
«Gauche Gaza» : la formule de l’eurodéputé PS François Kalfon suscite l’ire de LFI
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En qualifiant une partie de la gauche de « gauche Gaza », François Kalfon a déclenché un tollé dans les rangs insoumis, éloignant davantage la perspective d’une alliance entre le PS et LFI en cas de dissolution.
Le NFP semble bel et bien enterré. Après que Boris Vallaud a rappelé cette semaine dans Libération qu’un accord programmatique entre le PS et LFI tel que celui négocié en 2024 ne paraissait pas concevable en cas d’élections législatives, une nouvelle passe d’armes entre socialistes et insoumis enfonce le clou… L’eurodéputé du parti à la rose François Kalfon a suscité de vives réactions en qualifiant une partie de la gauche de « gauche Gaza » lors d’une intervention sur LCI plus tôt cette semaine.
Interrogé sur l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale, l’élu a estimé qu’« à force de jouer la crise, on finit par arriver à la crise ». Ce dernier s’est inquiété que la France connaisse le même sort que les États-Unis, soit « un pôle d’extrême droite et un pôle d’une gauche totalement radicalisée », qu’il a appelé « la gauche Gaza ». L’extrait, relayé massivement sur X, a entraîné une vague d’indignation. « Le vrai visage du PS », a écrit un militant LFI. Un autre a dénoncé « l’ancrage d’un racisme hérité de son histoire coloniale ».
Face aux critiques, François Kalfon a tenté de clarifier cette « expression mal perçue », comprenant l’« émotion légitime » suscitée par sa déclaration. « Pour être clair je suis totalement engagé pour l’arrêt des massacres à Gaza et la libération des otages comme toute la gauche », a-t-il rappelé. Trop tard pour Aymeric Caron… « Vous avez distingué le PS, auquel vous appartenez, d’une gauche “totalement radicalisée” que vous avez comparée au RN. […] Vous avez donc vous-même démontré que non, vous n’en avez rien à cirer du génocide en cours à Gaza, raison pour laquelle on ne vous a jamais entendu à ce sujet pendant un an et demi », lui a-t-il répondu.
Depuis la résurgence du conflit entre Israël et le Hamas après l’attaque sans précédent du mouvement terroriste palestinien contre l’État hébreu, LFI a fait du soutien à Gaza un élément central de sa communication. Quitte à fermer les yeux, voire à être complaisante vis-à-vis de l’antisémitisme en France selon certains…
En 2023, leurs positions ambiguës avaient déjà failli sceller le sort de leur alliance avec le PS. Quelques jours après l’attaque du 7-Octobre, Olivier Faure avait qualifié d’« inacceptable » le fait que « la direction de La France insoumise n’arrive pas à dire que le Hamas est une organisation terroriste », blâmant à l’époque « la méthode Mélenchon ». Plus de deux ans après, le sujet cristallise toujours les tensions.
Source Le JDD