Haute-Loire : elle recherche une famille juive propriétaire d’un piano offert à ses arrière-grands-parents en 1944

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Une habitante de Haute-Loire a lancé un appel sur les réseaux sociaux pour reconstituer un pan de son histoire familiale. Elle recherche les propriétaires d’un piano offert à ses arrière-grands-parents par une famille juive, qu’ils avaient hébergée et cachée lors de la Seconde Guerre Mondiale.
En Haute-Loire, Mylène Bernhardt a lancé une « bouteille à la mer » le 18 août dernier, alors quelle vidait la maison familiale. Parmi, les meubles, un piano centenaire dont elle sait seulement qu’il a été offert à ses arrière-grands-parents par une famille juive. Pour le restituer à cette famille, elle se renseigne alors sur l’histoire de ce piano : « Pendant la Seconde Guerre Mondiale, mes arrière-grands-parents du côté de mon père ont caché une famille juive. On ne sait pas précisément pendant combien de temps mais ils les ont cachés entre 1942 et 1944. La famille s’appellerait Pinguet, mais plus on avance, plus on pense que c’était un nom d’emprunt. C’est un nom qui n’a pas du tout de consonance israélite », raconte Mylène Bernhardt.
Grace à son père et sa grand-mère, elle apprend que la famille, craignant les rafles, quitta Paris pour rejoindre la Haute-Loire. Elle aurait alors loué un emplacement dans le wagon pour y mettre son piano. Mylène raconte que ses arrière-grands-parents, Marie et René Bonnet, qui vivaient à proximité du chemin de fer, ont emmené la famille se réfugier dans leur maison à Brives-Charensac. « La famille était cachée dans la cave, tandis que de l’autre côté, à 500m de chez eux, des nazis auraient visiblement installé leur bivouac à ce moment-là. Et puis vers 1944, les Pinguet durent continuer leur fuite à travers les routes françaises. En guise de remerciement celle-ci a offert le piano à mes arrière-grands-parents. Cet instrument centenaire est témoin de l’histoire. Il a vécu notamment la crue du 21 septembre 1980 à Brives-Charensac. Il fut sauvé in-extremis. Il est dans notre famille depuis bientôt 80 ans. Actuellement en train de vider ma maison de Haute-Loire, je souhaite avant de le confier à quiconque voudrait lui donner une seconde vie, retrouver la famille à qui il appartenait. Peut-être souhaiteraient-ils le récupérer ? » écrit Mylène sur son compte Facebook.

En 1944, les Pinguet reprennent la route : « Ma grand-mère, qui est toujours en vie, avait environ 8 ans à l’époque. C’est elle qui a pu me donner le nom. On sait que cette famille a transité vers Le Chambon-sur-Lignon, puis, plus de nouvelles jusqu’à une lettre envoyée à mes arrière-grands-parents après la guerre pour leur dire qu’ils étaient libres et vivants », affirme Mylène Bernhardt. Elle recherche cette lettre, qui pourrait comporter des indices sur le parcours de la famille. Pour faire avancer ses recherches, elle a donc lancé un appel sur les réseaux sociaux, qui a été partagé plus de 37 000 fois en 12 jours.
« J’étais loin de m’imaginer que ça allait prendre une telle ampleur »
Mylène ne s’attendait pas à un tel engouement : « Quand j’ai posté la bouteille à la mer, je m’attendais à avoir 14 partages et 2 likes, je ne m’attendais pas à ça. J’étais loin de m’imaginer que ça allait prendre une telle ampleur. Mon appel a été partagé dans des groupes israéliens, américains, australiens… La bouteille voyage dans plusieurs pays du monde. Plus ça circule, plus on a de chances de retrouver cette famille ». Elle découvre au compte-goutte son histoire familiale : « Je ne connaissais pas cette histoire. Depuis que je suis enfant j’ai toujours entendu dire que ce piano appartenait à une famille juive mais je n’ai jamais creusé, le piano faisait vraiment partie des meubles. Je me suis dit que c’était le moment de vraiment m’intéresser à son histoire et à l’histoire de ma famille. C’est le bon prétexte pour retrouver cette famille-là », précise Mylène Bernhardt. L’objectif pour elle est de renouer le lien entre les deux familles, « s’il y a des descendants et s’ils en ont envie aussi, bien-sûr ».
Son enquête avance, doucement mais sûrement : « Il y a beaucoup d’associations qui sont sur l’affaire comme l’institut Yad Vashem, le mémorial de la Shoah… Il y a Musique et Spoliations qui sont sur l’identification du piano pour pouvoir accéder aux documents en lien avec la maison Rinaldi, le facteur du piano », se réjouit Mylène Bernhardt. « Plus les années passent, plus je me passionne pour l’histoire. J’ai envie d’approfondir mes connaissances. Je pars dans une quête historique mais aussi familiale puisque j’en apprends sur mes racines, sur ma famille. C’est aussi pour le contact humain, j’ai envie de savoir ce qu’est devenue cette famille, j’ai envie de les connaître », ajoute-t-elle. Ce piano, personne n’en joue : il n’a jamais été accordé et il a été victime de la crue en 1980 : « Il n’est pas mort, c’est même étonnant. Les notes sonnent mais c’est complètement faux ! » plaisante Mylène Bernhardt. Pour l’heure, ses recherches s’orientent sur Paris, Israël et les Etats-Unis.
SOURCE
https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/haute-loire/haute-loire-elle-recherche-une-famille-juive-proprietaire-d-un-piano-offert-a-ses-arriere-grands-parents-en-1944-2230069.html?fbclid=IwAR2U1sHJuvbBjIFukltTYI43ow4Cch75eQcX8nmO9zzazy3Rre3pAD0ZGE8

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2 Commentaires

  1. pepito dit :

    magnifique histoire et cette femme est extraordinairement bonne En espérant que.elle pourra retrouver les descendants de ces juifs sauvés par ses ailleux

  2. Lior dit :

    Merci à Mylène Bernhardt et à ses ascendants..

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