuble résidentiel de la rue de la Madeleine, toujours dans le quartier Battant. Une répétition qui inquiète autant les riverains que les autorités municipales de Besançon, confrontées en quelques semaines à une accumulation de gestes et d’inscriptions à caractère antisémite dans ce même secteur de la ville.
Cette flambée de symboles nazis intervient un peu plus d’un mois après un autre fait marquant survenu dans la ville : l’interpellation, le 16 août, d’un homme ayant effectué un salut nazi au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. Un geste qui, loin d’être isolé, s’inscrit dans une tendance plus large. Selon les informations transmises par la direction de l’établissement à France 3 Bourgogne-Franche-Comté, treize saluts nazis ont été recensés devant le musée depuis le début de l’année 2026.
Entre les tags découverts au fil des semaines, les saluts filmés devant un lieu de mémoire et les dégradations de mobilier urbain ou de véhicules, Besançon voit ressurgir, mois après mois, les mêmes symboles d’une haine que la municipalité affirme vouloir combattre sans relâche. La mairie l’assure : chaque acte de cette nature fera l’objet d’une plainte systématique. De leur côté, les enquêteurs continuent d’exploiter les images de vidéosurveillance du quartier Battant pour tenter de remonter jusqu’aux auteurs de ces dégradations antisémites, alors que la liste des incidents recensés à Besançon ces dernières semaines ne cesse de s’allonger.
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